Plan:
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1/ échange de propos avec un repésentant associatif concernant mon blog : Ce texte est un échange de courriers avec un parent qui par son rôle au sein d’une association, est informé des “composantes” de l’IEF . Il a répondu en son nom à quelques questions qui concerne l’IEF et la place du “unscooling” dans celle-ci.
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2/ analyse des arguments opposés à la séparation entre IEF et unscooling…
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3/ réactions de parents en IEF
1/ Première partie :
Introduction : qu’est-ce que l’unschooling?
“ A lot of you may have heard about unschooling and not know what it is. You probably understand that this is a method homeschooling and may have even figured out that this learning style is not set in stone. This is all true. Unschooling does mean different things to different people and it is what many families prefer to use as a homeschooling style.
What you may not know is that unschooling is a natural learning method that is mainly based upon the life experiences that daily living provides. With this in mind, you can clearly see that this method of homeschooling is not based upon choosing a traditional curriculum and then using traditional teaching methods for children to learn what is in their textbook. In fact, there is very little emphasis placed upon such things as textbooks, quizzes and scheduled subjects or class times.
Now take a moment to think back to your school days. What is it that you remember about this time in your life? Did the things you learned stimulate you to want to learn more? Were you bored with what the teacher was teaching? Did you think that it was fun to learn?
It only stands to reason that the majority of children and adults learn at a much faster pace whenever subjects are presented to them in an enjoyable manner. They also tend to retain the information a lot longer whenever they are truly interested in what they are learning. Simply put: Learning should be fun.
While unschooling has very few rules and a lot of different definitions, there have been a couple of great books written about this method of homeschooling. It is recommended that you take some time to read some of these books if you are new to the concept of unschooling and think that it might work for your family. You will be surprised at just how much information is available on this topic.
Above all, if you choose to unschool, then you need to remember that unschooling is the natural way in which to teach your children. This is the way that learning becomes fun. While it may be a little scary at first, you will be amazed at the way your children progress and how much they will learn.”
Avec cet éclairage passionnant, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet:
Le contenu des échanges de courriers
PSR- Pour répondre à votre courrier, je tiens à dire que je n’ai aucun ressentiment contre les parents nonsco qui publient leurs croyances sur des blogs, ni contre ceux qui m’ont offert de “jouer avec eux” lors de rencontres…
X- Je le conçois bien, votre article laisse à penser que vous vous êtes fait une idée sur une rencontre collective – et pas plus – aussi je souhaite souligner qu’il y a plein de manières de faire l’IEF. Du coup les rencontres sont souvent différentes…
PSR- Quant aux associations, c’est autre chose: alors là, ne parlons pas de ressentiment, parlons de “combat politique”.
X- Dites-moi alors, si vous voulez bien, ce qui vous déplaît dans le fonctionnement des assos IEF nationales (je suis membre du CA de l’association ——- ); je suis preneur des remarques, idées, désaccords…
PSR – Que vous souhaitez savoir?
X- Plus précisément ce que vous rejetez dans les assos IEF, sur quelle base vous généralisez des attitudes que j’ai en effet connues chez certaines personnes pratiquant l’IEF mais pas toutes, loin de là, et vous devez certainement savoir que ceux qui parlent le plus fort dans les forums et/ou listes de discussions ne sont pas représentatifs de la majorité et je me répète prennent des postures.. (vos généralisations portent sur combien de rencontres collectives, combien de rencontres persos…)
PSR- Et pourquoi vous ne feriez pas une réponse officielle et argumentée au nom de (votre association) à 4 objections de ma part, publiées dans vos revues, histoire d’ouvrir un “vrai débat” sur la question délicate des limites de notre liberté dans la cadre de la loi et du recrutement (problématique) des associations. Cette réponse officielle montrerait que (votre association) ne pratique pas le double langage ou le silence, comme d’autres le font… Entendons nous bien, je ne suis pas pour “l’instruction scolaire”, mais pour “l’instruction”, ce qui veut dire que dans les programmes, j’en prends, j’en laisse et j’adapte, mais “j’enseigne”. Si des parents veulent déscolariser (ce que je fais), mais en refusant d’instruire, qu’ils le fassent, mais pas sous l’appellation “instruction en famille” (expression qu’eux-mêmes rejettent, tout en se déclarant auprès de l’EN en tant que parents qui instruisent). Qu’ils se déclarent sous l’appellation “Insoumis à la scolarité obligatoire” (ou objecteurs de conscience): ce serait un acte de courage… et l’IEF gagnerait en crédibilité.
1/ je considère que les associations (comme l’écrit Sylvie MARTIN RODRIGUEZ), ont trop flatté l’EN et aujourd’hui, elles réagissent trop tard.
2/ la raison pour laquelle elles l’ont fait, tient au fait que ces associations servent de couverture à l’unscooling et aux pratiques nonsco
3/ L’unscooling et consorts n’ont pas leur place en IEF, car ces pratiques refusent l’instruction et l’enseignement.
4/ compte tenu de la forte présence de pratiques nonsco, unscooling, etc, en IEF, nous ne sommes plus crédibles dans un monde où l’école est dominante et où nous avons déjà beaucoup de mal à faire reconnaître “l’instruction” en famille. Dès lors que les associations acceptent en l’IEF des composantes contradictoires et dont certaines sont illégales, elles mènent l’IEF à sa perte.
X- Pour être franc avec vous, je ne vois pas trop pourquoi (notre association) vous ferait une réponse officielle; ça voudrait dire que chaque fois qu’une critique est émise, l’assos devrait faire une réponse officielle…. Il faut beaucoup de temps et d’énergie pour faire cela et il n’y a pas forcément des volontaires pour le faire. Je vais vous répondre brièvement sur les 4 points.
