L’instruction en famille ! “L’unscoolingue”, c’est louf’dingue mais Meirieu, c’est dangereux!


Avertissement aux personnes sensibles: ce blog comporte un humour corrosif, à ne pas mettre entre toutes les mains. Si la critique vous perturbe, mieux vaut voir les sites de LED’A, de l’AIA ou d’autres associations qui déclarent représenter “l’Instruction en Famille” et qui d’une façon générale vous donneront une vision plus sereine de l’IEF , puisque ces associations  défendent le droit de chacun de faire “ce qu’il veut” en matière d’éducation. Ce qui n’est pas notre philosophie.  Ce blog  soulève la délicate question de la conformité de certaines pratiques anglo-saxonnes qui se réclament de “l’apprentissage naturel ou informel”, au regard de la loi en France.

Dans ce blog, nous survolons  avec une pointe de dérision, l’univers de l’IEF tel que les blogs et les associations les plus “visibles” (car elles ne le sont pas toutes, loin de là) le montrent:  apparence peut-être, discours qui ne seraient pas en rapport avec les actes, pas sûr!  Commençons par planter le décors par un documentaire :

http://www.youtube.com/watch?v=KQF4TXV2ylQ

Cette photo, autre document pris sur le vif,  a été faite lors d’un contrôle  de parents qui s’étaient déclarés en IEF. Nous assistons à un débat assez “tendu”  entre un “unscooleur” (dans l’état où il est on ne peut pas dire si c’est “une” unscooleuse) et un inspecteur de l’EN,  facile à identifier:  il porte sur la tête le symbole de l’autorité. La question qui se pose (c’est l’objectif de ce blog) est très culturellle, c’est “comment on s’Ensor”?  Comme vous le constatez,  les arguments se valent. L’un des adversaires est un adepte de Philippe Meirieu (français 100%, mais très influencé par l’éducation américaine),  l’autre un adepte de John HOLT (100% made in USA). Le problème crucial, c’est que l’enfant est l’enjeu de ce conflit idéologique de haut niveau et que chacun tire avec force sur ce qu’il en reste.  C’est une violence caractérisée et nous comptons appeler le numéro vert.

La Miviludes fait l’arbitrage pour déterminer lequel des deux est le plus sectaire.  (Miviludes = organisme gouvernemental de lutte contre l’emprise sectaire).   Nous comptons fortement  sur cet organisme gouvernemental,  sur son intégrité et la fiabilité de son jugement, pour déterminer lequel des deux peut avoir la garde de l’enfant, de l’EN ou de la famille, car les deux parties témoignent d’un désir ”d’emprise sectaire sur l’enfant”.  L’un veut l’endoctriner avec son programme citoyen, l’autre veut l’enfermer dans un cadre familial sans règles parfaitement inadapté à la société. Le conflit est surréaliste : avec le même argument (laisser l’enfant apprendre par lui-même), ils poursuivent des objectifs diamétralement opposés : d’un côté l’EN veut faire des citoyens standards totalement adaptés à la société productiviste, de l’autre les parents unscoolingues veulent faire de leurs enfants des sujets “libres et heureux”, c’est dire à quel point leurs objectifs se tournent le dos. Mais à l’arrivée, on obtient le même résultat : des “crétins” à l’EN (c’est mon ami J.P. Brighelli qui l’a constaté),  et des incultes en unscoolingue (c’est moi qui le constate). Autrement dit, “Meirieu, c’est dangereux, mais l’unscoolingue, c’est loufdingue”. Pour ma part,  je ne vois guère lequel est plus nuisible que l’autre. Quoiqu’il en soit on voit mal comment l’un ou l’autre, seraient capable d’apporter à l’enfant “la formation du jugement par l’exercice de l’esprit critique et par la pratique de l’argumentation”(art. du  décret99-224).

C’est pourquoi, afin de donner aux enfant en IEF cette formation très exigeante et inconstestablement intellectuelle, j’ai décidé d’ouvrir ce blog.  J’en profite pour vous dire que le terme “unscoolingue” n’est pas une faute d’orthographe mais un néologisme dont je suis l’auteur et pour revenir à ce site, tapez ce mot sur votre moteur de recherche “et la porte s’ouvrira”, comme dans le Petit Chaperon rouge … 

Cette entrée en matière a pour but de vous immerger dans un débat très actuel:  la concurrence entre le unschooling et le pédagogisme, le premier ayant noyauté l’IEF (Instruction  en famille) et le second ayant noyauté l’Education Nationale. Assiste-t-on à la mort de l’instruction?  

Plus on creuse les pratiques  de l’IEF et les discours dont nous sommes inondés sur le net, mettant en avant la priorité de l’épanouissement de l’enfant et à contrario la violence de l’apprentissage contraint, plus l’unschooling offre sa façade attractive mais un peu trop ludique, plus on s’interroge sur ce mouvement qui cache la réalité des niveaux d’instruction acquis par les enfants qui le subissent.  L’unschooling est aujourd’hui  très présent au sein de l’IEF  – présent, est-ce à dire minoritaire ou dominant? Peut-on aller jusqu’à dire que l’IEF est une façade qui sert à masquer le développement en France de ce phénomène qui nous vient des USA?  

La déscolarisation d’enfants serait faite non pas pour “assurer autrement l’instruction”, ni pour libérer les enfants de l’oppression scolaire, mais pour les soustraire à l’instruction telle que les Lumières la souhaitaient.  Ce mouvement idéologique, dont les formes pratiques sont variables, serait une version amplifiée du pédagogisme qui, dans le cadre de l’EN, exerce son travail de crétinisation sur les enfants depuis plusieurs décennies. Le Unschooling ne serait que le pédagogisme poussé à l’extrême. Voici des parents en IEF, comme vous le constatez, tous porte un masque et il est difficile de savoir qui est” unscoolingue”, qui ne l’est pas! Cependant ils sont épanouis, car ils vivent avec leurs enfants dans une saine ambiance familiale.

Après tant d’années durant lesquelles les enseignants se sont battus afin d’établir une école “républicaine” laïque et égalitaire, l’aboutissement de leurs efforts c’est une école à deux vitesses, c’est le développement du unschooling  et c’est le constat que la laïcité est remise en question. N’y a-t-il pas de quoi perdre la foi dans la mission républicaine de l’école?  L’unscoolingue accuse l’école de violence, non pas tant la violence entre les élèves (brutalité, racket, agressions…)  mais celle qui émane du rapport enseignant-enseigné, rapport jugé violent par nature. Alors qu’à l’école il n’y a plus d’enseignants ni d’enseignés, mais des “éducateurs” et des apprenants qui s’apprennent eux-mêmes, les unscholingues se battent désormais pour aller plus loin dans la destruction du processus d’enseignement : ils mettent en cause les matières imposées, les horaires, tout ! L’enfant doit pouvoir choisir ce qu’il veut apprendre et nul ne peut lui imposer d’apprendre quoi que ce soit. Du coup nul ne peut l’évaluer: ça c’est la vraie liberté !  Il n’y a que les américains pour avoir des idées aussi novatrices et hilarantes! Malheureusement, quand on  voit le résultat, on est déçu. La télé et le jeu, ça abrutit, ça crétinise autant que le pédagogisme!  D’ailleurs quand on mélange une population d’enfants sortant du collège et une population d’enfants sortant du unscoolingue,  la seule différence c’est que les premiers sont francophones, tandis que les seconds sont  anglophones: ils  maîtrisent parfaitement l’américain et savent fabriquer des yourtes :  du coup, ça leur offre des débouchés pour plus tard. Pour le reste, ils sont aussi nuls (voir la viédo).

Dans une période où l’EN est confrontée à des bilans embarrassants,  revers de sa politique démagogique et pédagogiste, l’IEF-unscoolingue saisit l’opportunité pour se développer, recruter des parents qui rêvent d’un monde sans apprentissage et sans diplôme. Les enseignants ont voulu démocratiser l’école et cette politique a eu deux conséquences:

1/ La première, c’est de faire baisser le niveau des enseignements  et de transformer certains établissements en parking scolaires, etc. Dès lors pourquoi ne pas abolir les programmes, supprimer l’enseignement en famille, puisque la loi reste ambigue  concernant le contrôle de l’instruction donnée à domicile et que l’enseignement scolaire sombre dans le “n’importe quoi” ?

2/ La seconde c’est de faire fuir certains parents qui pour des raisons diverses n’entendent pas  inscrire leurs enfants dans des établissements où les  risques de violence augmentent, où le cadre éducatif apparaît de moins en moins crédible, mélangeant des populations qui n’ont pas les mêmes exigences scolaires.

Quelle alternative existe-t-il à l’école d’État ? Certains parents (comme c’est mon cas) constatent l’emprise du pédagogisme sur l’école, à l’origine de cette décadence, et cherchent des solutions hors de l’EN pour mettre leurs enfants à l’abri de cette doctrine: ils vont vers des établissements privés ou optent pour l’enseignement à la maison. Les écoles parallèles (comme le dit Catherine Baker) restent dans le giron de l’EN et tout enseignement d’État ne peut avoir comme objectif que de satisfaire la demande politico-économique. Les écoles hors contrat et l’enseignement à domicile sont les seules alternatives à l’École noyautée par le mouvement pédagogiste. 

D’autres familles qui jusque là subissaient l’école et son caractère normatif, saisissent cette occasion, ce contexte,  pour  déscolariser leurs enfants, non pas par nécessité (absence d’établissement à proximité qui réponde au besoin de l’enfant), mais par refus de l’instruction scolaire, voire de « l’instruction » au sens d’enseignement donné: ils optent pour le “unschooling”,  également appelé unscoolingue quand il a été francisé. Les familles rompent avec les exigences de l’instruction que l’EN impose, mais dont elle n’est plus garante. Elles remplacent ces exigences-ci  par  une pédagogie (si on peut dire) du laisser faire et du laisser vivre l’enfant, qui ne peut conduire qu’à des abus. En réalité il n’y a pas de pédagogie, les enfants poussent sans contrainte et apprennent ce qu’ils veulent.

 

Le contexte est idéal pour renvoyer l’EN à ses propres défaillances et lui dire, “ce que tu exiges des parents en IEF alors que tu ne peux pas le faire dans tes usines, c’est à dire mettre tous les enfants au même niveau, nous allons le faire autrement”.  Mais là où « faire autrement” apparaîtrait comme un projet justifié pour des familles qui ne veulent pas entrer dans la compétition scolaire, là où l’instruction en famille serait une solution intéressante pour redonner à l’enseignement sa véritable dimension qui est celle du plaisir d’apprendre – car apprendre est un plaisir quand l’État ne s’en empare pas pour faire de la fausse égalité, de l’évaluation ou de la vraie discrimination - ces familles infiltrent l’IEF avec leur discours et leur projet visant à détruire le savoir ; elles y entrent pour dévaluer l’enseignement dans son principe et le remplacer par du vide et une foi dans la curiosité de  l’enfant,  dans le choix de la confiance qui lui accordée et dans la fameuse « autonomie » qui a déjà fait ses ravages dans l’école et dont le pédagogisme prétend qu’elle est la véritable source du désir d’apprendre. C’est pourquoi le pédagogisme et l’unschooling sont de même nature et c’est pourquoi les inspecteurs de l’EN  se trouvent devant leur propres démons chaque fois qu’ils contrôlent des familles unscoolingues. D’où leur difficulté à condamner ce à quoi ils ont ouvert la voie!

 Je ne doute pas que certaines familles parviennent par induction à inciter leurs enfants à s’engager dans le voie des apprentissages (mais lesquels, vont-ils apprendre la chimie, la physique, où se limiter à l’informatique?), à acquérir une connaissance par le seul fait de la curiosité propre à certains enfants, encouragée par un environnement familial stimulant.  Je pense qu’il faut craindre que cette absence d’enseignement n’aboutisse le plus souvent à du vide. Quand l’EN tel le joueur de flûte de Hamelin entraîne les enfants vers le troupeau des futurs veaux, le unscoolingue entraîne les enfants, au nom de la singularité, au nom de la liberté dont l’enfant a besoin,  vers l’ignorance .

Mon but c’est de faire apparaître que l’IEF est passée entre les mains d’une mouvance dont les références idéologiques sont glauques et dont les pratiques sont non seulement illégales, mais souvent pitoyables (pas toujours, la généralisation serait excessive).  Qu’on dise que l’EN ne fait pas mieux, que rien n’oblige les parents à tenir des engagements qu’on leur a imposé sous la contrainte d’amendes et d’emprisonnement, je l’entends. Mais quoi qu’on en dise, tous les parents ne sont pas, peu s’en faut, des citoyens éclairés : si les uns le sont, les autres le sont moins, d’autres enfin ne  le sont pas. Certains sont des incultes et que je sache, la meilleure volonté ne peut transmettre ce qu’elle ne possède pas. A contrario, des parents qui veulent mener leurs enfants vers la culture peuvent faire parfois mieux en accompagnant l’enfant que des enseignements fournis par des professionnels dégoûtés par des conditions d’exercice peu valorisantes (notamment des agressions): comment des enseignants exposés à des agressions en classe peuvent-ils transmettre un savoir. Il faut arrêter ce système. On ne donne pas de la confiture à des cochons.

