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PSREUBEN répond à la question : pourquoi l’IEF va dans le mur ? Un point de vue pessimiste qui va à l’encontre de la béatitude des associations et de la politique de la tête dans le sable…
Cette photo a été prise devant l’Inspection académique de Bordeaux. Ce sont des parents en IEF qui attendent pendant que leurs enfants sont contrôlés par des inspecteurs (en application de la loi sur le renforcement du contrôle de l’instruction). Nous les avons observés: ils ont un peu échangé, mais très vite la conversation s’est bloquée et depuis ils s’ignorent , car chacun pense que l’autre va lui créer des problèmes.
Le monsieur pense que son gamin va bien s’en sortir, il a un bon niveau pour son âge, mais il trouve qu’on traite les parents comme des délinquants, comme si enseigner en famille ne présentait pas plus de garanties de réussite que d’aller dans une école où la cadence et les méthodes ne sont pas adaptées: l’accueil était froid, le contact minimal, on lui a demandé de sortir pendant les épreuves et il a senti qu’il y avait un peu de hauteur, disons que les inspecteurs le traitent avec suspicion: des questions, encore des questions, il se sentait un peu devant un contrôle de police, comme s’il avait le profil des parents maltraitants . Il regrette que le contrôle ne se soit pas fait chez lui, il se sentait plus à l’aise. Il pense que c’est à cause des “gens-foutre” qui sont contrôlés le même jour et il a compris que la dame sur l’autre banc en fait partie: c’est une “nonsco”, car elle a tenté de lui vanter sa méthode qui interdit tout apprentissage aux enfants. Que des jeux ! Les enfants ne font que ce qu’ils ont envie de faire, surtout quand ils sont petits. “C’est de l’inconscience” pense-t-il. Son fils, lui, est instruit conformément à la loi, car pour lui l’instruction est indispensable à la formation de l’individu. En famille, l’enfant bénéficie d’un cadre éducatif sécurisant et travaille avec des méthodes qui sont attrayantes: sa femme et lui se partagent les activités. La débâcle de l’école les rend méfiants vis à vis de l’EN et à proximité, ils n’ont pas trouvé d’établissement privé qui leur convienne. Ils pensent que les évaluations des enfants en IEF faites par les inspecteurs, c’est une formalité qui peut leur être utile, car ça permet de faire le point et de rassurer l’administration scolaire . Et après ça, on a la paix pendant un an! Bon, ça vaut un petit sacrifice.
La dame, elle, est tendue. Elle se dit que sa petite Clémentine va être mise en parallèle avec l’enfant de ce monsieur, des gens qui donnent des cours à leur fils , 3h par jour, à deux! C’est “du lourd” se dit-elle (car elle parle” le langage unscoolingue) ! Si c’est pas malheureux de maltraiter un enfant de cet âge en le forçant à apprendre des choses dont il n’a pas besoin (ni envie) ! ! Tout ça la dégoûte, car elle pense que le garçon n’est pas épanoui. Mais elle s’inquiète car elle va devoir subir des pressions de la part des inspecteurs, car après le contrôle de cet enfant, sa fille sera dans l’embarras: elle n’a pas de cahier, pas d’écrit, juste des dessins, ça manque un peu de preuve. D’ailleurs elle n’écrit pas encore, elle reconnaît les lettres et sait lire quelques syllabes, et son nom (elle a 6 ans) . Mais Clementine est très à l’aise en maths: elle fait des jeux avec des réglettes et elle a appris l’addition toute seule et sans effort. Lors du précédent contrôle, c’était tendu: les inspecteurs avaient des préjugés contre les parents qui suivent la méthode de John HOLT. Clémentine n’aime pas la lecture; mais ça viendra le moment venu, leur dit sa mère, qui tient tête aux inspecteurs. La dame les juge bornés: elle en a marre d’essayer de leur expliquer que l’enfant doit être respecté , mais ils n’ont même pas lu John HOLT, ni Alan THOMAS. En plus elle refuse que l’enfant soit évaluée, alors que l’autre parent, sur le banc, a accepté ! C’est navrant de voir des parents qui laissent l’EN faire passer des tests à leur enfant, se dit-elle! Tout ça c’est la faute de ces gens qui stressent leurs gosses avec des apprentissages prématurés, alors que si on attend que l’enfant soit mûr, ça va tout seul.