1/ J’essaie dans la mesure du possible de mesurer le rapport de forces et d’adapter ma réponse et mon attitude à ce rapport de force; par exemple quand je suis sollicité par des familles pour des conseils relatifs aux contrôles pédagogique, je précise toujours à la famille qu’elle doit adopter une attitude en cohérence avec sa façon de penser, de réagir, de gèrer le conflit. Bref je n’envoie pas la famille au carton. Vous pouvez considérer que c’est flatter l’EN (pas d’opposition systématique, mais on essaie d’avancer à petit pas), je considère que c’est faire preuve d’intelligence. De la même manière, pour (l’intervention )des assos, soit on braille et on s’oppose à tout, soit on essaie de négocier en fonction du rapport de force…
2/ Je crois vraiment que pour écrire des choses comme celles là, vous n’avez eu qu’un son de cloche dans l’IEF – beaucoup de familles se réclament du unschooling, très peu le font vraiment et les associations à des degrés divers n’encouragent pas le unschooling par rapport à d’autres manière de faire l’IEF. Par exemple dans les fondatrices de LAIA, de CISE, je ne connais personne qui fait du unschooling, et pour LED’A ce n’est pas la majorité loin de là. Par exemple, le magazine des Plumes de LAIA , vous verrez qu’il y a très peu de choses sur l’unschooling, pareil pour le journal de CISE. Le bulletin de LED’A est probablement plus orienté… sachant que beaucoup de familles adhèrent aux 3 associations. Vous avez été visiblement en contact avec des familles qui disent pratiquer l’unschooling, mais un unscholing particulier. En tout cas (ce n’est) pas l’unschooling des pays anglo-saxons à l’origine de ce mouvement: pour ces personnes, l’unschooling c’est le laisser faire, ne rien proposer… L’unschooling pratiqué dans les pays anglosaxons (tel que je le comprends) demande un investissement énorme des parents. Pour schématiser, il faut toujours être à l’affût des demandes, des questions de l’enfant pour embrayer, pour anticiper, pour proposer des choses – c’est bien plus contraignant que de suivre un programme précis de façon régulière et minutée… je ne veux pas faire la promotion du unschooling, mais simplement vous donner une définition différente de celle avec laquelle vous avez été en contact .
3/ L’unschooling est une des façons de faire en IEF, parmi d’autres.
4/ Qu’entendez-vous par “pratiques illégales” ? (Quand vous dites qu’elles mènent l’IEF à sa perte) je ne suis pas d’accord.
PSR - Pour commencer, vous écrivez : “beaucoup de familles se réclament du unscooling”… c’est aussi mon point de vue . (Vous ajoutez ) qu’elles ne le pratiquent pas. Je ne peux pas le vérifier, mais qu’elles s’en réclament, je l’ai constaté : du coup l’image de l’IEF est très “connotée unscooling” ( américain ou francisé, cela ne change pas grand chose)…
X – Pas d’accord, ça change beaucoup de choses, vous semblez considérer qu’il ne peut pas y avoir “d’instruction” (dans une pratique) unschooling… sur quoi se base ce postulat ? Si c’est juste sur (la base) de quelques rencontres de personnes qui disent faire du unschooling sans le faire (en fait ces personnes ne proposent rien, ne font rien), c’est dommage…
(PSR) Deuxième point, vous écrivez que “les associations n’encouragent pas cette pratique par rapport à d’autres manières de faire”, c’est un argument qui apporte de l’eau à mon moulin : pour moi, le discours de (votre association) est très tolérant vis à vis du unscooling, rappelant quelques limites, mais en mettant en valeur leurs arguments (le respect de l’enfant…). J’ai analysé plusieurs textes (dont un de LAIA qui est parlant) dans mon blog et j’avais démontré cette position (de complaisance). Quand vous écrivez que vous n’encouragez pas, tout en précisant “par rapport” à d’autres modes , ça revient à dire que vous “admettez” (cette pratique).
X- Oui, car l’IEF ne se fait pas d’une seule façon et permet une certaine liberté, pourquoi alors devrions-nous dire (dans l’) association: “ça c’est du bon IEF, ça c’est du mauvais…”, ça n’empêche pas les familles de devoir prendre leurs responsabilités – un exemple: l’assos est saisie d’un cas, suite à problème lors d’un contrôle: on essaie d’en savoir plus sur le contexte… on répond parfois qu’on ne fera pas de courrier, ou alors (on fera) un courrier précisant la loi et seulement la loi.
(PSR) 3/ Autre point : vous écrivez “les différentes composantes n’entreront en rien dans cette non-reconnaissance”. Votre position est clairement exprimée dans cette phrase: pour vous, en tant qu’association, le unscooling est donc “une composante” de l’IEF. Partant de cette prise de position, vous confirmez ce que je dénonce (et ce contre quoi je mène une action) .
X- Oui, … Quelle est (alors) votre définition de l’IEF ? A quoi voulez-vous la réduire ? Quand commence le unschooling pour vous ? Bref que proposez-vous à part écarter le unschooling ?
PSR – (Je vais répondre sur le blog à cette question). Reste à savoir quelle incidence a cette présence illégale (mais très bien tolérée, “sans être encouragée”) dans les rapports avec l’EN, et la Miviludes, etc. Dès lors que vous “acceptez” le unscooling dans son principe, je pense que vous n’êtes plus en mesure de vous battre contre les abus et les agressions de l’EN (confère l’article commun aux assos : ”état des lieux”) parce que vous héberger dans vos composantes une pratique qui n’est pas légale.