Ce qui me navre, ce n’est pas de constater que ces familles unscoolingues sont malhonnêtes envers l’EN, c’est qu’elles trahisse le contrat qu’elles ont signé en déclarant “l’instruction” en famille, c’est qu’elles se servent de l’IEF  pour développer leur imposture et leur prosélytisme.  D’autres parents que moi déplorent que l’IEF soit compromise dans cette galère et déplorent le comportement plus que complaisant des associations: j’en connais au moins deux qui prétendent “représenter l’IEF”, alors qu’elles constituent un  paravent pour le développement du unschooling.  Ce que  je déplore, c’est que l’EN accepte comme interlocuteurs des associations qui  tiennent un  double langage.

Ce qui nous amène à dire que l’instruction en famille, est devenue un panier de pommes dont certaines sont véreuses . L’EN devrait mettre en place les limites, de telle sorte que l’IEF reste une voie crédible  pour des parents crédibles. Mais l’EN n’a-t-elle pas intérêt à laisser ce phénomène se développer pour appliquer une fois de plus sa stratégie : dénoncer chez les parents les manquements à l’obligation d’instruire, sachant qu’elle-même agit de même, mais qui pourrait la mettre en cause, car l’institution scolaire a un atout majeur : elle surveille a défaut d’instruire !

Quelques adresses de sites unscooling (en vidéo),  dont cette vidéo qui met en garde les familles américaines contre le unschooling et qui affirme que cette forme d’éducation n’a rien à voir avec le “homeschooling”. C’est pourquoi nous aussi nous déclarons que la politique de confusion entretenue par LED’A et LAIA est une opération de manipulation qui porte atteinte à l’IEF, c’est à lire à l’enseignement en famille:  http://www.youtube.com/watch?v=zYZrho7Th68

Commentaire d’un parent qui a regardé des vidéo dans la vitrine unschooling  (voir les références dans les articles du blog)

 “Mais la frustration aussi est un des apprentissages de la vie ! La vie est loin d’être une sinécure ! Les enfants en unschooling sont “libres”, ils mangent sur le canapé devant la Roue de la Fortune (ben oui c’est comme ça qu’ils apprennent les lettres de l’alphabet non?), ils mangent et se couchent à heure voulue, enfin c’est du grand n’importe quoi. (…) J’adore le commentaire de la présentatrice “ Qu’auriez voulu faire à 10 ans ? Regarder les Power Rangers toute la journée?  Elle a raison ! Si je laissais mes enfants faire ce qu’ils veulent, ils regarderaient des dessins animés toute la journée, il y aurait le petit déjeuner devant la télé, le déjeuner, le diner, et coucher à 23 heures, et un tout petit peu de travail. (…) Mais les enfants ont besoin de règles, car d’eux-mêmes, ils ne savent pas que trop de télé est nocif, qu’il est meilleur pour la santé de prendre son repas à table et dans le calme, que les mathématiques ne s’apprennent pas qu’en pesant 3 oeufs et de la farine…

Instruction en famille: les éoliennes brassent du vent


CONTRE UNE INTOX SUR CE BLOG

J’alerte les parents qui, ignorant ce qu’est l’unscoolingue et ses valeurs philosophiques, pourraient prendre au sérieux un jeu (voir ci-dessous dans l’article) que je qualifie de jeu totalement idiot, voire débile ! Je tiens à dire que les parents qui pratiquent l’unscoolingue ont une éthique. Ce sont souvent des familles qui luttent contre un système liberticide (qui se limite à l’école). Pour les familles unscoolingues,  officiellement, seule l’école est “nuisible” et je suppose  que le reste est acceptable.  Il faut donc rétablir la vérité :

1/  Je précise que les familles unscoolingues  ne sont absolument pas anarchistes, contrairement à Catherine Baker, qui elle, est une pure anarchiste de salon. Je précise qu’elles ne sont absolument pas “contre” notre société, sans adhérer non plus, car elles font preuve d’un apolitisme apparent. Elles sont d’ailleurs muettes concernant le système ultralibéral, dont elles ne dénoncent pas la malfaisance sur l’adulte  auatnt que sur l’enfant. Leur seul adversaire, c’est le système scolaire dont l’enfant est victime et tout ce que les parents unscooleurs écrivent à ce sujet est assez vrai, mais partiel. Leur argument “number one”,  c’est que l’école, c’est comme le service militaire et la prison.

2/ Je précise que ces familles sont souvent “écolo”, végétariennes,  parfois un tantinet mystiques ou spirituellement “orientées” (si j’ose dire) vers des philosophies orientales, ce qui peut vouloir dire qu’elles se désintéressent du monde  pour se consacrer à  leur égo souvent fragile  et à leurs enfants. Parmi elles, il y a également des familles qui font partie de la mouvance alternative dont je résume les principes : désobéissance civile, autogestion, écologie  et surtout pacifisme, non violence… (si j’en ai oublié, faites moi un rectificatif).  De ce côté, il y aurait donc une tendance politique très probable qui d’une certaine façon préconise le désengagement, le retrait par rapport au “système dominant”. On vit sous la yourte, on  vit dans le monde tout en vivant en dehors. C’est donc un mélange hétéroclite de familles (la diversité ne manque pas),  mais toutes ont en commun ce particularisme  qu’elles ne vivent que par l’enfant et pour l’enfant et qu’elles refusent l’école en tant que coercition (leur position est plus radicale que celle des familles en IEF).

C’est cet argument qui permet d’identifier idéologiquement le unscoolingue, en tant que refus total de contraindre l’enfant à apprendre. A partir de ce postulat, on peut faire des distinctions entre des arguments philosophiques, spirituels, politiques ou tout ce qu’on veut. On trouvera ceux qui déclarent que contraindre est contre productif, ceux qui disent que c’est un acte coercitif, un acte de violence, ceux qui disent que c’est priver l’enfant de son enfance, etc. Les explications ou justifications possibles, sont multiples.  Quant à “leur profondeur”, c’est celle des puits sans fond  et je ne m’y aventurerais pas, pour ne pas tomber dedans. Il semble qu’elles pourraient se déclarer “objecteurs de conscience” plutôt que de porter ce terme de “unschooling”, mais il manquerait le caractère noble du label américain et ses théoriciens (HOLT). Aller chercher dans la poubelle américaine un modèle éducatif, c’est un signe de dynamisme à ne pas négliger.  Pour répondre à un parent, le seul qui accuse nos impertinences de manquer de “profondeur” et qui nous accuse de nous complaire dans les “clichés”, je dirai que jusqu’à présent, à part “faire tourner l’éolienne et brasser du vent” (expression que j’emprunte), les adeptes du unscoolingue brillent par leur vide argumentaire dans leur réponses. je suis cependant certain qu’ils ont des ressources…

J’ai construit deux modèles idéologiques de unscoolingue sur ce blog : le modèle bio (l’enfant pur) et le modèle mystique (qui implique un renoncement à tout savoir de la part des parents), ce qui laisse déjà un certain choix. Ces familles luttent généralement contre la violence scolaire, réponse faite à la Miviludes qui les accusait de maltraitance : par leur engagement pour la non-violence, elles justifient de leur innocence face aux accusations de maltraitance.  Concernant l’accusation d’obscurantisme, ces familles ont une parade : elles  disent parvenir à obtenir des “apprentissages”, sans les désirer, sans intervenir, sans orienter, sans enseigner, en  laissant simplement l’enfant explorer,  apprendre là où il veut apprendre:  c’est la méthode naturelle du “butinage”,  théorie qui depuis des millénaires  réapparaît dans tous les domaines: le retour à la nature serait la voie de l”épanouissement . 

Ces non-citoyens (car à  juste raison, ils rejettent la citoyenneté) sont ”injustement soupçonnés”, disent-ils, car autre caractéristique de ces parents, ils se sentent “victimes” de l’EN. Le discours de victimisation est leur spécialité : ils veulent qu’on reconnaisse leur méthode d’enseignement, qu’on les respecte et ils admettent très mal la critique de ceux qui ne les comprennent pas: ça les froisse!  Pire, pour eux toute critique est est une agression. Quant à accepter l’évaluation de leur méthode, alors là il ne faut pas y compter, car dans cette population, on ne démontre pas (c’est trop rationnel), on “croit” ce que Saint Alan Thomas et Saint John Holt disent et leur parole ne se vérifie pas. Ils ont dit que “ça marche mieux qu’à l’école”, alors on les croit.  C’est vrai que les contestations sur l’école sont pertientes, mais la démonstration des avantages du unscoolingue est faible.  

On peut grosso modo considérer  que les familles unscoolingues puisent leur eau dans plusieurs puits et dans certaines sources dont je ne garantis pas la pureté bactériologique.

1/ le puits écolo-végétarien, qui s’oppose à la consommation,  au productivisme scolaire, à la compétition et à l’élevage en batterie des enfants.  personnellement j’approuve ces positions,  si cela ne va pas jusqu’à priver les enfants de leur besoin nutritionnels et intellectuels

2/ le puits mystico-spiritualiste (oriental), référence à Rama-machin  et tous les “Sages”  qui préconisent  la non-violence, le renoncement aux biens intellectuels occidentaux : alors là je suis dubitatif… C’est le risque de tourner le dos à la culture occidentale et au savoir dont l’école assure la transmission.  Ces philosophies rejettent le rationnalisme, elles prétendent mener vers la voie de la connaissance de soi et méprisent le Savoir scientifique.

Une remarque:  chez les unscooleurs où on milite de façon radicale contre la non-violence, mais les enfants jouent avec des épées en bois et font la guerre des étoiles (skywalker) : voir la vidéo (des parents menacés par l’EN) ou celle-ci (http://www.youtube.com/watch?v=zYZrho7Th68)

3/ le puits américano-sectaire (protestant anti-étatique et familialiste); concernant cette source au sein du mouvement unscoolingue, elle tient à l’origine américaine du mouvement, mais le caractère religieux n’apparaît pas sur les blogs:  ça reste une hypothèse. Y aurait-il des mouvements d’évangélisation qui propagent le unscoolingue ?

4/ une source qui alimente cette idéologie, c’est le culte de la maternité  et son corollaire l’idolâtrie de l’enfant :   la source est floue, je n’en connais pas les références, mais il me semble qu’elle remonte aux civilisations de l’âge de la pierre taillée . Plus récemment, ce culte est revenu en force, à la suite des  mouvements MLF  et de mai 68,  depuis que la société européenne a aboli la place secondaire attribuée aux femmes, admis leur droit de participation au vote et leur a donné l’accès au travail. Les mères unscoolingue, elles, ne travaillent pas, car elles éduquent leurs petits. L’école dite paternelle (qui ne l’est plus) est dangereuse pour leurs enfants. Pour les mères, l’enfant est un bien précieux que l’école abime.

 5/ enfin on trouvera des familles qui refusent l’école tout simplement parce qu’elles trouvent que “le Savoir” s’apprend  dans la vie ou parce qu’elles ont gardé une rancune tenace envers l’école,  pour s’y être emmerdées, pour y avoir été mal notées et dévaluées par des notations perfides. On risque de trouver sous cette justification une vieille tradition de résistance à l’instruction scolaire qui,  il faut l’admettre, représentait davantage  les  valeurs de la classe bourgeoise. Les milieux populaires apprenaient à l’établi plutôt que sur les bancs de l’école.  L’école  nuit à la culture populaire et à la culture familiale, deux raisons majeures de la bannir.

Pour toutes ces raisons, le jeu ci-dessous  ne correspond pas du tout aux valeurs des familles unscoolingues. Je ne parle pas des autres familles en IEF qui ne sont pas concernées par ce profil, car elles ont une conception totalement différente de l’instruction en famille (voir les familles catholiques traditionnelles). Les familles “unscoolingues” ont un profil social “plutôt classe moyenne”,   mais ayant un certain bagage scolaire (lourd à porter, toute une jeunesse traumatisée), mais à coup sûr sans rapport avec celui des cas sociaux (illétrés, etc).  Tout le monde ne lit pas Rama-machin et Baker et Holt et j’en passe… Il y a là une culture.  C’est donc pure malice (et non pas malveillance ) et de très mauvais goût,  que de faire un tableau aussi caricatural d’une mère unscoolingue.

Certes, ces familles semblent faire preuve d’un rejet de tout ce qui est rationnel dans  la culture scolaire. Certes la culture scolaire est dirigée, contraignante.  Certes elle n’est pas accessible par des voies naturelles. L’école n’est pas faite pour les sauvageons, les instables psychomoteurs et les enfants qui n’ont reçu aucune règle éducative, car ils ont été éduqué se”lon le principe de l’enfant sauvage : “tu fais ce que tu veux, les règles nuisent à ta santé”!:  A l’école, rien que de la tristesse, comme dit un blogueur-Nonsco-bio, qui ayant mis sa fille à l’école par erreur, se plait à écrire qu’elle réussissait brillament (9,99 /10 de moyenne), mais devait attendre que les petits crétins terminent leur travail…  A l’école, il  faut “écouter sagement” des trucs qui sont emmerdants, surtout au delà d’un certain niveau, quand on prépare aux grandes écoles. Certains philosophes  et scientifiques ont souligné le fait que la connaissance scientifique suppose une rupture épistémologique avec le savoir commun, le savoir courant. Cependant, ces familles prétendent  qu’apprendre à l’école est la mauvaise façon d’apprendre,car c’est au contraire le savoir ordinaire de la vie qui est source de connaissance . Alors là attention:  elles disent qu’elle ne refusent pas le principe de l’apprentissage, mais seulement la “méthode” et les contenus, pour la méthode, il  faut que  l’enfant choisisse ce qu’il veut apprendre et du coup, il échappe aux programmes de l’EN (le contenu n’est plus le même) : il se fait son propre programme, au jour le jour. “Il construit lui même son savoir”:  nous y voilà!  Elles prétendent donc conduire l’enfant vers la connaissance, en lui faisant confiance, ce qui permet un apprentissage naturel (les accuser d’inculture serait  bien sûr le signe d’un parti pris). C’est de l’instruction aléatoire, c’est de l’instruction sélective ou dans le pire des cas, c’est du vide, mais un vide riche de bonheur et d’expériences vécues ! Je passe sur le fait qu’un enfant pour apprendre seul a besoin d’être accompagné… car chez les unscoolingues les enfants peuvent apprendre par eux-mêmes, car ils ont cette possibilité qui tient au fait que les savoirs sont accessibles (par exemple jouer avec l’ordinateur).