Conclusion : ne prenons pas parti, car ils ont chacun leur route et leurs raisons… Alors l’IEF, Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ces parents ont en commun : le fait de subir les enquêtes , certes, mais leur comportement face à ces ces enquêtes n’est pas le même. Elle lui n’y voit qu’une forme d’agression, la volonté de l’EN d’appliquer les normes scolaires à l’IEF, alors que lui n’y voit qu’une occasion de vérifier si son enseignement est efficace.
Elle est ulcérée parce qu’on lui impose des normes qu’elle refuse : elle se sent victime. Lui est mortifié par la suspicion que l’EN lui témoigne et qu’il attribue au fait que d’autres familles ne remplissent pas leur obligation d’instruire leur enfant. En réalité, il est victime, non pas parce que certains ne remplissent pas leur obligation , mais parce que l’Etat ET l’EN ont décidé qu’instruire en famille est un indice de maltraitance parentale ou d’appartenance sectaire: c’est la logique de la présomption de culpabilité et de discrimination adoptée par un Etat républicain: le droit à l’IEF est un droit qui n’a plus cours, c’est un droit révolu de fait. Respecter la loi et instruire ses enfants en famille est une forme de délit devant l’Etat.
Cette dame n’est pas victime, car elle a choisi d’être dans la catégorie des insoumis, cependant elle aussi se leurre sur la possibilité d’être reconnue dans son droit et dans sa pratique: , elle veut faire croire qu’elle respecte la loi alors qu’à l’évidence elle ne le fait pas: elle est donc doublement délinquante (n’ayons pas peur des mots) aux yeux de l’EN. Le problème c’est que les parents en IEF, quels qu’ils soient, quelles que soient leurs pratiques, sont des parents qui refusent la scolarisation et ce faisant, ils sont dans le colimateur de l’Etat.
Collaborer ou s’opposer, ne change rien: l’EN traite tous les parents qui ne soumettent pas à l’obligation scolaire comme des renégats, des parents qui nuisent à leur enfant, car la loi depuis 1998 n’impose plus l’instruction, elle impose la scolarisation. Il ne reste plus à ces parents qu’à entrer en résistance, car la dictature étatique et scolaire n’est réceptive à aucun argument, à aucun résultat . D’ailleurs prouver aux inspecteurs que l’enfant réussit les apprentissages en famille ne réhabilite pas les parents, c’est ne pas comprendre l’enjeu de l’école. La scolarisation n’a pas pour but prioritaire de faire réussir l’enfant dans les apprentissages , elle a pour but de l’éduquer et de le séparer des parents: c’est ce qu’on appelle “l’autonomie”.
Conclusion: les parents en IEF sont comme les juifs, les homosexuels ou les communistes pendant la guerre, ils sont considérés comme des parias et la République française, Etat de droit (en théorie), méprise leur droit. C’est le retour de l’Etat de non droit. Ils font partie des cibles permanentes de l’Etat républicain: terrorisme, sectarisme, autonomisme et délinquance.
Pourtant cette similitude de rejet et de discrimination n’est pas de nature à rapprocher ces parents, car lui se sent subjectivement intégré à l’ordre social dominant, tandis qu’elle se sent en dehors de l’ordre social dominant, qu’elle conteste pour des raisons qui, à travers l’enfant, mettent en cause toute la société libérale. Leur seule solution à tous les deux, c’est le mépris, c’est la résistance.
Malgré cette simulitude de statut (paria) , leur rapport à l’EN n’est pas comparable, car leurs buts sont totalement divergents: c’est cette subjectivité qui les oppose et qui ne peut pas être évacuée. L’un veut rester “dans le système” tout en échappant à ce qu’il a de répugnant (l’appropriation de l’enfant par l’Etat), l’autre veut y échapper en se donnant des alibis (le respect de l’enfant) et : en réalité elle ne veut pas donner son enfant à l’Etat pour qu’il le formate, au contraire elle se sert de l’enfant comme un instrument de combat contre l’Etat, c’est à travers l’enfant qu’elle combat l’Etat et l’Etat lui fera payer cette attitude.