X- Faux, la seule obligation légale inscrite dans la loi française, est qu’un enfant en fin de période d’instruction maîtrise le socle commun de compétences – il n ‘y a rien concernant les modalités (de la mise en oeuvre de l’IEF) pour arriver à cela.
PSR – Certes la question essentielle, c’est de savoir objectivement “qui fait quoi, et quel est le poids du nonsco-unscooling dans l’IEF” ? Comme la transparence n’est pas de rigueur dans les associations IEF, faudrait-il alors aller voir de près dans les familles (faire comme l’EN, enquêter, fliquer?) ? C’est difficile à apprécier : seule l’EN est bien placée pour le faire, si toutefois elle était honnête !
X – En faisant des rencontres (IEF) , en discutant, on sait combien de personnes font du unschooling et je vous assure qu’il y en a très peu… bien qu’il semble y en avoir plus, si on se fie aux forums par exemple. L’EN (elle même) n’en a aucune idée . (Il faudrait venir à une ) rencontre IEF où il nous arrive de jouer aux cartes mais où nous sommes plutôt là pour parler d’IEF, échanger sur l’IEF…
PSR – Je ne crois pas que le fait de discuter, sur le coin de la table, dans une réunion dont je ne connais pas le motif (rencontre-camping) mérite que je fasse tant de kilomètres, au risque de rencontrer des gens qui ne sont pas concernés par mes arguments. Ce qui est le cas de la plupart des familles qui fuient la polémique.
(….) Vous dites que cet échange de mail a sa limite (la disponibilité des membres des bureaux des associations). Il ne s’agit pas de répondre toutes les 5mn à Pierre, Paul, ou Jacques, je le comprends. Cependant le texte intitulé “état des lieux”, texte commun aux 3 associations, rédigé en 2010 par un membre de LAIA, fait le constat d’une situation difficile, d’un climat de tensions permanentes et appelle une réponse. C’est vous qui écrivez que la situation est difficile, alarmante, c’est donc un bilan étayé par une collecte d’infos et ce bilan mérite réflexion.
J’ai suivi pendant quelques années la politique de “négociation”, non pas celle au cas par cas, sous forme de conseils donnés aux familles, mais celle qui concerne les rapports que les associations entretiennent avec le ministère de l’EN: la politique “de la pédale douce”, une sorte de négociation molle, a donné ce genre de résultat, mais comment voulez-vous taper sur la table en réclamant nos droits, alors qu’aujourd’hui tout ce qu’on voit de l’IEF, sa visibilité, c’est du unscooling !
X- C’est tout ce que “VOUS” voyez ! Je vous le répète: regardez les publications des associations, (….). Vous écrivez “des pratiques qui placent l’IEF en position illégale”! C’est faux, la seule obligation légale dans la loi française est qu’un enfant en fin de période d’instruction maîtrise le socle commun de compétences. Après vous considérez, si je vous comprends bien, que le unschooling n’est pas de l’instruction… c’est votre vision, pas la vision de tout le monde et je me répète, il y a plusieurs façons de faire du unschooling.
PSR – Vous dites que les blogs unscooling ce ne sont que des vitrines, que la réalité de l’IEF n’est pas celle-là, je l’admettrais quand les publications des associations seront sans ambiguïté. Quand il sera clairement déclaré que les familles qui pratiquent le unscooling sont en contradiction avec la loi” et qu’elles ne peuvent pas être accueillies dans les associations qui représentent des parents en IEF (ceux qui respectent la loi). En un mot quand ces associations refuseront de représenter des familles qui pratiquent le unscooling et qu’elles réaffirmeront que les parents sont tenus “d’enseigner”. Là seulement, on pourra envisager d’aller au conflit avec l’EN et d’obtenir un statut qui pourrait être celui des établissements hors contrat, avec un socle de connaissances à acquérir et pourquoi pas sous forme d’un contrôle des acquisitions à échéances (avant 16 ans): ce sera alors le prix de la reconnaissance et de la tranquillité.
X- (Concernant le soutien des associations au unscooling), c’est faux. Lisez les publications des associations (Plumes de LAIA, journal de CISE) et vous verrez le peu d’écrits (sur le unschooling). Il est (également) faux de dire que l’unscooling « est en contradiction avec la loi » (…) On peut instruire son enfant en faisant du unschooling. (Que l’unscooling soit) “une des composantes de l’IEF” oui, (c’est vrai), même si je ne suis pas d’accord avec la façon dont certaines familles pratiquent le unschooling, mais il y a tellement de façons différentes de faire, que je me vois mal imposer une manière de faire l’instruction en famille.
D’où ma question, que proposez-vous ? Je n’ai pas compris ce que vous proposez de faire: un programme prédéfini à l’avance avec des acquisitions à acquérir chaque année ? Dites m’en plus que je comprenne, car j’ai compris que vous souhaitez écarter le unschooling mais que proposez-vous ?
PSR – Vous reconnaissez la place du unscooling au sein de l’IEF (en tant que membre engagé de l’association —–) et par conséquent vous vous placez hors la loi. Sans « encouragez » dites-vous, vous “cautionnez”, ce qui donne le bâton à l’EN pour nous taper dessus. Cette attitude a pour conséquence de mettre tout l’IEF dans le même panier. Je suis alors exposé au même titre que tout un chacun aux emmerdements qui font suite à une situation qui n’est pas “clean” . Pour moi les associations (2 au moins) sont compromises dans le unscooling et j’entends le dire et l’écrire.