Alors, une question se pose :  familles unscoolingue, quelle culture et quel savoir apportez-vous à vos enfants?  La  réponse est évidente: elles diront qu’elles ne peuvent pas répondre, parce que l’enfant seul sait de quoi il a besoin. Le monde est un jardin dans lequel l’enfant fait sa cueillette.   Si ces familles unscoolingues refusent d’apprendre, d’imposer des “attentes” à leurs enfants (c’est clairement écrit par certains parents sur leurs blog,  qui plagient Catherine Baker), certaines déclarent “répondre aux questions de l’enfant” toute la journée, ce qui est finalement épuisant .  Est-ce que cela ne serait pas une forme de transmission du savoir ?  Ou est-ce que c’est un alibi pour se justifier devant l’EN?  Certains esprits étroits y verraient un déni de l’instruction, mais pour ces familles, c’est le contraire:   c’est de l’instruction et même mieux ! C’est un apprentissage qui s’étend sur la vie durant.

Par conséquent, en tant que responsable de ce blog, de son honnêteté intellectuelle et morale, je dis que ce jeu est tout simplement crétin et j’invite les familles à ne plus le lire. Je souligne en particulier la totale inadéquation  de son humour.  Je pense que son auteur a voulu faire un test: il a voulu savoir combien de familles unscoolingues ont la capacité de réagir  et le test est probant:  une seule réaction sur plus de 500 consultations dans une seule journée. Ce qui prouve que les familles unscoolingues ont de la hauteur et cela ne prouve absolument que des mots d’ordre ont circulé .

D’autre part le prosélytisme cupide n’est pas la motivation des parents unscoolingues, qui certes font preuve d’un prosélytisme très actif, mais qui le font  par pur humanisme : ils veulent répandre la bonne parole, sauver des familles de l’influence nuisible de l’école et de façon plus terre à terre, ils veulent constituer un lobby capable de faire poids  contre l’EN (c’est très américain comme forme d’action collective).  Un petit groupe de 2000 familles contre le rouleau compresseur de l’appareil scolaire, c’est insignifiant, tandis que 100.000  familles ça peut devenir opérationnel. Le danger c’est que l’IEF soit noyée dans l’unscoolingue et que les quelques familles qui comme nous “rament” pour instruire leurs enfants, qui conservent un modèle d’instruction à la française, se trouvent submergées par la vague unscooleuse anglo-saxonne.  N’est-ce pas déjà le cas? On va être obligés de parler anglais comme le recommande un site de LED’A.  

Si l’EN laisse l’unscoolingue se développer, c’est qu’elle en reconnaît la valeur, alors qu’il serait si facile de remette les enfants à l’école!  Or,  compte tenu du développement constant du unscoolingue en France - c’est dingue comme ça se développe vite - nous sommes tentés de conclure que l’EN a reconnu cette forme d’enseignement sans enseignement.

Si vous êtes d’accord avec moi pour dire que ce jeu doit être retiré du blog : votez 5 .Si vous pensez que j’ai tort et si vous voulez conserver le jeu votez 1.

  PETITION CONTRE CE JEU DEBILE !

“Jeu  éducatif” pour enfants unscoolingues:  en vue d’améliorer votre orthographe, en jouant, recherchez les erreurs de ce texte. Celui qui trouve le nombre exact des erreurs (sans être obligé de les corriger), gagne  une photo de bugs bunny ou une photo de Michael Jackson format 60×85 (pas celle de Catherine, on en trouve pas)

Texte :  “j’me présente : I am the mother!”

I went to the school but I din’t enjoy myself ! (sa na pas été le grand tamour) : ils zon voulu me faire rentré des connerie dans la tête, comme les maths, la grammère et l’ortographe. J’avais de la personalité et j’ai résisté à font. J’ai même eut le premier pris de la résistanse : on m’a donné le brevê avec mension “passable”.  J’suis fière de ma réussitte, j’lai affiché dans ma cuisine entre le calendrié des ponpié et la photo de Madona. Comme ça les copines quant elles vienne prendre le café, elles save que j’sui pas une colabo de lusine à formaté les pitchounes.

Un jour j’ai fait la rencontre de ma vie: Paulo, qui  comme moi est un militant de la liberté : on a décidé d’élevé nos enfants dans l’amour et dans la liberté: pas de coersistion. Il me fait entièrement confianse, il sait que j’leur veut que du bien. Faut pas leur bourrer le crânne, sinon ça explose. Moi le mien , il a fayi explosé – là j’hésite : fayi ou fayite? – bref, on veut qu’ils soyent heureuses ! On s’est dit : l’EN elle nous les gâche, elle va les “dénaturé”.  J’mettais acheté un ordinateur y’a lontemg pour communiqué avec les copins et les copines. C’est pratique: on s’envoie des maille et des recette de cuisine;  c’est comme ça que j’ai appri qu’on peut faire du unscoolingue. Sa m’a tout de suite  em-ba-llé ! J’me suis dit, ma fille, c’est ta voix, tu vas pouvoir téclaté (pas texplosé) !

J’ai suivi des stage: c’est comme pour les clubs “Tupperware”, un autre truc arméricain:  on s’réuni autour d’un café, on discute et on s’instructionne. J’ai réussi brillament mon stage: la formatrice elle ma dit que j’étai douéé – ça je le savais - et elle m’a dit qu’il fallait que j’aprènne l’anglais pour avoir un niveau de qualification  supérieur encore. J’lui ai dit: c’est fésable. Elle m’a dit “ça ouvre des débouchés”,  “J’lui ai dit ça tombe bien, moi je n’le suis pas!”.

J’ai tout comprit;  j’ai pas prit de notes, mais j’ai tout dans la tête : c’est très simple, “ton enfant à l’école, il s’enmerde pârce que les maths, la grammère et la géographi, c’est pas très drôle, c’est même un peu cafardeu, tandis qu’à la maison,  t’apprend ce que tu veut; t’est pas obligé de resté toute la journé assi à écouté des gensse qui te parle, alors que tu ne les paye pas pour le faire et que tu ne les conner même pas en plus! A la maison ta envie de jouer avec tes légos, ta envie de faire des maquètes, de la patiserie, tu veu lire l’histoire de Madona,  tout sa, c’est instructif et c’est vivant. T’apprend vite et beaucou, sans te forsé! C’est notre Scientifique qui la prouvé.

En unscoolingue, on a des expères qui nous forme: il vienne des zétazunis. Mon fils,  se qui l’intéresse c’est la généalogie - c’est une Sience  qui nous vient de labas –  et aussi les fusées, les soucoupes violantes, le foot! C’est lui qui a fait larbre de vi, c’est pas à l’école qu’il aurai dévelopé ce don.  Et tout sa, sa le passionne, tandis qu’à l’école, aprendre les règle de grammère, la sirculation de l’eau  dans les fleuve, c’est intéréssant, mais c’est mieux quant on l’aprend “dans la vie”:  l’environement, ça doit être naturel, il suffit de se baladé pour laprendre. Se qui conte, c’est qu’il choississe se qui le kiffe.

Nous on sait que l’école ça casse la tête, alors on s’est lancé dans la unscoolingue: ça a été tout de suite la révélation; on a foutu les cailliers à la poubelle,  on a  changé lemploi du temp: plus d’horères - et moi, c’est pareille. La télé est devenu un outil pour apprendre naturèlement , les enfants la consulte toute la journée et ils joue parce que le jeu c’est formateur : ça “sosialise” bien mieux que la caserne scolère.

De toute fasson on a  lu la sirculaire  et on sait que l’enfant, il faut qu’il sépaniousse.  Mais nous on le savait, ché nous, à la maison, les enfants, c’est pas comme à l’école, ils sont heureus et libre. On leur donne tout ce quil zont besoin : des rollers, des consoles, des jeux vidéos, il zont tout, tout, tousse qu’il faut pour aprendre. Et il zavance! Le grand, il  a maintenant 9 ans et il commence à apprendre à lire: l’autre jour on est allé au mac-do et il a réussi à lire “mac”, et son père lui a dit “c’est bien d’aprendre dans la vie et nous on ne veut pas tinfluensé, mais là tu tégares!”  On pense qu’il a de l’avenir: il va pouvoir travailler plus tard comme forain, artiste, brocanteure, rempayeure de chaise, chanteure, cascadeure; il pourai faire du cinéma et réussir comme Depardieu. On a confianse en lui, de toute fasson on ne veut pas qu’il fasse fonxionère, c’est pas un métié ça et en plus ça gagne pas. l’Etat va tous les viré.

Moi de mon côté j’me fait un revenu: j’ai ouvert un atelié de unscoolingue. Je recrute sur internette. J’ai un forum où jinvite les parents à sexprimé sur leur misère à l’école et ça marche! Puis je les visite à domissile; on est toute une bande à les visiter en groupe:  on les conseile, on les prend en mains, on les rasure.  On leur dit, “vient à notre réunion, on va texpliquer le fonxionement du unscoolingue” et on leur fait voir que c’est fassile. Je connais le truc du démarchage à domissile et du recrutement:  avant j’étais chez les témoins de jéhovah, mais depuis que nous somme végétarien, écologiste et que je milite contre la violance parentale,  conjuguale, les fessées, et la violance scolère  je me suis reconverti “unscoolingue”. Le problème c’est que les témoin de jéhova, il mette leur gosse à lécole, c’est des collabos. En plus la clientèlle, on la prospectai tous les dimanche, on fessait des kilimètres a pié (sa s’apèle le porte-aporte) mais  sa nous raportait rien, ils versait tout à l’Eglise, tandis que le unscoolingue, c’est comme Tupperware, c’est du bénéf !  – et je ne verse rien  à  St Thomas qui est notre théorissien: j’ai été a sa conférense : cétait chouète ! Se que je dis là c’est une parentaise. Chaque unscooler peut  prospecter pour son conte, et ya de quoi faire avec tou ceu qui en on marre de l’école.

J’en revient à mon  atelié…   j’ai créé mon entreprise, ça s’appèle “Nonsco.com”. Jai acheté une petite maison à la campagne (une anciènne école) . Après, les contacs par le nette avec les parents qui sont dégouté par le systhème, je leur propose des stage “concrê” : pâte à selle,  peinture, légo, etc! Ensuite on passe au matériel Decroly (mon mari est mécanisien, il ma aidé à comprendre).  Je mit  suis mise, c’est pas si diffissile que ça. J’ai fait un petit investisement financié (j’ai acheté tout le matériel)  et je le fais fructifié. Les familles vienne passer deux jour avec les enfant: pension comprise, c’est 150 euros pour la famille plus 30 euros par enfant, on ne mange que du végétarien et du bio.  Et on cause entre mères unscoolantes. Les pitchounes joue aux cartes, il prènne l’air,  il “vivent” et en plus ils apprène ! On a même un âne,  deux chèvres et des lapins, pour qu’ils puisse mieux découvrir la nature. Les chèvre c’est pour le lait. On a une bonne clientèlle: ils m’appèle quand ils ont un souci, quand ils veule des conseille pour les déstressé.  C’est du boulot!

L’âne on la appelé “Voltaire”, sa prouve con dévelope l’instruction et l’inspecteur il a trouvé sa charmand. Il a dit que c’est une fasson originale de motivé lenfant à la lecture des auteur qu’on na pas besoin dans la vie, enfin sa c’est moi qui lajoute! Il  a conseillé d’atendre un peu pour acheté le bouquin au grand, il faut qu’il progresse encore en lecture, mais c’est bien parti. l’EN nous a fait un bon raport, presque ausssi bien que mon brevêt! En anglais je poursuis avec les enfants :  je peut te dire par exemple “take it easy”, “learning by living is fun” ! Fuck the school !

Alors si le unscoolingue vous tante, nésitez pas,  apelé nous à “SOS famille, nature et libérté”. Saché que vous avez droi aux alloc même si vous décidé de ne pas enseigné à vos enfants, car après tout à léducation nationalle, il font pareille  que nous (ils nous copie) : il dise “que l’enfant doigt conduire seule son savoir”… Maintenant je vous lèsse, il faut que jaille  nourir  Voltaire qui est en trin de braillé.