D’ailleurs, ce monsieur ne fréquente pas les associations IEF, pour quoi y faire? Il fait son travail de parent et instruit son enfant: il respecte la loi, il n’a pas besoin d’être soutenu par un syndicat de parents; il est en accord avec le système, mais il ne voit pas qu’en refusant la scolarisation, il se place dans le camp des renégats (auxquels il pense ne pas appartenir) .
Par contre, cette dame a besoin d’adhérer à un groupe: elle “claviotte” toute la semaine avec des parents nonsco sur une liste, pour échanger des expériences, des recettes… Elle participe à des rencontres nonsco pour que sa fille s’éclate avec des enfants qui sont déscolarisés. Cette mère a besoin de communiquer avec des gens qui ont la même vision qu’elle, car être nonsco, c’est presque une religion: elle vit pleinement son engagement, en relation avec des parents qui partagent les mêmes convictions, écolos, végétariens et alternatifs: ensemble ils font front et ils se soutiennent face à l’EN! !
Les associations de parents d’élèves ont sans doute des différences, mais elles ont quand même des intérêts communs. Par contre des associations de parents dits “IEF”, c’est vraiment “tout et n’importe quoi”. Alors, que représente ces associations, à quoi servent-elles ? Ce sont des lieux de rencontre entre parents et enfants, mais pour quoi faire? Pour renforcer les convictions, faire du prosélytisme, couler des heures heureuses sur planète IEF ? officiellement, c’est pour permettre aux enfants de se rencontrer : curieux argument. Pour répondre à cette question, il faut remonter à l’origine : par exemple ”Les enfants d’abord”, c’est un ouvrage de Christiane Rochefort, ouvrage de libération de l’enfance, mais qui présente un caractère très engagé (c’est à lire). Tous les parents en IEF ne partagent pas ses positions, alors s’affilier à une association qui se dit IEF et qui met ce livre sur sa façade, c’est adhérer à cette vision sans le savoir, c’est se faire manipuler. Il faut que les parents sachent à quel projet ils s’affilient.
1/ Vivre ensemble en IEF, c’est une utopie, car chacun a son but et ses illusions. Alors séparons-nous et sans rancune. L’IEF ne peut pas exister sur la base de telles contradictions. Plus de faux langage commun !
2/ L’IEF n’a pas de légitimité, elle n’a pas de droits, elle est sous haute surveillance. C’est un parcours solitaire contre le système. Bonne chance.
3/ Tant que des associations “miroirs aux alouettes ” vous berlurent en vous assurant que vous disposez de la liberté d’instruire en famille , vous faites partie des naïfs qui gobent leurs beaux discours. On vous appâte avec des rencontres idylliques… appelons ça “l’opium du peuple” . Ces rencontres sont destinées à vous intégrer dans le troupeau et à vous donner le sentiment que vous n’êtes pas seuls, que l’IEF, c’est un droit.
BREF, entre les normes scolaires et les pédagogies du vide, entre ceux qui rêvent de pratiquer l’IEF dans l’harmonie avec l’EN et ceux qui nous berlurent sur leurs méthodes miraculeuses, l’IEF est dans la merde.
Bon d’accord finissons en une fois pour toute avec la théorie selon laquelle laisser l’enfant choisir sa culture, ses apprentissages c’est mieux que de le gaver de conneries à l’école (confère les cours de français au collège). . D’accord, là dessus, je ne discute pas, mais il faut des parents éclairés, des parents qui ouvrent des espaces de connaissances, mais quand on ouvre la porte à la foule en leur disant “Ton gosse va s’épanouir en faisant ce qu’il veut à la maison”, c’est la culture “cocacola et consoles” qui va remplacer le formatage scolaire. L’humanité est trop conne pour s’instruire par elle-même, car le monde dans lequel nous vivons est complexe. L’humanité a notamment besoin de connaître son histoire pour se projeter dans l’avenir et déjouer les pièges des classes dominantes : hier militaires, religieuses, aujourd’hui économiques, etc. Elle a besoin d’être accompagnée par des systèmes de formation intellectuelle et professionnelle, ce qui n’interdit pas qu’on puisse se former personnellement (surtout quand on est adulte) en parallèle de ces formations, c’est même recommandé. Le monde ouvrier lui-même le savait, avant de tomber dans le salariat et la dépendance, car quand le compagnonnage organisait les métiers, les compagnons s’instruisaient les uns les autres et les métiers ne craignaient pas de parler “d’apprentissage”. Hélas, l’instruction a son revers: l’éducation (et l’embrigadement). Aujourd’hui l’école a radicalement bifurqué vers l’éducation, car rassembler les petits enfants dans une caserne, c’est très pratique pour en faire “le creuset de la pensée unique”. C’est pourquoi l’école dirigée par l’Etat ne peut pas avoir pour but l’instruction, tandis que l’enfant instruit en famille, est exposé aux idéologies familiales. Quelle est la solution? Pour ma part, je pense qu’un pluralisme d’établissements libres qui définissent leurs projets et leurs pédagogies, mais avec un certain nombre de contraintes (programmes) à respecter (confère l’enseignement hors contrat) ou une instruction en famille contrôlée, mais avec une marge de liberté, restent la solution. Mais l’unscoolingue et ses variantes doivent être interdits.