X- Je vous le répète, lisez les publications de (—–), vous verrez qu’il n’y a aucune compromission. (Vos “emmerdements” ne sont pas dus) aux pratiques unschooling, mais c’est tout simplement la conséquence de la place écrasante accordée à l’école dans notre société, tout simplement . Croyez-vous vraiment que l’IEF pourrait être reconnue, compte tenu de la place écrasante de l’école dans notre société ? Les inspecteurs vous ont-ils dit que vous aviez des emmerdements parce que vous faites du unschooling - ou vous emmerdent-ils plutôt parce que votre (ou vos) enfant(s) ne vont pas à l’école, tout simplement ? Depuis 5 ans, je lis beaucoup de récits de contrôles, je discute beaucoup à ce sujet et je penche nettement pour la 2ème alternative. (…) Pour avoir été au ministère de l’éducation nationale deux fois, comme un des représentants des assos nationales et pour (…) avoir côtoyé tout ma jeunesse le milieu des enseignants, je pense que et le commun des mortels et le milieu enseignant (et éducatif ) ne font aucune différence entre les composantes de l’IEF (de l’école à la maison à l’unschooling). Faire reconnaître l’instruction en famille, c’est déjà faire envisager aux gens en général qu’on puisse apprendre sans aller à l’école… et les différentes composantes de l’IEF n’entreront en rien dans cette reconnaissance.
PSR- Si vous avez lu mon blog, vous devriez savoir que j’étais enseignant. Votre complaisance (car pour moi, c’en est) a quand même sa raison d’être. Personnellement, je ne mange pas à la table du unscooling et c’est à eux de prendre leurs responsabilités (effectivement) : ils n’ont qu’à se déclarer en tant “qu’objecteurs de connaissance et de conscience” (note: au lieu de prétendre que le unscooling est une forme d’apprentissage naturel) !
Que l’EN et les opposants à l’IEF disent que « le chien à la gale », c’est une stratégie connue, mais cela fonctionne d’autant mieux lorsque le chien est véritablement galeux : or la gale est dans l’association (c’est une métaphore). Tant que le chien portera la gale, il suscitera la méfiance et les critiques fondées .
X- Je répète encore, pour l’EN le chien « a la gale » parce qu’il ne va pas à l’école, et non pas parce qu’il fait du unschooling !
PSR – D’autre part, votre raisonnement s’appuie sur l’idée que la négociation doit se faire avec l’EN, c’est aussi une des principales erreurs stratégiques : il faut s’adresser au gouvernement, aux médias, aux députés, il faut se montrer au grand jour et sans la gale . Par ailleurs, il faut mépriser le ministère de l’EN: ce sont des exécutants et des concurrents. Ils sont hostiles et rien ne changera de ce côté.
X – Oui, mais rapport de force oblige. On s’est mal compris: pour nous l’EN existe. L’EN est l’interlocuteur légal auquel nous avons à faire (affaire) , c’est un fait et il ne sert à rien pour moi de faire comme si elle n’existait pas, mais sachez que dans les assos, on va voir des députés (j’y suis allé pas plus tard qu’il y a 15 jours concernant une proposition de loi visant à rendre l’école obligatoire) et certaines familles sont filmés lors de reportages à la télé, à la radio .
2/ Réflexion sur ce dialogue
Quel enseignement tirer de cet échange ? D’une part que ce membre d’une association défend sa position avec conviction, accordons lui cela. Par contre, il y a beaucoup de choses qu’il soutient qui s’inscrivent dans une forme de mensonge entretenu par les directions de toutes les associations.
La négociation avec l’EN, l’alibi des représentants d’association
L’EN n’est pas le législateur et si l’application de la loi peut la concerner, elle ne la concerne que dans la mesure où elle doit en respecter le contenu: je constate une position très légaliste de la part de ce représentant de l’IEF (pour simplifier, je vais l’appeler “représentant associatif ” (abréviation RA) des parents en IEF . Les RA de l’IEF établissent une négociation permanente avec l’EN – mais pourquoi faire ? Je vous le demande, puisque rien ne change – et pour quel motif? Pour abus de la part de l’EN ou abus de la part de certaines familles? Ou abus des deux?
La seule chose qui change depuis qu’ils négocient en vain, c’est un projet de circulaire qui va sortir et pour laquelle les Représentants Associatifs ne savent rien, (à moins qu’ils ne disent pas ce qu’ils savent) ! Les circulaires, on s’en fout, ce qui compte c’est la loi. Et la loi pour l’instant est supportable; elle est même sans doute trop laxiste puisqu’elle permet aux gens qui pratiquent le unschooling le plus délirant de s’opposer à l’EN et de prétendre lui imposer des pratiques aventureuses . Par contre la circulaire est abusive, mais c’est le seul moyen efficace dont dispose l’EN pour mettre la pression sur certaines familles (pour des motifs qui ne sont pas toujours abusifs) .
Le discours des « RA » est toujours le même, quelque soit l’association présumée IEF : « on négocie, on ne braille pas, on n’insulte pas » : on fait preuve « d’intelligence » ! C’est au nom de l’intelligence (que les RA s’accordent à eux-mêmes), qu’ils entretiennent des relations conviviales avec l’EN, notre adversaire, qui en contre partie, s’efforce de faire subir aux parents (au nom de la connerie sans doute), des agressions… Ce n’est cependant pas toujours le cas : j’ai personnellement connu un inspecteur respectueux des parents, mais j’ai aussi connu deux tordues qui venaient pratiquer leurs contrôles avec des intentions belliqueuses.