Note: bien entendu, ceci est une fiction, et toute ressemblance avec  des personnes existantes serait purement hasardeuse, sauf avec une que j’ai eu le bonheur de rencontrer et qui je l’espère n’a pas fait trop de victimes…  Il y a malheureusement beaucoup de personnes en IEF qui tombent dans ce genre de piège et j’espère que cette fable les aidera à y voir plus clair. Comme je sais que sur planète unscoolingue les choses  ne s’apprennent qu’en s’amusant (sinon on ne les retient pas),  je me suis mis à l’unisson et j’ai décidé d’adopter une pédagogie ludique moi aussi.  Je vais vérifier si ça marche, comme ça,  je saurai si l’unscoolingue est une bonne méthode.  J’espère que comme moi vous avez bien rigolé, et que cette façon de s’instruire dans la joie vous aura convaincus.

Les associations “IEF” ouvrent grande la porte à “l’unschooling”!


Plan:

  • 1/ échange de propos avec un repésentant associatif concernant mon blog  : Ce texte est un échange de courriers avec un parent qui par son rôle au sein d’une association, est informé des “composantes” de l’IEF . Il  a répondu en son nom à quelques questions qui concerne l’IEF et la place du “unscooling” dans celle-ci.

  • 2/ analyse des arguments opposés à la séparation entre IEF et unscooling… 

  • 3/ réactions de parents en IEF

 1/ Première partie :

 Introduction : qu’est-ce que l’unschooling?

 

“ A lot of you may have heard about unschooling and not know what it is. You probably understand that this is a method homeschooling and may have even figured out that this learning style is not set in stone. This is all true. Unschooling does mean different things to different people and it is what many families prefer to use as a homeschooling style.

 What you may not know is that unschooling is a natural learning method that is mainly based upon the life experiences that daily living provides. With this in mind, you can clearly see that this method of homeschooling is not based upon choosing a traditional curriculum and then using traditional teaching methods for children to learn what is in their textbook. In fact, there is very little emphasis placed upon such things as textbooks, quizzes and scheduled subjects or class times.

 Now take a moment to think back to your school days. What is it that you remember about this time in your life? Did the things you learned stimulate you to want to learn more? Were you bored with what the teacher was teaching? Did you think that it was fun to learn?

 It only stands to reason that the majority of children and adults learn at a much faster pace whenever subjects are presented to them in an enjoyable manner. They also tend to retain the information a lot longer whenever they are truly interested in what they are learning. Simply put: Learning should be fun.

While unschooling has very few rules and a lot of different definitions, there have been a couple of great books written about this method of homeschooling. It is recommended that you take some time to read some of these books if you are new to the concept of unschooling and think that it might work for your family. You will be surprised at just how much information is available on this topic.

Above all, if you choose to unschool, then you need to remember that unschooling is the natural way in which to teach your children. This is the way that learning becomes fun. While it may be a little scary at first, you will be amazed at the way your children progress and how much they will learn.”

Avec cet éclairage passionnant,  nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet:

 Le contenu des échanges de courriers

PSR- Pour répondre à votre courrier, je tiens à dire que je n’ai aucun ressentiment contre les parents nonsco qui publient leurs croyances sur des blogs, ni contre ceux qui m’ont offert de “jouer avec eux” lors de rencontres…

X- Je le conçois bien, votre article laisse à penser que vous vous êtes fait une idée sur une rencontre collective – et pas plus – aussi je souhaite souligner qu’il y a plein de manières de faire l’IEF. Du coup les rencontres sont souvent différentes…

PSR- Quant aux associations, c’est autre chose: alors là, ne parlons pas de ressentiment, parlons de “combat politique”.

X- Dites-moi alors, si vous voulez bien, ce qui vous déplaît dans le fonctionnement des assos IEF nationales (je suis membre du CA de l’association ——- ); je suis preneur des remarques, idées, désaccords…

PSR – Que vous souhaitez savoir?

X- Plus précisément ce que vous rejetez dans les assos IEF, sur quelle base vous généralisez  des attitudes que j’ai en effet connues chez certaines personnes pratiquant l’IEF mais pas toutes, loin de là, et vous devez certainement savoir que ceux qui parlent le plus fort dans les forums et/ou listes de discussions ne sont pas représentatifs de la majorité et je me répète prennent des postures.. (vos généralisations portent sur combien de rencontres collectives, combien de rencontres persos…)

PSR- Et pourquoi vous ne feriez pas une réponse officielle et argumentée au nom de (votre association)  à 4 objections de ma part, publiées dans vos revues, histoire d’ouvrir un “vrai débat” sur la question délicate des limites de notre liberté dans la cadre de la loi et du recrutement (problématique) des associations. Cette réponse officielle montrerait que (votre association) ne pratique pas le double langage ou le silence, comme d’autres le font…  Entendons nous bien, je ne suis pas pour “l’instruction scolaire”, mais pour “l’instruction”, ce qui veut dire que dans les programmes, j’en prends, j’en laisse et j’adapte, mais “j’enseigne”. Si des parents veulent déscolariser (ce que je fais), mais en refusant d’instruire, qu’ils le fassent, mais pas sous l’appellation “instruction en famille” (expression qu’eux-mêmes rejettent, tout en se déclarant auprès de l’EN en tant que parents qui instruisent). Qu’ils se déclarent sous l’appellation “Insoumis à la scolarité obligatoire” (ou objecteurs de conscience): ce serait un acte de courage… et l’IEF gagnerait en crédibilité.

1/ je considère que les associations (comme l’écrit Sylvie MARTIN RODRIGUEZ), ont trop flatté l’EN et aujourd’hui, elles réagissent trop tard.

2/ la raison pour laquelle elles l’ont fait, tient au fait que ces associations servent de couverture à l’unscooling et aux pratiques nonsco

3/ L’unscooling  et consorts n’ont pas leur place en IEF, car ces pratiques refusent l’instruction et l’enseignement.

4/ compte tenu de la forte présence de pratiques nonsco, unscooling, etc, en IEF, nous ne sommes plus crédibles dans un monde où l’école est dominante et où nous avons déjà beaucoup de mal à faire reconnaître “l’instruction” en famille. Dès lors que les associations acceptent en l’IEF des composantes contradictoires et dont certaines sont illégales, elles mènent l’IEF à sa perte.

 X- Pour être franc avec vous, je ne vois pas trop pourquoi (notre association) vous ferait une réponse officielle; ça voudrait dire que chaque fois qu’une critique est émise, l’assos devrait faire une réponse officielle…. Il faut beaucoup de temps et d’énergie pour faire cela et il n’y a pas forcément des volontaires pour le faire. Je vais vous répondre brièvement sur les 4 points.

 1/ J’essaie dans la mesure du possible de mesurer le rapport de forces et d’adapter ma réponse et mon attitude à ce rapport de force; par exemple quand je suis sollicité par des familles pour des conseils relatifs aux contrôles pédagogique, je précise toujours à la famille qu’elle doit adopter une attitude en cohérence avec sa façon de penser, de réagir, de gèrer le conflit. Bref je n’envoie pas la famille au carton. Vous pouvez considérer que c’est flatter l’EN (pas d’opposition systématique, mais on essaie d’avancer à petit pas), je considère que c’est faire preuve d’intelligence. De la même manière,  pour (l’intervention )des assos, soit on braille et on s’oppose à tout,  soit on essaie de négocier en fonction du rapport de force…

2/ Je crois vraiment que pour écrire des choses comme celles là,  vous n’avez eu qu’un son de cloche dans l’IEF – beaucoup de familles se réclament du unschooling, très peu le font vraiment et les associations à des degrés divers n’encouragent pas le unschooling par rapport à d’autres manière de faire l’IEF. Par exemple dans les fondatrices de LAIA, de CISE, je ne connais personne qui fait du unschooling, et pour LED’A ce n’est pas la majorité loin de là. Par exemple,  le magazine des Plumes de LAIA , vous verrez qu’il y a très peu de choses sur l’unschooling, pareil pour le journal de CISE. Le bulletin de LED’A est probablement plus orienté… sachant que beaucoup de familles adhèrent aux 3 associations. Vous avez été visiblement en contact avec des familles qui disent pratiquer l’unschooling, mais un unscholing particulier. En tout cas (ce n’est) pas l’unschooling des pays anglo-saxons à l’origine de ce mouvement:  pour ces personnes, l’unschooling c’est le laisser faire, ne rien proposer… L’unschooling pratiqué dans  les pays anglosaxons  (tel que je le comprends) demande un investissement énorme des parents. Pour schématiser, il faut toujours être à l’affût des demandes, des questions de l’enfant pour embrayer, pour anticiper, pour proposer des choses – c’est bien plus contraignant que de suivre un programme précis de façon régulière et minutée… je ne veux pas faire la promotion du unschooling, mais simplement vous donner une définition différente de celle avec laquelle vous avez été en contact .

3/ L’unschooling est une des façons de faire en IEF, parmi d’autres.

4/ Qu’entendez-vous par “pratiques illégales” ? (Quand vous dites qu’elles mènent l’IEF à sa perte)  je  ne suis pas d’accord.

PSR -  Pour commencer, vous écrivez : “beaucoup de familles se réclament du unscooling”… c’est aussi mon point de vue .  (Vous ajoutez ) qu’elles ne le pratiquent pas. Je ne peux pas le vérifier, mais qu’elles s’en réclament, je l’ai constaté : du coup l’image de l’IEF est très “connotée unscooling” ( américain ou francisé, cela ne change pas grand chose)…

X – Pas d’accord, ça change beaucoup de choses, vous semblez considérer qu’il ne peut pas y avoir “d’instruction” (dans une pratique)  unschooling… sur quoi se base ce postulat ? Si c’est juste sur (la base) de quelques rencontres de personnes qui disent faire du unschooling sans le faire (en fait ces personnes ne proposent rien, ne font rien), c’est dommage…

(PSR)  Deuxième point, vous écrivez que “les associations n’encouragent pas cette pratique  par rapport à d’autres manières de faire”, c’est un argument qui apporte de l’eau à mon moulin : pour moi, le discours de (votre association) est très tolérant vis à vis du unscooling, rappelant quelques limites, mais en mettant en valeur leurs arguments (le respect de l’enfant…). J’ai analysé plusieurs textes (dont un de LAIA qui est parlant) dans mon blog et j’avais démontré cette position (de complaisance). Quand vous écrivez que vous n’encouragez pas, tout en précisant “par rapport” à d’autres modes , ça revient à dire que vous “admettez” (cette pratique).

X- Oui,  car l’IEF ne se fait pas d’une seule façon et permet une certaine liberté, pourquoi alors devrions-nous dire (dans l’) association: “ça c’est du bon IEF, ça c’est du mauvais…”, ça n’empêche pas les familles de devoir prendre leurs responsabilités – un exemple: l’assos est saisie d’un cas, suite à problème lors d’un contrôle: on essaie d’en savoir plus sur le contexte… on répond parfois qu’on ne fera pas de courrier, ou alors (on fera) un courrier précisant la loi et seulement la loi.  

(PSR) 3/ Autre point : vous écrivez  “les différentes composantes n’entreront en rien dans cette non-reconnaissance”. Votre position est clairement exprimée dans cette phrase: pour vous, en tant qu’association,  le unscooling est donc “une composante” de l’IEF. Partant de cette prise de position, vous confirmez ce que je dénonce (et ce contre quoi je mène une action) .

X- Oui, …  Quelle est (alors) votre définition de l’IEF ? A quoi voulez-vous la réduire ? Quand commence le unschooling pour vous ? Bref que proposez-vous à part écarter le unschooling ?

PSR – (Je vais répondre sur le blog à cette question). Reste à savoir quelle incidence a cette présence illégale (mais très bien tolérée, “sans être encouragée”) dans les rapports avec l’EN, et la Miviludes, etc.  Dès lors que vous “acceptez” le unscooling dans son principe, je pense que vous n’êtes plus en mesure de vous battre contre les abus et les agressions de l’EN (confère l’article commun aux assos :  ”état des lieux”) parce que vous héberger dans vos composantes une pratique qui n’est pas légale.

X- Faux, la seule obligation légale inscrite dans la loi française, est qu’un enfant en fin de période d’instruction maîtrise le socle commun de compétences – il n ‘y a rien concernant les modalités (de la mise en oeuvre de l’IEF) pour arriver à cela.

PSR – Certes la question essentielle, c’est de savoir objectivement “qui fait quoi, et quel est le poids du nonsco-unscooling dans l’IEF” ? Comme la transparence n’est pas de rigueur dans les associations IEF, faudrait-il alors aller voir de près dans les familles (faire comme l’EN, enquêter, fliquer?) ? C’est difficile à apprécier  : seule l’EN est bien placée pour le faire, si toutefois elle était honnête !

X – En faisant des rencontres (IEF) , en discutant, on sait combien de personnes font du unschooling et je vous assure qu’il y en a très peu… bien qu’il semble y en avoir plus, si on se fie aux forums par exemple.  L’EN (elle même) n’en a aucune idée . (Il faudrait venir à une ) rencontre IEF où il nous arrive de jouer aux cartes mais où nous sommes plutôt là pour parler d’IEF, échanger sur l’IEF…

PSR – Je ne crois pas que le fait de discuter, sur le coin de la table, dans une réunion dont je ne connais pas le motif (rencontre-camping) mérite que je fasse tant de kilomètres, au risque de rencontrer des gens qui ne sont pas concernés par mes arguments. Ce qui est le cas de la plupart des familles qui fuient la polémique.  