Qui peut interdire l’unschooling en France, si ce n’est l’Etat. Tout me laisse penser qu’il ne le fera certainement pas, car il a trop intérêt à laisser la maladie se développer, pour pouvoir dénoncer en temps voulu, le retour du danger sectaire. Mais dès à présent, comme l’aurait dit Audiard : “la maladie est revenue sur les poules”!
Lire sur le net l’article du Centre d’information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités : “Education nationale, creuset de la pensée unique” (2003): je pense que M. A. Cotton et moi nous nous rejoignons dans l’analyse de la politique de l’EN. par contre Roger Auffrand (qui est inscrit sur les listes d’ouvrages que LED’A donne sur son site comme référence)semble totalement muet concernant la politique de l’EN envers l’IEF… lui qui suit et commente avec une plume très pointue et très informée tout ce qui se passe dans et hors de l’EN. PSREUBEN
La parole est aux parents en IEF qui sont las de voir l’unscoolingue envahir l’IEF et imposer son image faussement mirifique et son prosélytisme.
“L’unscooling existe, je l’ai rencontré !”
un article de Fanny ERUTH
“En lisant les articles de votre blog, on se prend à rire, tellement les idées développées sont incongrues. Comment pourrait-on imaginer qu’il soit possible de laisser volontairement un enfant dans l’ignorance.
“Je connaissais l’homeschooling ou école à la maison. J’ai découvert l’unschooling, c’est-à-dire la négation, le refus, le rejet violent de l’école et de toute forme d’enseignement. «L’enfant a les capacités de s’instruire tout seul, il sait de lui-même ce dont il a besoin ». J’ai fait cette découverte à travers des familles le pratiquant – et j’ai été sidérée.
“Le principe est le suivant : La maman attend le questionnement de ses enfants, plus rarement elle suggère des activités à sa progéniture. Elle passe ainsi des heures sur Internet à effectuer des recherches, préparer des fiches, des tableaux, des schémas et des jeux. Au passage, elle note ses découvertes pour les suggérer à ses enfants. Enthousiastes, ils disent « oui » au latin, à telle langue étrangère, à telle notion, puis ils se lassent au troisième cours, quand ce n’est pas avant. La mère range son matériel désormais inutile.
“Selon ce principe, et en application de celui-ci, peu de ses enfants savent lire, et s’ils finissent par acquérir la lecture, c’est au bout de longues années, et sans réel plaisir de la lecture. Ils déchiffrent.
“L’enfant n’apprend pas le goût de l’effort, il n’acquiert pas le désir du savoir, ils ne peut s’évader dans un livre. Il ne peut aller à la piscine, ne sachant pas nager, ou alors il barbote comme un petit chien. Les parents sont fiers comme Artaban et contemplent niaisement leur grand garçon de 14 ans s’agiter comme un chiot dans l’eau. Ce faisant ils semblent ignorer qu’ils n’éduquent pas un chiot mais un homme.
“De tout temps, l’homme a été obligé d’apprendre et ses connaissances ne lui sont pas venues naturellement, mais par transmission d’un savoir de la part de ses géniteurs ou de son entourage. Chaque parent, de toute éternité, a eu à cœur de transmettre et de faire en sorte que son enfant en sache davantage que lui (souvent bien inconsciemment), de sorte que l’humanité puisse progresser à la fois vers l’avant et vers le haut.