La banalisation du unschooling
Je constate que le Représentant Associatif (RA) de l’association X (qu’il ne représente pas puisque celle-ci n’a pas le temps de répondre) soutient plusieurs affirmations pour le moins surprenantes et paradoxales, sinon illogiques
1/ Il prétend que les familles qui pratiquent l’unschooling sont en nombre limité au sein de l’IEF. Surprenant ! Incroyable !
2/ Il prétend que les familles qui déclarent pratiquer le unschooling (si peu nombreuses soit-elles), ne le font pas réellement – et si elles le font, il ne s’agit pas pour autant du modèle anglo-saxon : c’est du unscoolingue à la française (ça me fait une belle jambe !). Sont-ce alors donc des comédiens, des farceurs, qui auraient juste des « envies », des fantasmes de liberté, mais sans oser faire de réels « passages à l’acte », comme aurait dit Catherine Baker (qui a fréquenté les psy avec beaucoup de lucidité) !
Ces deux affirmations suffisent à me convaincre que le RA qui s’exprime ici en son nom propre, s’exprime aussi au nom des associations, puisqu’il utilise leur discours habituel. Il banalise l’importance du unscoolingue en IEF, alors même que les blogs démontrent avec force l’attraction qu’exerce cette idéologie au sein de ce que l’on appelle sans doute à tort “l’IEF” : c’est une caractéristique des associations que de « surfer » en permanence sur la ligne de séparation entre légalité et illégalité. Les parents unschooling exhibent leur désir de transgression de la loi tandis que les associations « couvrent » ces débordements par un discours lénifiant qui vise à rassurer, à inscrire ces pratiques dans une fausse légalité (les associations vont même jusqu’à rappeler la loi à l’EN, mais pas aux parents !)
Je pense que les RA sont des illusionnistes ! Où alors les parents en unschooling qui s’exhibent sur des blogs publicitaires, sont de fieffés menteurs ou manipulateurs. Qui manipule ? Notre RA admet que le unschooling occupe la façade sur le net ; est-ce un début de vérité? Pourquoi cette occupation ? Et pourquoi les laisser faire en les laissant parler au nom de l’IEF ? Pourquoi les laisser donner cette image sulfureuse de l’IEF-hors la loi quand on est soi-même un RA “intelligent” qui évite de se mettre en tort. Cette contradiction entre prudence d’un côté et exhibitionnisme provocateur de l’autre, accuse l’IEF de tenir un double langage. Il y a le bon (le RA) et le voyou (le parent unschooling) et à tour de rôle, ils apparaissent et disparaissent sur la scène. Trois petits tours et puis s’en vont.
Les mauvaises raisons pour donner au unscooling un caractère légal.
Voici la liste des arguments présentés par notre RA, arguments qui prétendent légaliser la présence du unschooling en IEF , en tant que « composante » de celle-ci.
1/ Les associations IEF sont un espace de liberté, affirme le RA…
la liberté et la diversité vont de pair. Réduire la “diversité” (comme je veux le faire) serait alors une atteinte à la liberté ? Ce discours faussement libertaire, c’est le discours du faussaire qui veut faire entrer la fausse monnaie dans le compte de l’association au nom de l’ouverture. Etre une association IEF, c’est un engagement moral. On s’engage à promouvoir “l’instruction en famille”, pas la “crétinisation en famille”, pas non plus “l’inculture en famille” , ni la négligence éducative. Je parle sur le principe, car la réalité des pratiques est insondable, mais le discours lui, est évaluable et j’évalue ce discours pour ce qu’il est : un discours de faussaire. Au nom de la liberté, on peut tout accueillir, et finalement que devient l’IEF? un rassemblement de parents qui mettent les enfants sur un piédestal et qui déscolarisent pour faire n’importe quoi, puisque tout est permis au nom de la diversité et de la liberté, le bien et le moins bien. Pour parler un langage qui n’est pas celui de la démagogie, le “bien” ne vaut pas le “moins bien”, ni le “pire”. la démagogie c’est de dire que tout est crédible, au nom de la diversité et de la liberté – et pourquoi pas de la tolérance pour être complet dans l’usage les arguments démago et faux-cul.
Tout n’est pas équivalent, il y a le bon et il y a même le mauvais, en effet. Et quels sont alors les critères qui fondent cette échelle de valeur? C’est très simple, l’IEF implique l’enseignement, l’unscooling implique le refus de tout enseignement. Celui qui enseigne à ses enfants au moins les bases de l’instruction conformément à la loi est un bon, celui qui refuse d’enseigner est un danger pour l’enfant. Tout est dit, cessons de tourner autour du pot à merde. Il ne s’agit pas de juger qui est Paul ou qui est Jacqueline, il s’agit de fixer des limites claires entre instruire et refuser d’instruire. Ensuite c’est l’EN qui vérifie que ces limites sont respectées. Mais quand une association tient elle-même un discours ambigu qui fait penser que l’enseignement n’est pas la voie de l’IEF et que l’unscooling est la bonne voie, parce que l’enfant s’y épanouit, parce qu’il apprend aussi bien qu’à l’école, parce qu’il développe mieux ses facultés, parce que d’autre part, enseigner est un acte contre nature, contre productif (ça aussi je l’entends), il faut démontrer toutes ces assertions et d’autre part, il faut annoncer la couleur et remplacer “association IEF” par “association de promotion de l’unscoolingue, comme bilingue, version américano-française”.