 (….) Vous dites que cet échange de mail a sa limite (la disponibilité des membres des bureaux des associations). Il ne s’agit pas de répondre toutes les 5mn à Pierre, Paul, ou Jacques, je le comprends. Cependant  le texte intitulé “état des lieux”, texte commun aux 3 associations, rédigé en 2010 par un membre de LAIA,  fait le constat d’une situation difficile, d’un climat de tensions permanentes et appelle une réponse. C’est vous qui écrivez que la situation est difficile, alarmante, c’est donc un bilan étayé par une collecte d’infos et ce bilan mérite réflexion. 

J’ai suivi pendant quelques années la politique de “négociation”, non pas celle au cas par cas, sous forme de conseils donnés aux familles, mais celle qui concerne les rapports que les associations entretiennent avec le ministère de l’EN: la politique “de la pédale douce”, une sorte de négociation molle, a donné ce genre de résultat, mais comment voulez-vous taper sur la table en réclamant nos droits, alors qu’aujourd’hui tout ce qu’on voit de l’IEF, sa visibilité, c’est du unscooling !

X- C’est tout ce que “VOUS” voyez ! Je vous le répète:  regardez les publications des associations, (….). Vous écrivez “des pratiques qui placent l’IEF en position illégale”! C’est faux, la seule obligation légale dans la loi française est qu’un enfant en fin de période d’instruction maîtrise le socle commun de compétences.  Après vous considérez, si je vous comprends bien, que le unschooling n’est pas de l’instruction… c’est votre vision, pas la vision de tout le monde et je me répète, il y a plusieurs façons de faire du unschooling.

PSR – Vous dites que les blogs unscooling ce ne sont que des vitrines, que la réalité de l’IEF n’est pas celle-là, je l’admettrais quand les publications des associations seront sans ambiguïté. Quand il sera clairement déclaré que les familles qui pratiquent le unscooling sont en contradiction avec la loi” et qu’elles ne peuvent pas être accueillies dans les associations qui représentent des parents en IEF (ceux qui respectent la loi). En un mot quand ces associations refuseront de représenter des familles qui pratiquent le unscooling et qu’elles réaffirmeront que les parents sont tenus “d’enseigner”. Là seulement, on pourra envisager d’aller au conflit avec l’EN et d’obtenir un statut qui pourrait être celui des établissements hors contrat, avec un socle de connaissances à acquérir et pourquoi pas sous forme d’un contrôle des acquisitions à échéances (avant 16 ans): ce sera alors le prix de la reconnaissance et de la tranquillité.

X- (Concernant le soutien des associations au unscooling), c’est faux. Lisez les publications des associations (Plumes de LAIA, journal de CISE) et vous verrez le peu d’écrits (sur le unschooling). Il est (également) faux de dire que l’unscooling « est en contradiction avec la loi » (…) On peut instruire son enfant en faisant du unschooling. (Que l’unscooling soit) “une des composantes de l’IEF” oui, (c’est vrai), même si je ne suis pas d’accord avec la façon dont certaines familles pratiquent le unschooling,  mais il y a tellement de façons différentes de faire, que je me vois mal imposer une manière de faire l’instruction en famille.

D’où ma question, que proposez-vous ? Je n’ai pas compris ce que vous proposez de faire: un programme prédéfini à l’avance avec des acquisitions à acquérir chaque année ? Dites m’en plus que je comprenne, car j’ai compris que vous souhaitez écarter le unschooling mais que proposez-vous ?

PSR – Vous reconnaissez la place du unscooling au sein de l’IEF (en tant que membre engagé de l’association —–) et par conséquent vous vous placez hors la loi. Sans « encouragez » dites-vous, vous “cautionnez”, ce qui donne le bâton à l’EN pour nous taper dessus. Cette attitude a pour conséquence de mettre tout l’IEF dans le même panier. Je suis alors exposé au même titre que tout un chacun aux emmerdements qui font suite à une situation qui n’est pas “clean” . Pour moi les associations (2 au moins) sont compromises dans le unscooling et j’entends le dire et l’écrire.

X- Je vous le répète, lisez les publications de (—–), vous verrez qu’il n’y a aucune compromission. (Vos “emmerdements” ne sont pas dus) aux pratiques unschooling, mais c’est tout simplement la conséquence de la place écrasante accordée à l’école dans notre société, tout simplement .  Croyez-vous vraiment que l’IEF pourrait être reconnue, compte tenu de la place écrasante de l’école dans notre société ?  Les inspecteurs vous ont-ils dit que vous aviez des emmerdements parce que vous faites du unschooling - ou vous emmerdent-ils plutôt parce que votre (ou vos) enfant(s) ne vont pas à l’école, tout simplement ? Depuis 5 ans, je lis beaucoup de récits de contrôles, je discute beaucoup à ce sujet et je penche nettement pour la 2ème alternative. (…)  Pour avoir été au ministère de l’éducation nationale deux fois, comme un des représentants des assos nationales et pour (…) avoir côtoyé tout ma jeunesse le milieu des enseignants, je pense que et le commun des mortels et le milieu enseignant (et éducatif ) ne font aucune différence entre les composantes de l’IEF (de l’école à la maison à l’unschooling). Faire reconnaître l’instruction en famille, c’est déjà faire envisager aux gens en général qu’on puisse apprendre sans aller à l’école…  et les différentes composantes de l’IEF n’entreront en rien dans cette reconnaissance.

PSR- Si vous avez lu mon blog, vous devriez savoir que j’étais enseignant. Votre complaisance (car pour moi, c’en est) a quand même sa raison d’être. Personnellement, je ne mange pas à la table du unscooling et c’est à eux de prendre leurs responsabilités (effectivement) : ils n’ont qu’à se déclarer en tant “qu’objecteurs de connaissance et de conscience” (note: au lieu de prétendre que le unscooling est une forme d’apprentissage naturel) ! 

Que l’EN et les opposants à l’IEF disent que « le chien à la gale », c’est une stratégie connue, mais cela fonctionne d’autant mieux lorsque le chien est véritablement galeux : or la gale est dans l’association (c’est une métaphore). Tant que le chien portera la gale, il suscitera la méfiance et les critiques fondées .

X- Je répète encore, pour l’EN le chien « a la gale » parce qu’il ne va pas à l’école, et non pas parce qu’il fait du unschooling ! 

PSR – D’autre part, votre raisonnement s’appuie sur l’idée que la négociation doit se faire avec l’EN, c’est aussi une des principales erreurs stratégiques : il faut s’adresser au gouvernement, aux médias, aux députés, il faut se montrer au grand jour et sans la gale . Par ailleurs, il faut mépriser le ministère de l’EN:  ce sont des exécutants et des concurrents. Ils sont hostiles et rien ne changera de ce côté.

X – Oui, mais rapport de force oblige.  On s’est mal compris: pour nous l’EN existe.  L’EN est l’interlocuteur légal auquel nous avons à faire (affaire) , c’est un fait et il ne sert à rien pour moi de faire comme si elle  n’existait pas, mais sachez que dans les assos, on va voir des députés (j’y suis allé pas plus tard qu’il y a 15 jours concernant une proposition de loi visant à rendre l’école obligatoire) et certaines familles sont filmés lors de reportages à la télé, à la radio .

 

 2/ Réflexion sur ce dialogue

 Quel enseignement tirer de cet échange ?  D’une part que ce membre d’une association défend sa position avec conviction,  accordons lui cela. Par contre, il y a beaucoup de choses qu’il soutient qui  s’inscrivent dans une forme de mensonge entretenu par les directions de toutes les associations.

 La négociation avec l’EN, l’alibi des représentants d’association

 L’EN n’est pas le législateur et si l’application de la loi peut la concerner, elle ne la concerne que dans la mesure où elle doit en respecter le contenu: je constate une position très légaliste de la part de ce représentant de l’IEF (pour simplifier, je vais l’appeler “représentant associatif ” (abréviation RA) des parents en IEF .  Les RA de l’IEF établissent une négociation permanente avec l’EN – mais pourquoi faire ? Je vous le demande, puisque rien ne change – et pour quel motif? Pour abus de la part de l’EN ou abus de la part de certaines familles? Ou abus des deux?  

La seule chose qui change depuis qu’ils négocient en vain, c’est un projet de circulaire qui va sortir et pour laquelle les Représentants Associatifs ne savent rien, (à moins qu’ils ne disent pas ce qu’ils savent) !  Les circulaires, on s’en fout, ce qui compte c’est la loi. Et la loi pour l’instant est supportable;  elle est même sans doute trop laxiste puisqu’elle permet aux gens qui pratiquent le unschooling le plus délirant  de s’opposer à l’EN et de prétendre lui imposer des pratiques aventureuses .  Par contre la circulaire est abusive, mais c’est le seul moyen efficace dont dispose l’EN pour mettre la pression sur certaines familles (pour des motifs qui ne sont pas toujours abusifs) .

Le discours des « RA » est toujours le même, quelque soit l’association présumée IEF : « on négocie, on ne braille pas,  on n’insulte pas » : on fait preuve « d’intelligence » ! C’est au nom de l’intelligence (que les RA s’accordent à eux-mêmes), qu’ils entretiennent des relations conviviales avec l’EN, notre adversaire, qui en contre partie, s’efforce de faire subir aux parents (au nom de la connerie sans doute), des agressions… Ce n’est cependant pas toujours le cas : j’ai personnellement connu un inspecteur respectueux des parents, mais j’ai aussi connu deux tordues qui venaient pratiquer leurs contrôles avec des intentions belliqueuses.

La banalisation du unschooling

Je constate que le Représentant Associatif (RA) de l’association X (qu’il ne représente pas puisque celle-ci n’a pas le temps de répondre) soutient plusieurs affirmations pour le moins surprenantes et paradoxales, sinon illogiques

 1/ Il prétend que les familles qui pratiquent l’unschooling sont en nombre limité au sein de l’IEF. Surprenant ! Incroyable !

 2/ Il prétend que les familles qui déclarent pratiquer le unschooling (si peu nombreuses soit-elles), ne le font pas réellement  – et si elles le font, il ne s’agit pas pour autant du modèle anglo-saxon :  c’est du unscoolingue à la française (ça me fait une belle jambe !). Sont-ce alors donc des comédiens, des farceurs, qui auraient juste des « envies », des fantasmes de liberté, mais sans oser faire de réels « passages à l’acte »,  comme aurait dit Catherine Baker (qui a fréquenté les psy avec beaucoup de lucidité) !

 Ces deux affirmations suffisent à me convaincre que le RA qui s’exprime ici en son nom propre, s’exprime aussi au nom des associations, puisqu’il utilise leur discours habituel. Il banalise l’importance du unscoolingue en IEF, alors même que les blogs démontrent avec force l’attraction qu’exerce cette idéologie au sein de ce que l’on appelle sans doute à tort “l’IEF” : c’est une caractéristique des associations que de « surfer » en permanence sur la ligne de séparation entre légalité et illégalité. Les parents unschooling exhibent leur désir de transgression de la loi tandis que les associations « couvrent » ces débordements par un discours lénifiant qui vise à rassurer, à inscrire ces pratiques dans une fausse légalité (les associations vont même jusqu’à rappeler la loi à l’EN, mais pas aux parents !)

 Je pense que les RA sont des illusionnistes ! Où alors les parents en unschooling qui s’exhibent sur des blogs publicitaires, sont de fieffés menteurs ou manipulateurs. Qui manipule ? Notre RA admet que le unschooling occupe la façade sur le net ; est-ce un début de vérité? Pourquoi cette occupation ? Et pourquoi les laisser faire en les laissant parler au nom de l’IEF ? Pourquoi les laisser donner cette image sulfureuse de l’IEF-hors la loi quand on est soi-même un RA “intelligent” qui évite de se mettre en tort. Cette contradiction entre prudence d’un côté et exhibitionnisme provocateur de l’autre, accuse l’IEF de tenir un double langage. Il y a le bon (le RA) et le voyou (le parent unschooling) et à tour de rôle, ils apparaissent et disparaissent sur la scène. Trois petits tours et puis s’en vont.

 Les mauvaises raisons pour donner au unscooling un caractère légal.

 Voici la liste des arguments présentés par notre RA, arguments qui prétendent légaliser la présence du unschooling en IEF , en tant que « composante » de celle-ci.

1/ Les associations IEF sont un espace de liberté, affirme le RA… 

la liberté et la diversité vont de pair. Réduire la “diversité” (comme je veux le faire) serait alors une atteinte à la liberté ?  Ce discours faussement libertaire,  c’est le discours du faussaire qui veut faire entrer la fausse monnaie dans le compte de l’association au nom de l’ouverture.  Etre une association IEF, c’est un engagement moral. On s’engage à promouvoir “l’instruction en famille”, pas la “crétinisation en famille”, pas non plus “l’inculture en famille” , ni la négligence éducative. Je parle sur le principe, car la réalité des pratiques est insondable, mais le discours lui, est évaluable et j’évalue ce discours pour ce qu’il est : un discours de faussaire. Au nom de la liberté, on peut tout accueillir, et  finalement que devient l’IEF? un rassemblement de parents qui mettent les enfants sur un piédestal et qui déscolarisent pour faire n’importe quoi,  puisque tout est permis au nom de la diversité et de la liberté, le bien et le moins bien. Pour parler un langage qui n’est pas celui de la démagogie, le “bien” ne vaut pas le “moins bien”, ni le “pire”.  la démagogie c’est de dire que tout est crédible, au nom de la diversité et de la liberté – et pourquoi pas de la tolérance  pour être complet dans l’usage les arguments démago et faux-cul.