“Peuplades de chasse et de pêche, celui qui ne chasse pas ne mange pas. Chacun a son rôle dans la société et il n’était pas concevable, à moins d’être handicapé, de déroger à cette règle. Avec le développement du savoir, les enfants n’ont pu se contenter de connaître les subtilités de la chasse et de la pêche, ils ont été dans l’obligation de s’instruire. De nos jours, celui qui n’est pas instruit ne mange pas… ou plutôt il mange à la charge de la société, aux restos du cœur. Quel parent peut souhaiter une telle situation à ses enfants ? Comment de tels enfants vivront-ils, comment survivront-ils ? Nier que la société fonctionne de cette façon, le refuser et se mettre en marge n’empêche pas la société de continuer à fonctionner de cette façon.
“Alors, il est vrai qu’éduquer un enfant est fatiguant, répétitif, voire même pénible. Il est vrai que l’Education Nationale ne procure pas un enseignement structuré et satisfaisant. Les tenants de l’unschooling vilipendent les parents qui optent pour l’homeschooling (école à la maison), avec “programmes, horaires, organisation, travail, goût de l’effort, et satisfaction de réussir”! Mais aussi des horaires plus souples, moins denses et qui sont aussi plus efficaces, qui offrent plus d’activités de loisir et surtout une pédagogie libérée du carcan de l’éducation nationale.
“La violence contenue de ces personnes plaidant pour l’unschooling est phénoménale. Elle permet de s’interroger sur leurs convictions réelles, puisque s’ils sont vraiment convaincus de leurs motivations, il n’y a aucune raison de rejeter avec autant de radicalité leur voisin qui pense différemment. Or c’est vraiment une agressivité verbale qui est développée dès que l’on aborde le sujet de l’enseignement en famille. « Vous torturez vos enfants », voilà ce qu’affirment les partisans du unschooling. Certes, nous les torturons, nous leur apportons de la nourriture pour leur cerveau et nous tâchons de leur donner le goût de l’effort, le goût du travail bien fait, le goût de progresser toujours plus avant. Nous leur donnons simplement les moyens de se débrouiller un jour dans la société qui est la leur, à trouver du travail intéressant, conforme à leurs capacités. Par la lecture, nous leur donnons les moyens de progresser.
“La lecture est tellement fondamentale. Qui est déjà allé à l’étranger sans connaître la langue vernaculaire peut comprendre ce point, et pour peu que les idéogrammes ne soient pas les mêmes, il n’est même pas capable de lire un prix ou de prendre le train. C’est ainsi que les partisans du unschooling traitent leurs enfants : ils leurs interdisent ce qui fait leur vie : lire, chercher des renseignements sur Internet, gagner leur vie, mais dans leur propre pays. Ce faisant, ils font de leurs enfants leurs propres esclaves, parce que jamais ces enfants devenus grands ne pourront quitter le sein maternel. Ils sont totalement attachés à leur mère, avec impossibilité de la quitter, parce qu’elle possède les clefs pour vivre : argent, lecture… “Est-ce cela que nous souhaitons pour notre progéniture, ou préférons-nous leur donner les moyens de quitter le giron familial pour, à leur tour, créer une famille et survivre, ou plutôt vivre dans une société qui certes n’est pas parfaite, mais qu’il faut bien supporter comme telle.
“Pour terminer, je mettrais l’accent sur un élément étonnant : Les partisans du unschooling brandissent la loi haut et fort pour affirmer qu’ils ont le droit d’éduquer leurs enfants en-dehors du système scolaire, et en cela ils ont raison. Mais là où ils deviennent complètement contradictoires, c’est quand ils rejettent avec violence cette même loi pour refuser à l’Etat un droit de contrôle sur leurs enfants.
“Alors oui, j’ai rencontré l’unschooling, il existe. Il produit des enfants qui ne sont même pas heureux de vivre, puisque ceux que j’ai rencontrés étaient complètement éteints : regard morne, bras ballants, aucune conversation. Comment survivront-ils un jour ? La question reste ouverte, mais a priori, c’est sur nos impôts qu’ils se nourriront… ”