2/ les associations IEF ne pratiquent pas la ségrégation, affirme le RA…
Si les associations veulent être un espace de rencontre entre les familles, c’est parfait, qu’on se rencontre, qu’on joue, qu’on échange, qu’on s’amuse, qu’on voyage avec sa tente, son camping car ou sa yourte. Par contre dès lors que ces associations prétendent “représenter” légitimement l’IEF, elles se doivent d’être porte-parole de parents qui sont réellement engagés dans des pratiques compatibles avec l’IEF et la loi. Laquelle des ces 3 associations a ce souci? A coup sûr deux ne l’ont pas. Deux associations accueillent sans distinction les familles qui pratiquent « l’école à la maison » et celles qui pratiquent « le unscooling ». Pas de ségrégation entre les bons parents, les irresponsables ou les parents à risque (le risque étant de priver l’enfant d’instruction). Tout le monde a droit à “sa place”. Le panel des parents va de l’IEF à l’unscooling et tous ont le même crédit, le même droit d’expression, ! C’est pratique. avec l’argument du refus de la ségrégation, tout devient possible. L’IEF est donc une sorte de “Club mad” plutôt que Club med
3/ L’unschooling-unscoolingue est compatible avec la loi (donc légal), affirme le RA…
N’étant pas à court de ressource, notre RA qui s’avère être un brillant avocat, utilise ensuite l’argument de la légalité, mais c’est moins convainquant (selon qu’on a un peu de morale, ou pas du tout). Cela donne ceci : pourquoi isoler l’unscooling, puisque de toute façon la loi autorise « tout », elle ne fixe aucune modalité, aucune exigence d’acquisition, aucun niveau ? Elle n’exige un niveau (assez flou, voire très flou) qu’au terme de la scolarité (à 16 ans). Donc, avant 16 ans, on est libre de faire ce que l’on veut, y compris de ne rien enseigner. Catherine Baker, nous suivons ta trace!
Hé bien voilà un argument qui rend l’unscooling légal et voilà pourquoi les associations laissent les parents aller au charbon (tu fais ton unscooling, mais tu te démerdes avec les inquisiteurs). La loi donne aux parents une énorme liberté, mais le jour du contrôle, l’EN fait l’inventaire: le droit est alors contesté, pressions, menaces, ça chauffe. Le jour du contrôle, l’EN va tirer à vue sur des parents qui refusent visiblement d’enseigner (pas de traces, pas d’écrits) , mais la loi reprend le dessus en justice (quand il y a sommation et injonction de scolariser). A ce petit jeu de contournement de l’esprit de la loi, l’IEF va perdre la bataille, car les contrôleurs vont passer le relais à la Miviludes qui va nous concocter une petite loi de renforcement du contrôle de l’obligation scolaire et je leur conseillerais de mettre sur la liste de leurs sectes, les familles unscooling.
4/ l’unschooling est (peut-être?) un moyen (comme un autre) d’apprendre quelque chose,
Autre point qui mérite notre attention : Le RA déclare (avec prudence) « qu’on peut instruire son enfant en faisant le unscooling ». Un parent IEF fait cette remarque pertinente : Qu’appelle-t-il instruire ?» Et pourquoi écrit-il ”on peut instruire” et non pas “on instruit” ?
5/ L’unschooling (made in USA) n’est pas l’unscoolingue (made in France)
Autre argument de poids: le unscoolingue français n’est pas l’unschooling anglais – alors quelle est la différence ? Notre RA brouille-t-il les cartes ? Pourtant les parents qui le pratiquent ne manquent pas de proclamer la fin de l’enseignement, la liberté pour l’enfant d’apprendre selon sa curiosité, en dehors de tout programme, dans la vie, etc et de recommander la lecture de John HOLT, le chef spirituel de la communauté unschooling.
6/ L’unscoolingue, c’est du boulot, comme dirait Sarko !
Autre argument : je crois que c’est là la grande différence entre l’unschooling (version USA) qui serait une forme de culture acquise par la télé pendant que les parents vaquent à leurs activités, tandis que l’unscoolingue (version française) exigerait beaucoup d’efforts de la part des parents, et certainement plus d’efforts que de suivre passivement un enseignement fléché, minuté et banal (c’est à dire préparé, mâché, qui suivrait l’itinéraire prévu par l’EN). En un mot, le unscoolingue, c’est la Cadillac de la pédagogie, réservé à des parents doués, attentifs, besogneux, car disponibles à 100% de leur temps pour l’accompagnement de l’enfant dans sa conquête du monde ! Sans vouloir prendre le RA en défaut, ces parents seraient (paraît-il) « à l’affût » des questions – ce qui fait de l’enfant un gibier… Ils vont même jusqu’à anticiper ses questions, ce qui donne à l’unscooling un caractère oppressant. En deux mots, l’unscooling, loin d’être de tout repos, serait un surcroît de travail ! Hé bien voilà un scoop. Est-ce que ce discours ne serait pas un hommage au génie français ?
7/ Jouons à “L’EN a dit que unscoolingue et IEF, c’est la même galère!”
Dernier point : Selon le RA, l’EN ne ferait pas la différence entre les différentes « composantes » de l’IEF, elle mettrait tout le monde dans le même sac, le homeschooling au même titre que le unschooling. Pourquoi faire des différences qui n’ont pas lieu d’être, quand l’EN fait de nous des égaux en termes d’incompétence et nous met dans la même galère?