Tout n’est pas équivalent, il y a le bon et il y a même le mauvais, en effet. Et quels sont alors les critères qui fondent cette échelle de valeur?  C’est très simple, l’IEF implique l’enseignement, l’unscooling implique le refus de tout enseignement. Celui qui enseigne à ses enfants au moins les bases de l’instruction conformément à la loi est un bon,  celui qui refuse d’enseigner est un danger pour l’enfant. Tout est dit, cessons de tourner autour du pot à merde. Il ne s’agit pas de juger qui est Paul ou qui est Jacqueline, il s’agit de fixer des limites claires entre instruire et refuser d’instruire.  Ensuite c’est l’EN qui vérifie que ces limites  sont respectées. Mais quand une association  tient elle-même un discours ambigu qui fait penser que l’enseignement  n’est pas la voie de l’IEF et que l’unscooling est la bonne voie, parce que l’enfant s’y épanouit, parce qu’il apprend aussi bien qu’à l’école, parce qu’il développe mieux ses facultés, parce que d’autre part, enseigner est un acte contre nature, contre productif (ça aussi je l’entends),  il faut démontrer toutes ces assertions et d’autre part, il faut annoncer la couleur et remplacer “association IEF” par “association de promotion de l’unscoolingue, comme bilingue,  version américano-française”.

2/ les associations IEF ne pratiquent pas la ségrégation, affirme le RA… 

Si les associations veulent être un espace de rencontre entre les familles, c’est parfait, qu’on se rencontre, qu’on joue, qu’on échange, qu’on s’amuse, qu’on voyage avec sa tente, son camping car ou sa yourte. Par contre dès lors que ces associations  prétendent “représenter” légitimement l’IEF, elles se doivent d’être porte-parole de parents qui sont réellement engagés dans des pratiques compatibles avec l’IEF et la loi. Laquelle des ces 3 associations a ce souci? A coup sûr deux ne l’ont pas.   Deux associations accueillent sans distinction les familles qui pratiquent « l’école à la maison » et celles qui pratiquent « le unscooling ». Pas de ségrégation entre les bons parents, les irresponsables  ou les parents à risque (le risque étant de priver l’enfant d’instruction). Tout le monde a droit à “sa place”. Le panel des parents va de l’IEF à l’unscooling et tous ont le même crédit, le même droit d’expression,  ! C’est pratique. avec l’argument du refus de la ségrégation, tout devient possible.  L’IEF est donc une sorte de “Club mad” plutôt que Club med

3/ L’unschooling-unscoolingue est compatible avec la loi (donc légal), affirme le RA…

N’étant pas à court de  ressource, notre RA qui s’avère être un brillant avocat, utilise ensuite l’argument de la légalité, mais c’est moins convainquant (selon qu’on a un peu de morale, ou pas du tout). Cela donne ceci :  pourquoi isoler l’unscooling, puisque  de toute façon  la loi autorise « tout », elle ne fixe aucune modalité, aucune exigence d’acquisition, aucun niveau ? Elle n’exige un niveau (assez flou, voire très flou) qu’au terme de la scolarité (à 16 ans).  Donc, avant 16 ans, on est libre de faire ce que l’on veut, y compris de ne rien enseigner. Catherine Baker, nous suivons ta trace!

 Hé bien voilà un argument qui rend l’unscooling légal et voilà pourquoi les associations laissent les parents aller au charbon (tu fais ton unscooling, mais tu te démerdes avec les inquisiteurs). La loi  donne aux parents une énorme liberté, mais le jour du contrôle, l’EN fait l’inventaire: le droit est alors contesté, pressions, menaces, ça chauffe. Le jour du contrôle, l’EN va tirer à vue sur des parents qui refusent visiblement d’enseigner (pas de traces, pas d’écrits) , mais la loi reprend le dessus en justice (quand il y a sommation et injonction de scolariser). A ce petit jeu de contournement de l’esprit de la loi, l’IEF va perdre la bataille, car les contrôleurs vont passer le relais à la Miviludes qui va nous concocter une petite loi de renforcement du contrôle de l’obligation scolaire et je leur conseillerais de mettre sur la liste de leurs sectes, les familles unscooling.

4/ l’unschooling est (peut-être?) un moyen (comme un autre) d’apprendre quelque chose,

 Autre point qui mérite notre attention : Le RA déclare (avec prudence) « qu’on peut instruire son enfant  en faisant le unscooling ». Un parent IEF fait cette remarque pertinente : Qu’appelle-t-il instruire ?» Et pourquoi  écrit-il   ”on peut instruire” et non pas “on instruit” ?

5/ L’unschooling (made in USA)  n’est pas  l’unscoolingue  (made in France)

 Autre argument de poids:  le unscoolingue français n’est pas l’unschooling anglais – alors quelle est la différence ? Notre RA brouille-t-il les cartes ?  Pourtant les parents qui le pratiquent ne manquent pas de proclamer la fin de l’enseignement, la liberté pour l’enfant d’apprendre selon sa curiosité, en dehors de tout programme, dans la vie, etc et de recommander la lecture de John HOLT, le chef spirituel de la communauté unschooling.

6/ L’unscoolingue, c’est du boulot, comme dirait  Sarko !

 Autre argument : je crois que c’est là la grande différence entre l’unschooling (version USA) qui serait une forme de culture acquise par la télé pendant que les parents vaquent à leurs activités, tandis que l’unscoolingue (version française) exigerait beaucoup d’efforts de la part des parents, et certainement plus d’efforts que de suivre passivement un enseignement fléché, minuté  et banal (c’est à dire préparé, mâché, qui suivrait l’itinéraire prévu par l’EN).  En un mot, le unscoolingue, c’est la Cadillac de la pédagogie, réservé à des parents doués, attentifs, besogneux, car disponibles à 100% de leur temps pour l’accompagnement de l’enfant dans sa conquête du monde ! Sans vouloir prendre le RA en défaut, ces parents seraient (paraît-il) « à l’affût » des questions – ce qui fait de l’enfant un gibier… Ils vont même jusqu’à anticiper ses questions, ce qui donne à l’unscooling un caractère oppressant. En deux mots, l’unscooling, loin d’être de tout repos, serait un surcroît de travail ! Hé bien voilà un scoop. Est-ce que ce discours ne serait pas un hommage au génie français ?

7/ Jouons à “L’EN  a dit que  unscoolingue et IEF, c’est la même galère!”

 Dernier point : Selon le RA, l’EN ne ferait pas la différence entre les différentes « composantes » de l’IEF, elle mettrait tout le monde dans le même sac, le homeschooling au même titre que le unschooling.  Pourquoi faire des différences qui n’ont pas lieu d’être,  quand l’EN fait de nous des égaux en termes d’incompétence et nous met dans la même galère?

Cet argument m’est particulièrement indigeste : je le trouve malsain, exécrable, insultant. Et pourquoi ne pas dire que l’IEF est à mettre dans le même sac que les sectes , puisque selon le RA – qui je le souligne est un ambassadeur des parents IEF – nous sommes « ce que l’EN décrète que nous sommes.»  J’apprends quelquechose: ceux qui revendiquent la liberté n’existent que par la reconnaissance de leur tuteurs et contrôleurs?  Cher RA, je me permets de dire que j’emmerde ceux qui prétendent me définir comme étant à mettre dans le même sac que les sectes, que les unschooling/unscoolingues, les dingues, les marginaux et les insoumis. Personnellement, je respecte les insoumis, mais je tiens à ce que l’acte d’insoumission soit un acte clair et courageux de la part de ceux qui le font, pas une stratégie de camoufflage qui utilise l’IEF pour faire sa place au soleil. Que les associations soient noyautées, infiltrées  par des mouvements qui ne relèvent pas de l’IEF est le constat que je fais aujourd’hui: je pense que des sites de LED’A (notamment) témoignent de fortes orientations unschooling . Je peux donc dire que si j’ai rompu avec les associations IEF, c’est parce que cette ambiguïté me paraissait inacceptable. Autant dire que les porte-parole auto-proclamés de l’IEF sont des manipulateurs qui propagent l’unchooling sous couvert de défense de l’IEF.

 La politique associative (toutes associations confondues)

Pour moi en IEF, il n’y a qu’une seule composante : l’IEF, rien que l’IEF – qui signifie « instruire en famille », donc « enseigner ». Une seule composante, cela évite les discriminations. Tout ce qui n’est pas organisé sur le principe de l’enseignement, n’est pas de l’IEF,  donc “exit”!  Le reste c’est de la récréation, des loisirs, des activités de découverte de la nature, du plein air, de la colonie de vacances à domicile, des jeux, des manipulations d’outillage, de la planche à roulette, du vélo, des activités manuelles, du farniente, de la dolcevita, de la pâtisserie, de l’élevage de lapins, ou de souris, du jardinage, etc. Occasionnellement du calcul et de la lecture, mais abordé de façon purement instinctive!   

L’EN nous mettrait dans le même panier que l’unscooling/nonsco ? Mais c’est un mensonge ! C’est un énorme mensonge ! Ce sont les Porte parole des parents nonsco qui nous amalgament à cette bande de gazou-gazou,  qui utilisent les parents en IEF (homescooling)  comme bouclier, comme couverture, comme camouflage, de telle sorte que l’EN ne sache plus “qui est qui?” Tous ceux qui bouffent à la table du unscooling sont des parents qui s’inscrivent peu ou prou dans cette idéologie. S’il ne le font pas, s’ils gardent leur distance, ils n’ont aucun intérêt à être identifiés par l’EN comme faisant partie de cette chapelle (pour ne pas dire secte). Ils ont tout intérêt au contraire à se démarquer pour préserver leur crédibilité.

Entendons nous bien : je ne cherche pas à juger les parents unscooling, mais à faire la différence entre des choses qui ne sont pas de même nature, pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

 Est-ce que je m’occupe des problèmes des parents qui scolarisent ? Absolument pas. Alors pourquoi voulez-vous me mettre dans le même sac que l’unscooling qui ne me concerne pas davantage. Soit disant parce que l’EN nous met ensemble ?  Je dénonce donc l’escroquerie des associations qui mélangent délibérément IEF et unscooling. S’il fallait que quelqu’un le dise, je suis celui-là.

 Quant à m’inviter pour discuter avec des parents unscooling de nos objectifs communs, je suis désolé, je ne vois aucun motif qui nous rapproche ; je suis pour un enseignement familial, de type non scolaire, je suis pour que l’enfant acquière au moins un socle de connaissance par étapes et avant 16 ans. Je suis pour laisser les parents libres de doser le niveau des apprentissages et les méthodes, d’adapter les rythmes, sous réserve que certains objectifs essentiels soient mis en œuvre (lire écrire, compter, avant la fin du primaire, avec des notions de base en grammaire et en histoire-géographie, sciences de la nature) : des bases solides, sans ambition intellectualiste, sans suivre obligatoirement les programmes scolaires, mais en laissant aux parents la possibilité de les suivre facultativement : en un mot rapprocher l’IEF de l’enseignement hors contrat.

 Quelle Solution ?

 Quelle solution j’envisage ? Tout simplement de faire deux types d’associations : celles qui pratiquent l’IEF et celle qui pratiquent autre chose, que cela s’appelle « unschooling » ou nonsco, ou anarcho-spiritualistes, ou “secte de ceux qui ne veulent pas apprendre”, ou “protecteur de la conscience des enfants contre toutes les violences scolaires”, ou jean-foutres, ou fêtards, ou “club des partisans de l’éducation américaine”.  

 Les associations IEF débarrassée de ces imposteurs ou intrus, conforme à ses objectifs déclarés, pourraient alors faire valoir que les parents en IEF sont dans leurs droits et prieraient fermement l’EN de respecter ce droit. Fermement veut dire « fermement » : les parents campés dans la légalité, n’ayant rien à craindre des contrôles,  ne se laisseraient pas piétiner par l’EN. Ces contrôles  témoigneraient que les enfants apprennent conformément au décret (rien de plus), tout  en tenant compte de légitimes différences de rythmes entre les enfants, et qu’ils progressent de façon régulière dans les apprentissages prévus par la loi, sans être maintenus en état d’attente jusqu’à leurs 16 ans… Je suis persuadé que malgré d’évidentes résistances, l’EN ferait preuve de modération envers ces parents, car  L’EN, ne s’en prend qu’à ceux qui n’enseignent pas. Dans le pire des cas, en cas d’hostilité, l’EN n’a pas les moyens d’agir si les parents, certains que leur pratiques sont conformes, s’opposent à des contrôles abusifs. Je n’ai pas dit que l’EN  apprécie l’IEF, c’est évident. Et comme je l’ai dit, je connais l’EN pour l’avoir fréquentée très longtemps et pour  être considéré comme un renégat, donc pas de cadeau à attendre de leur part!

 En cas d’abus de l’EN, les parents mèneraient de bruyantes et embarrassantes manifestations collectives devant les rectorats, les Inspections académiques, etc, pour faire entendre leur droit ; ils cesseraient de courber le dos ou de chercher à passer inaperçus, confiants dans leurs moyens et dans leurs droits, certains désormais de ne pas être confondus avec des parents sectaires ou des insoumis à l’instruction. Ce qui voudrait dire que ces parents s’organiseraient en groupes, en associations pour se faire entendre et j’en ai même une à proposer : l’association des familles de France qui me semble adaptée à cette catégorie de parents .

Par contre concernant l’autre catégorie (qui se retranche ou non derrière l’appellation unscooling), elle produira d’autres associations et se démerdera avec ses problèmes de contrôles. En aucun cas les deux types d’associations ne seraient mêlées dans des actions communes. Et comme dit notre RA  : ces parents prendraient réellement leurs « responsabilités » et j’ajoute : leur destin en main.

Commentaires des parents:

Commentaire 1/ l’EN ne met pas tout le monde dans le même sac !

“J’ai dû tomber sur un I.A venu d’une autre planète, car à part me dire que l’école à la maison était un choix respectable, il n’a pas eu de discours désagréable, il a été poli, il ne s’est pas pris pour un justicier venu remettre mes enfants à l’école. Par ailleurs, il sait que mon fils sera instruit à la maison également, et n’y a vu aucune objection. Il m’a juste dit qu’il faut que j’évite d’aller trop loin avec ma fille (elle a des notions de multiplication à 6 ans, c’est déjà un peu de trop pour lui).  Il n’est pas contre l’IEF mais contre les parents qui font passer des bricolages pour de l’instruction. Il est donc contre le unschooling, et pour lui les textes de lois sont trop ambigus. (…) Je pense qu’il est faux d’écrire que “le commun des mortels et le milieu enseignant et éducatif ne font aucune différence entre les composantes de l’IEF (de l’école à la maison à l’unschooling)”. Quand je parle à des instituteurs ou aux parents qui scolarisent leurs enfants, ils n’ont rien à redire sur l’instruction de mes enfants. Ils sont en général contre l’informel, pas contre l’instruction à la maison. 

Commentaire 2 /  le prosélytisme IEF:  on accroche les familles pire que chez les témoins de Jéhova

“Je vais vous conter une petite anecdote. Une maman qui souhaite instruire son jeune fils demande de l’aide. Je lui réponds en lui proposant des pistes et des documents pédagogiques niveau maternelle, tout en lui disant que je ne la force pas à faire travailler son gamin, mais pour qu’elle fasse une sorte “d’état des lieux” avec lui. Je n’ai pas de réponse.  Je reviens quelques jours plus tard, et (…) et là, la faune unschooling débarque :

  •  ”Non non, laisse le dessiner et vivre, il a le temps d’apprendre, c’est nocif à son âge !”
  •  ”Laisse le faire selon ses envies, s’il court dans le jardin et qu’il joue aux Playmobil, il s’instruit déjà, il apprend”.
  •  ”Surtout pas de documents pédagogiques ! Tu vas l’écoeurer de l’IEF ! L’IEF est fait pour décompresser, apprendre le temps de vivre !” 

Bien entendu, je n’ai pas tout retenu et je n’ai aucune réponse de la part ce cette maman. Bon sérieusement, je me fiche de ce que cette mère va faire avec son enfant, c’est son problème. Mais qu’on ne dise pas que les associations n’encouragent pas le unschooling puisqu’elles sont les premières à l’employer comme méthode d’instruction, ou à le conseiller fortement.

Par ailleurs, dans ma région, une maman s’est fait lyncher sur la liste de discussion régionale, car elle a osé dire que sa fille était instruite de manière traditionnelle, et que les contrôles ne se passent pas si mal chez elle. “Si tu ne fais pas d’unschooling, autant mettre tes enfants à l’école, si c’est pour jouer à la maitresse avec tes enfants !”

Commentaire 3/ L’Unscooling n’est pas la voie royale de la crétinisation  

“De ceux que j’ai rencontrés,  le unschooling produit au contraire des adultes qui sont des gens ouverts, intelligents, cultivés, curieux, inventifs et confiants dans leur capacité à apprendre tout au long de la vie. (…)   En ce qui me concerne, je suis sortie de l’EN par “la voie royale” avec le diplôme universitaire en poche, complètement dégoûtée de la lecture et de la culture et de l’idée même d’apprendre. J’ai mis plus de 10 ans à retrouver le goût d’apprendre et l’appétit féroce avec lequel je dévorais, petite, tous les ouvrages qui me tombaient sous la main. Et que dire de mes camarades? Dans leur écrasante majorité, l’EN a démontré de façon éclatante les cotés les plus sombres de l’effet pygmalion. Convaincus jusqu’à la moelle d’être des crétins trop stupides pour apprendre quoi que ce soit, ils sont devenus de la main d’oeuvre pas chère et/ou des chômeurs au long cours, tous avides consommateurs… C’est ça le résultat de la formation intellectuelle des citoyens?”

   (article en cours)

Les 10 plus grosses erreurs de Catherine Baker, par PSReuBen !


(En cours)

1ère erreur de  Catherine Baker : “Tout détenteur de savoir représente  potentiellement un danger extrêmement grave  pour l’esprit.”

Baker hait le savoir transmis et les transmetteurs de savoir, autrement dit, elle hait le savoir.  Alors ça,  c’est la plus grosse connerie que cet auteur ait pu sortir. C’est vraiment une profession de foi qui la rapproche d’un crétin auquel la rumeur  attribue un nom germanique et qui  aurait dit ”quand ch’entends le mot Kulture,  che sors mon réfolfer”(Göring ou un autre con, ça change quoi? ) .

Vous allez  me demander pourquoi “les 10 plus grosses erreurs” et pourquoi pas les 9 ou les 20 ? La question est pertinente, mais ma réponse sera brève : “parce que !” C’est ma réponse. D’autre part, je pourrais tout aussi bien développer “Les 10 vérités les plus pertinentes de Catherine Baker”, et cela serait tout aussi intéressant, car pour faire le procès de l’école, elle n’a pas son pareil: elle nous a récité le petit manuel du parfait anarchiste, mais avec des remarques qui sont pointues, littéraires en plus. Sur ce terrain, je la note 10/10.  Par contre concernant sa théorie du vide mental, on pressent que dans son enfance, elle a dû faire de l’anorexie scolaire….  C’est c’est la seule remarque psy que je ferais à son sujet, car bien qu’elle crache sur les psy et la psychologisation de l’école, il me semble qu’elle bouffe  à leur table. Tout compte fait, je vais faire les deux… parce que comme dit Philippe Noiret dans “Coup de torchon”, “d’un côté, tu n’as pas tout à fait tort, mais de l’autre tu n’as pas tout à fait raison non plus.”  

 

D’abord, je constate que Catherine Baker n’a pas d’image visible  (sur le net), elle n’a pas forme humaine, c’est un pur esprit.  Elle ne laissera pas son  image à la Science, elle ne nous laissera que sa pensée qui  pour certains,  n’en est pas moins encombrante. Elle n’a pas d’histoire non plus. La première remarque qui me vient à l’esprit concernant cet auteur dont la pensée est féconde, c’est de constater que l’école ne la mettra jamais au programme du bac et je pense qu’elle a oublié  de signaler ce rejet volontaire de la part des concepteurs des programmes scolaires, un rejet à mettre dans la liste de ses griefs contre la scolarisation  obligatoire : on se tape François René de Chateaubriand, mais on ne lit pas Catherine Baker, dont la pensée est pourtant bien plus libératrice pour les esprits juvéniles.  C’est qu’en effet l’école n’est pas prévue pour être libératrice, elle n’est pas nécessairement prévue pour instruire, mais elle est très certainement prévue pour hiérarchiser la société et faire la répartition des biens symboliques: aux uns elle offre les formations intellectuelles, aux autres les formations scientifiques de haut niveau;  à d’autres l’accès aux professions libérales (depuis l’avocat jusqu’aux emplois de supermarché), à d’autres les compétences techniques, et enfin, les oubliés du tableau d’honneur, ceux qui sont inaptes à l’emploi tel que la société le définit aujourd’hui. L’école les stigmatise de telle sorte qu’ils n’escomptent que des emplois déclassés, de plus en plus rares . 

Catherine Baker (rien à voir avec Catherine Kintzler) n’a pas pris en compte le fait que la corporation des enseignants ambitionne (depuis que les pédagogistes sont entrés dans la forteresse), de mettre chacun à égalité devant le savoir, utopie de gauche, alors que l’humanité est par nature (excusez moi, ce mot m’a échappé) par sa nature, très inégalement dotée du côté des aptitudes à apprendre.  Est-ce que Catherine Baker admet cette inégalité qui tient de la biologie autant que de l’éducation précoce – car n’est pas doué qui veut et l’environnement de l’enfant au cours des trois premières années notamment, est déterminant pour son épanouissement scolaire et intellectuel. Tout n’est pas joué, mais des échecs sont déjà prévisibles  dans les six premières années; ce n’est plus à démontrer. C’est donc l’éducation qui intervient précocement dans cette différence d’aptitude qui va ensuite devenir un facteur de réussite scolaire ou d’échec, et du coup de réussite sociale ou non. L’enfant des banlieues a beaucoup moins de chance de réussir à l’école, signe que l’appartenance sociale est pesante.   

L’école n’apporte pas que la discipline, contrairement à ce qu’écrit Catherine Baker. Elle offre des parcours profitables aux uns et mutilants pour d’autres, elle-même le dit (car il faut bien que certains profitent du système, sinon il ne  fonctionnerait pas). Elle ne change pas les données sociales, elle les confirme, elle-même le dit.  L’école publique est spécifiquement “conçue” pour le peuple et les classes moyennes: c’est du “sur mesure”. Il est donc vrai que dans l’enseignement public, l’éducation prend un caractère “disciplinaire”. L’enfant apprend la soumission à l’autorité, il  intègre une représentation de l’ordre social, on lui inculque un comportement citoyen:  tenir sa place, ne pas bouger, se taire,  entrer dans la compétition .  Elle a quand même eu comme vocation de former des citoyens aptes à raisonner, elle a créé des élites intellectuelles issues majoritairement de la classe moyenne, mais ce n’est plus  la cas .  L’école a eu l’ambition de former des jeunes aux enseignements techniques et professionnels en leur donnant un petit bagage culturel supplémentaire, pour leur éviter une culture professionnelle limitée à l’établi et au rabot.   Cependant le discours de Baker sur le caractère “carcéral” de l’éducation en établissement scolaire, reste calqué sur son combat contre la prison et  me paraît caricatural: l’école tient plus de la caserne que de la prison: l’une et l’autre ne sont pas identiques sauf si on souscrit à l’idéologie selon  laquelle “instruire, donner un enseignement, évaluer, noter, c’est punir”. Si le caractère carcéral est compris au sens de lieu de surveillance et de contrôle, l’école  et la prison participent d’un même principe, mais les buts diffèrent et les moyens aussi.  Baker fait un copié-collé des théories en vogue à l’époque (Michel Foucault).  L’encasernement scolaire , au sens  de confinement  dans un espace clos et d’apprentissage de la discipline (et “des disciplines”), ne prend son sens que dans l’école publique et dans l’école privée de type confessionnel (l’Eglise catholique et l’Armée ont le même sens de la hiérarchie).   Baker a raison de dire que la scolarisation est un “service obligatoire”, surtout depuis que l’armée ne l’est plus, mais ce n’est son seul rôle.  Cependant il existe d’autres “écoles” (qui ne sont pas “parallèles”),  des établissements privées de haut niveau  où l’enseignement et la Culture  ne signifient pas enfermement, discipline  et normalisation. Je pense que les classes dominantes n’éduquent pas les futurs cadres, les fils et filles de la grande bourgeoisie dans le sens de la soumission . Elles ne les éduquent pas non plus dans le sens de l’inculture !  Les programmes doivent au contraire être assez copieux. Certains aspects du livre “Insoumission à l’école obligatoire” méritent donc rectification.  

L’Amalgame entre l’instruction, la culture et l’école amène à des conclusions erronées: il faut séparer ce qui relève de l’école (où de l’enseignement en famille) de ce qui procède d’une démarche personnelle d’apprentissage (tout au long de la vie). Baker, refuse toute distinction, tout enseignement sur le principe de l’égalité entre l’adulte et l’enfant. Pour elle le Savoir impliquerait une hiérarchie entre le sujet qui sait et le non-sujet non-sachant. C’est là qu’il convient de pointer l’erreur: l’enfant “qui ne sait pas encore” désire savoir, désire accéder au statut “d’adulte sachant”, il est sujet.  C’est là le sens de la transmission que Baker feint d’ignorer, elle qui n’a rien à transmettre à sa “progéniture”, comme elle l’appelle, bien qu’elle l’appelle aussi son”amour”.

Réfutant l’idée que l’enfant est dans une position d’immaturité, elle estime qu’il en sait autant que l’adulte. ce genre de décret qui relève d’un aveuglement intellectuel,  qui relève de l’obscurantisme le plus radical, nourrit la pratique du unscooling

La résistance contre la Culture dominante est une des caractéristiques des dominés: soit ils s’opposent à celle-ci en raison de son caractère arbitraire et de son élitisme, soit ils tentent de faire valoir une contre culture (celles des corporations de métiers: compagnonnage, etc). La Nonsco apparaît donc un comportement de “dominés”, comme une opposition à la culture dominante, opposition qui se nourrit de contre cultures “naturelles”, parfois mêlées de convictions religieuses (qui voient dans la nature l’oeuvre de Dieu : apprendre la vie, c’est alors se rapprocher de Dieu) .  