Cet argument m’est particulièrement indigeste : je le trouve malsain, exécrable, insultant. Et pourquoi ne pas dire que l’IEF est à mettre dans le même sac que les sectes , puisque selon le RA – qui je le souligne est un ambassadeur des parents IEF – nous sommes « ce que l’EN décrète que nous sommes.» J’apprends quelquechose: ceux qui revendiquent la liberté n’existent que par la reconnaissance de leur tuteurs et contrôleurs? Cher RA, je me permets de dire que j’emmerde ceux qui prétendent me définir comme étant à mettre dans le même sac que les sectes, que les unschooling/unscoolingues, les dingues, les marginaux et les insoumis. Personnellement, je respecte les insoumis, mais je tiens à ce que l’acte d’insoumission soit un acte clair et courageux de la part de ceux qui le font, pas une stratégie de camoufflage qui utilise l’IEF pour faire sa place au soleil. Que les associations soient noyautées, infiltrées par des mouvements qui ne relèvent pas de l’IEF est le constat que je fais aujourd’hui: je pense que des sites de LED’A (notamment) témoignent de fortes orientations unschooling . Je peux donc dire que si j’ai rompu avec les associations IEF, c’est parce que cette ambiguïté me paraissait inacceptable. Autant dire que les porte-parole auto-proclamés de l’IEF sont des manipulateurs qui propagent l’unchooling sous couvert de défense de l’IEF.
La politique associative (toutes associations confondues)
Pour moi en IEF, il n’y a qu’une seule composante : l’IEF, rien que l’IEF – qui signifie « instruire en famille », donc « enseigner ». Une seule composante, cela évite les discriminations. Tout ce qui n’est pas organisé sur le principe de l’enseignement, n’est pas de l’IEF, donc “exit”! Le reste c’est de la récréation, des loisirs, des activités de découverte de la nature, du plein air, de la colonie de vacances à domicile, des jeux, des manipulations d’outillage, de la planche à roulette, du vélo, des activités manuelles, du farniente, de la dolcevita, de la pâtisserie, de l’élevage de lapins, ou de souris, du jardinage, etc. Occasionnellement du calcul et de la lecture, mais abordé de façon purement instinctive!
L’EN nous mettrait dans le même panier que l’unscooling/nonsco ? Mais c’est un mensonge ! C’est un énorme mensonge ! Ce sont les Porte parole des parents nonsco qui nous amalgament à cette bande de gazou-gazou, qui utilisent les parents en IEF (homescooling) comme bouclier, comme couverture, comme camouflage, de telle sorte que l’EN ne sache plus “qui est qui?” Tous ceux qui bouffent à la table du unscooling sont des parents qui s’inscrivent peu ou prou dans cette idéologie. S’il ne le font pas, s’ils gardent leur distance, ils n’ont aucun intérêt à être identifiés par l’EN comme faisant partie de cette chapelle (pour ne pas dire secte). Ils ont tout intérêt au contraire à se démarquer pour préserver leur crédibilité.
Entendons nous bien : je ne cherche pas à juger les parents unscooling, mais à faire la différence entre des choses qui ne sont pas de même nature, pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Est-ce que je m’occupe des problèmes des parents qui scolarisent ? Absolument pas. Alors pourquoi voulez-vous me mettre dans le même sac que l’unscooling qui ne me concerne pas davantage. Soit disant parce que l’EN nous met ensemble ? Je dénonce donc l’escroquerie des associations qui mélangent délibérément IEF et unscooling. S’il fallait que quelqu’un le dise, je suis celui-là.
Quant à m’inviter pour discuter avec des parents unscooling de nos objectifs communs, je suis désolé, je ne vois aucun motif qui nous rapproche ; je suis pour un enseignement familial, de type non scolaire, je suis pour que l’enfant acquière au moins un socle de connaissance par étapes et avant 16 ans. Je suis pour laisser les parents libres de doser le niveau des apprentissages et les méthodes, d’adapter les rythmes, sous réserve que certains objectifs essentiels soient mis en œuvre (lire écrire, compter, avant la fin du primaire, avec des notions de base en grammaire et en histoire-géographie, sciences de la nature) : des bases solides, sans ambition intellectualiste, sans suivre obligatoirement les programmes scolaires, mais en laissant aux parents la possibilité de les suivre facultativement : en un mot rapprocher l’IEF de l’enseignement hors contrat.
Quelle Solution ?
Quelle solution j’envisage ? Tout simplement de faire deux types d’associations : celles qui pratiquent l’IEF et celle qui pratiquent autre chose, que cela s’appelle « unschooling » ou nonsco, ou anarcho-spiritualistes, ou “secte de ceux qui ne veulent pas apprendre”, ou “protecteur de la conscience des enfants contre toutes les violences scolaires”, ou jean-foutres, ou fêtards, ou “club des partisans de l’éducation américaine”.
Les associations IEF débarrassée de ces imposteurs ou intrus, conforme à ses objectifs déclarés, pourraient alors faire valoir que les parents en IEF sont dans leurs droits et prieraient fermement l’EN de respecter ce droit. Fermement veut dire « fermement » : les parents campés dans la légalité, n’ayant rien à craindre des contrôles, ne se laisseraient pas piétiner par l’EN. Ces contrôles témoigneraient que les enfants apprennent conformément au décret (rien de plus), tout en tenant compte de légitimes différences de rythmes entre les enfants, et qu’ils progressent de façon régulière dans les apprentissages prévus par la loi, sans être maintenus en état d’attente jusqu’à leurs 16 ans… Je suis persuadé que malgré d’évidentes résistances, l’EN ferait preuve de modération envers ces parents, car L’EN, ne s’en prend qu’à ceux qui n’enseignent pas. Dans le pire des cas, en cas d’hostilité, l’EN n’a pas les moyens d’agir si les parents, certains que leur pratiques sont conformes, s’opposent à des contrôles abusifs. Je n’ai pas dit que l’EN apprécie l’IEF, c’est évident. Et comme je l’ai dit, je connais l’EN pour l’avoir fréquentée très longtemps et pour être considéré comme un renégat, donc pas de cadeau à attendre de leur part!
En cas d’abus de l’EN, les parents mèneraient de bruyantes et embarrassantes manifestations collectives devant les rectorats, les Inspections académiques, etc, pour faire entendre leur droit ; ils cesseraient de courber le dos ou de chercher à passer inaperçus, confiants dans leurs moyens et dans leurs droits, certains désormais de ne pas être confondus avec des parents sectaires ou des insoumis à l’instruction. Ce qui voudrait dire que ces parents s’organiseraient en groupes, en associations pour se faire entendre et j’en ai même une à proposer : l’association des familles de France qui me semble adaptée à cette catégorie de parents .
Par contre concernant l’autre catégorie (qui se retranche ou non derrière l’appellation unscooling), elle produira d’autres associations et se démerdera avec ses problèmes de contrôles. En aucun cas les deux types d’associations ne seraient mêlées dans des actions communes. Et comme dit notre RA : ces parents prendraient réellement leurs « responsabilités » et j’ajoute : leur destin en main.
Commentaires des parents:
Commentaire 1/ l’EN ne met pas tout le monde dans le même sac !
“J’ai dû tomber sur un I.A venu d’une autre planète, car à part me dire que l’école à la maison était un choix respectable, il n’a pas eu de discours désagréable, il a été poli, il ne s’est pas pris pour un justicier venu remettre mes enfants à l’école. Par ailleurs, il sait que mon fils sera instruit à la maison également, et n’y a vu aucune objection. Il m’a juste dit qu’il faut que j’évite d’aller trop loin avec ma fille (elle a des notions de multiplication à 6 ans, c’est déjà un peu de trop pour lui). Il n’est pas contre l’IEF mais contre les parents qui font passer des bricolages pour de l’instruction. Il est donc contre le unschooling, et pour lui les textes de lois sont trop ambigus. (…) Je pense qu’il est faux d’écrire que “le commun des mortels et le milieu enseignant et éducatif ne font aucune différence entre les composantes de l’IEF (de l’école à la maison à l’unschooling)”. Quand je parle à des instituteurs ou aux parents qui scolarisent leurs enfants, ils n’ont rien à redire sur l’instruction de mes enfants. Ils sont en général contre l’informel, pas contre l’instruction à la maison.
Commentaire 2 / le prosélytisme IEF: on accroche les familles pire que chez les témoins de Jéhova
“Je vais vous conter une petite anecdote. Une maman qui souhaite instruire son jeune fils demande de l’aide. Je lui réponds en lui proposant des pistes et des documents pédagogiques niveau maternelle, tout en lui disant que je ne la force pas à faire travailler son gamin, mais pour qu’elle fasse une sorte “d’état des lieux” avec lui. Je n’ai pas de réponse. Je reviens quelques jours plus tard, et (…) et là, la faune unschooling débarque :
- ”Non non, laisse le dessiner et vivre, il a le temps d’apprendre, c’est nocif à son âge !”
- ”Laisse le faire selon ses envies, s’il court dans le jardin et qu’il joue aux Playmobil, il s’instruit déjà, il apprend”.
- ”Surtout pas de documents pédagogiques ! Tu vas l’écoeurer de l’IEF ! L’IEF est fait pour décompresser, apprendre le temps de vivre !”
Bien entendu, je n’ai pas tout retenu et je n’ai aucune réponse de la part ce cette maman. Bon sérieusement, je me fiche de ce que cette mère va faire avec son enfant, c’est son problème. Mais qu’on ne dise pas que les associations n’encouragent pas le unschooling puisqu’elles sont les premières à l’employer comme méthode d’instruction, ou à le conseiller fortement.
Par ailleurs, dans ma région, une maman s’est fait lyncher sur la liste de discussion régionale, car elle a osé dire que sa fille était instruite de manière traditionnelle, et que les contrôles ne se passent pas si mal chez elle. “Si tu ne fais pas d’unschooling, autant mettre tes enfants à l’école, si c’est pour jouer à la maitresse avec tes enfants !”
Commentaire 3/ L’Unscooling n’est pas la voie royale de la crétinisation
“De ceux que j’ai rencontrés, le unschooling produit au contraire des adultes qui sont des gens ouverts, intelligents, cultivés, curieux, inventifs et confiants dans leur capacité à apprendre tout au long de la vie. (…) En ce qui me concerne, je suis sortie de l’EN par “la voie royale” avec le diplôme universitaire en poche, complètement dégoûtée de la lecture et de la culture et de l’idée même d’apprendre. J’ai mis plus de 10 ans à retrouver le goût d’apprendre et l’appétit féroce avec lequel je dévorais, petite, tous les ouvrages qui me tombaient sous la main. Et que dire de mes camarades? Dans leur écrasante majorité, l’EN a démontré de façon éclatante les cotés les plus sombres de l’effet pygmalion. Convaincus jusqu’à la moelle d’être des crétins trop stupides pour apprendre quoi que ce soit, ils sont devenus de la main d’oeuvre pas chère et/ou des chômeurs au long cours, tous avides consommateurs… C’est ça le résultat de la formation intellectuelle des citoyens?”
(article en cours)