Les sites des associations  et des parents en IEF font beaucoup référence aux ouvrages de Catherine Baker, pour apporter une justification théorique aux pratiques de unscooling  à l’américaine. Catherine Baker est donc l’alibi qui ramène l’humanité vers sa décadence ou – autre point de vue – qui remet en cause le modèle de formation de l’enfant en devenir adulte, dans lequel l’école prend la part essentielle, au détriment de la famille. Etait-ce le projet de celle qui parlait à sa fille en public, faute de pouvoir lui parler en privé? Le rejet radical de toute forme d’éducation ne saurait se justifier par le bilan d’une analyse critique et politique de l’école et de sa finalité perfide . L’école est politique mais certains parents qui scolarisent leurs enfants font un choix politique: ils misent sur une probabilité de réussite scolaire pour leurs enfants, gage de réussite sociale. Ceux qui déscolarisent peuvent agir de même en évaluant le risque pour leur enfant d’une scolarité  ratée: pour briser la mécanique qui menace leur enfant, ils assurent eux-mêmes son instruction. C’est tout le problème de l’antagonisme ou de la complicité entre l’Etat et les familles: l’Etat travaille pour les unes et  ”élimine les plus faibles”.  

Nous sommes dans une société où le Savoir est un gâteau qui ne se distribue pas de façon égalitaire. Mais le Savoir qui se complexifie de plus en plus, n’est plus accessible dans sa totalité à l’enfant. Aujourd’hui, chacun ne peut disposer que d’une culture partielle.  la Culture générale  donc être redéfinie par rapport à ce constat: est-ce qu’un bac aujourd’hui, est signe de Culture?  D’autre part la Culture n’est pas la propriété de l’Etat. Certes l’Etat voudrait bien en être le gestionnaire : il voudrait la définir et la formater pour ceux qui en sont destinataires (80% ?),  il voudrait surtout l’enfermer dans un projet politique. Cette culture là n’est pas la Culture. C’est un formatage mental et une accumulation de savoir qui répondent à la demande économique. La Culture  est émancipatrice, elle ne se laisse pas enfermer dans le dogme de l’Etat libéral. La Culture est un bien de l’humanité, elle est collective, elle est critique et n’admet pas d’être étatisée. C’est aux parents, quels qu’ils soient, de faire en sorte que leurs enfants puissent trouver la voie de l’instruction et de la Culture, tout en sachant, qu’ils ne pourront pas en faire le tour.

Mais tous les enfants et toutes les familles ne sont pas motivés pour la formation de l’esprit, car apprendre, s’instruire, réfléchir sur des idées,  ne sont pas  des dispositions naturelles, c’est presque “contre nature”.  L’humanité n’est ni “naturellement” portée vers l’abstraction et la connaissance, ni  portée vers la curiosité : l’humanité est prioritairement portée vers des connaissances utiles. C’est ainsi que l’outillage et les technologies se développent. L’humanité apprend plus par nécessité, par besoin, que par désir, sauf dans le domaine du jeu, des activités ludiques : dans ces domaines l’effort de réflexion (le jeu d’échec) est dénuée de motivation utilitaire et peut conduire à apprendre.  Le désir d’apprendre  sans motivation préalable, sans besoin, est  une disposition socialement développée; c’est généralement le fruit d’une éducation qui en crée le besoin.  Par contre l’humanité développe d’étranges aptitudes ludiques (faire de la navigation de loisir, fabriquer des engins qui atteignent des vitesses très élevées) : dans ce domaine, connaissance et jeu sont interdépendants. Ces activités en marge de la culture académique (littéraire, artistique) remettent en question l’échelle des valeurs:  de nouvelles cultures  se développent (la musique techno, le rock, le cinéma, etc) . Aujourd’hui, avec le développement de la télé, des médias, d’autres cultures s’affirment contre la culture imposée par le modèle scolaire: Chateaubriand n’intéresse plus grand monde, tandis que le cinéma s’impose comme une dimension de la Culture contemporaine, que l’école elle-même tente de faire rentrer dans son catalogue.   

C’est pourquoi contrairement à Catherine Baker, je pense que l’instruction doit être en partie obligatoire (sa définition doit être établie par la collectivité) : c’est une sorte de passeport pour s’intégrer dans la vie sociale, mais pas la Culture reste propre à chaque famille, à chaque individu. Chacun doit disposer d’une instruction de base, qui lui permette de pouvoir aller plus loin, s’il en a le désir et s’il en a les capacités. Celui qui ne sait pas lire, n’a pas la possibilité de choisir.  La Culture (notamment intellectuelle) est un luxe qui n’est pas à la portée de tout le monde: la culture artistique et littéraire suppose une esthétique et une échelle de valeur. La démocratisation de la culture est une absurdité:  on ne mettra pas le jazz au même plan que la musique techno. Mais en même temps, la Culture est un arbitraire, elle ne peut donc pas être imposée.  

Il me semble que l’instruction a un caractère plus normatif, plus utilitaire,  plus formateur aussi (apprendre à raisonner), alors que la Culture  est un espace de liberté qui admet mal le dirigisme : l’instruction a donc un caractère plus social, alors que la Culture s’offre au choix, elle est plus personnelle : tout n’est pas bon, il faut des échelles de valeur !  Par exemple en art: Clovis Trouille est à mes yeux plus intéressant que des artistes qui se contentent de contempler la nature et de la réinterpréter.  Mon point de vue va donc à l’encontre de cette “Culture générale” qui a été longtemps la référence de la bourgeoisie et des classes moyennes:  une culture qui puise un peu partout,  comme une éponge,  mais sans exceller . C’est surtout une façon de montrer qu’on appartient à un milieu au dessus de la moyenne. On peut cependant aborder la Culture générale d’une façon plus ambitieuse et en faire un instrument “intellectuel”.  Un lettré qui a parcouru les écrits de nombreux auteurs peut alors travailler de façon personnelle  avec ces textes et leurs idées.  L’instruction doit donc apporter une “Culture générale” (les Lettres, l’Histoire, les langues), et une base de connaissances scientifiques.  La déscolarisation ne doit pas priver l’enfant du droit de disposer de cette instruction, mais pour ce qui est de la Culture, l’individu doit pouvoir construire la sienne, en  puissant  s’il le souhaite dans la culture familiale, et dans tous les catalogues culturels, y compris ceux auxquels il aura pu être initié par l’école. J’ai personnellement appris l’art contemporain par moi-même, mais c’est dans une bibliothèque d’école que j’ai découvert les premières oeuvres des impressionnistes. Jamais un prof ne m’a bourré le crâne avec un enseignement et je suis à peu près certain que l’enseignement de la peinture contemporaine aurait tué mon désir dans l’oeuf. Jamais mes parents n’auraient pu créer ce désir. Si j’ai eu cet intérêt pour l’art, c’est que l’enseignement général que j’ai reçu m’a rendu apte à  en découvrir les ressorts secrets.  

Je pars donc de l’idée qu’instruire  est un acte qui insère l’individu dans le collectif, au même titre que l’éducation est l’empreinte du groupe sur l’individu; je pars de l’idée que s’instruire ne relève pas d’un choix personnel dans la mesure où nous ne pouvons pas fixer nous-mêmes les limites et les contenus de l’instruction (c’est une idée fausse qu’il convient de dénoncer), que “recevoir une instruction” est l’expression adéquate, que le fait que l’apprenant la reçoive ne justifie pas qu’il accepte d’apprendre, que le fait de tenter des ruses pour faire en sorte qu’il apprenne est assez malsain,  que ses parents peuvent se sentir mortifiés par cet échec et, pour de très honorables raisons, tenter de lui apprendre ou de l’aider  avec des méthodes plus personnalisées,   que le fait de noter l’enfant et de l’évaluer est une sanction comme une autre, qui n’apporte pas grand chose à la motivation, que l’instruction donnée à l’école ou en famille reste ”une offre” faite à l’enfant, que cette offre doit être rendue obligatoire “par la loi” et par la responsabilité des parents eux-mêmes qui, en principe,  n’ont pas besoin de l’Etat pour l’exercer (sauf une catégorie d’irresponsable dont Baker est le modèle),  que l’obligation d’enseigner n’a pas comme corollaire l’obligation pour l’enfant d’apprendre,  que l’idée que l’enfant,  s’il refuse d’apprendre,  deviendra un individu socialement infirme est probable, mais pas obligatoire, qu’être un cancre, ne signifie pas nécessairement être un “con en devenir”, qu’on peut très bien être instruit et royalement crétin, que la connerie n’est pas mesurable en terme de QI, que le “casier scolaire” même primé, s’il garantit l’instruction,  ne garantit pas la Culture.   Enfin, et pour finir, je pense que la véritable Culture  ne commence qu’une fois la Culture générale reçue et digérée; c’est un mécanisme d’appropriation qui n’a rien à voir avec l’enseignement scolaire. La Culture est le lieu de la personnalisation de la connaissance, de l’affirmation de l’individualité et du choix de son expression: c’est un espace de liberté. Par conséquent cette Culture-là est totalement émancipatrice et facultative,   elle peut passer par l’enseignement ou par la découverte personnelle, mais en répondant à des choix personnels.  Elle se réalise tout au long de la vie, elle se remet en question,  et surtout  à un moment donné, la culture peut prendre un caractère politique. La Culture politique est totalement évincée par l’école et pour l’acquérir il faut aller soi-même à la découverte des connaissances, lire, s’informer, etc. La Culture est fondamentalement politique.

Ce dont je parle conduit donc aux questions suivantes :

  • 1/ Faut-il rejeter la culture et l’instruction  ?
  • 2/ Qui définit la Culture et les savoir?
  • 3/ Comment mener l’enfant vers ces objectifs  ou faut-il  refuser toute forme d’éducation, considérant qu’éduquer  c’est rentrer dans le jeu des valeurs de l’école (ou c’est dénaturer l’enfant) ?

Dit d’une autre façon, est-il nécessaire d’avoir lu un résumé ou d’avoir lu chacune des oeuvres complètes suivante pour être instruit?  ”Ainsi parlait Zarathoustra ? (de Nietsche ?) “Surveiller et punir” (de Michel Foucault) “Critique de la raison pure” (de Kant) ou “l’écume des jours” (de Boris Vian) , ou “Les mémoires d’outre-tombe” (de  François René. de ..)

Une autre question que vous pourriez me poser, c’est de savoir pourquoi je compte consacrer des heures de réflexion à un auteur qui  a  fait le choix de ne pas instruire sa fille, ce qui, aux yeux de beaucoup, est certainement un acte irrespectueux envers ”l’ordre social”, mais c’est surtout dommageable envers celle-ci. Certes ayant une mère lettrée qui a fait des études pour parvenir à l’emploi de journaliste, la demoiselle pouvait s’en “sortir”  - à moins qu’elle ait fait une déprime,  car grandir avec l’appui d’une mère peu nourricière, pouvait mettre en cause sa confiance en elle-même.  Je constate qu’on ne parle pas non plus du cursus scolaire et universitaire de notre journaliste-philosophe. On ne sait pas si elle est passée par la Sorbonne ou par une fac de province, si elle est allée chez les bonnes soeurs,  etc.  Cette auteur n’a pas de passé. Est-ce qu’elle s’est instruite elle-même ou est-ce qu’elle a pu disposer d’une base scolaire et universitaire pour construire sa propre culture ?  

Elevé dans le protestantisme, autre forme d’éducation dont je conserve la rigueur et l’esprit contestataire, je dois à mon éducation de ne pas être dans un état d’inculture.  Je dois ce que je suis à l’éducation et à l’instruction que j’ai reçues et je ne désavouerai pas cet héritage.  Il serait honnête de commencer la lecture de Catherine Baker  en soulignant  les vérités qu’il contient, en montrant que son texte désacralise l’école et fait apparaître  son rôle d’instrument de surveillance de la jeunesse (et des familles). Cependant  si la contestation de l’école est magnifiquement argumentée, l’idéologie de la crétinisation qu’elle propose en contre partie doit être reconnue pour ce qu’elle est.

 2ème erreur de Catherine Baker…   et sa mauvaise foi.

Dans  l’ouverture de son 1er chapitre, elle écrit : “Il m’est d’abord agréable, mon amour, de te faire remarquer  que l’enseignement est un droit, non un devoir. Mais il semblerait que ce ne soit pas de cette oreille que l’entendent nos mentors. L’école en France n’est pas obligatoire, le serait-elle que bien entendu cela ne changerait rien à mes batteries. L’instruction l’est, c’est bien pourquoi je ne t’en ai donné aucune”

Veut-elle dire “l’enseignement que pourrait demander l’enfant est un droit ? ou “l’enseignement à fournir à l’enfant est un droit (et tout droit est dû) ?” Pour faire simple,  disons que Baker admet que  ”l’enfant dispose d’un droit à l’enseignement” !  Par contre, quand elle parle de ”devoir”, il ne s’agit plus de l’enfant mais de celui des parents, –  qui eux n’en ont pas (selon Baker).  La contrepartie du droit, disparaît ! Pas de devoir d’enseignement. C’est curieux comme elle évite de nommer le bénéficiaire du droit (l’enfant)  et le créancier (les parents ou l’Etat) .  Ce raisonnement irrationnel démontre que Catherine Baker ne s’estime pas en dette vis à vis de sa fille, qu’elle appelle bizarrement “son amour”. Voilà un amour qui ne lui coûte pas grand chose !  Voilà un amour qui sonne faux comme son raisonnement.

la 1ère erreur de Baker,  c’est qu’en admettant  le droit de l’enfant, elle aurait dû admettre son corollaire, le devoir, sinon le droit n’est pas applicable et ce n’est pas un droit. Si l’enfant dispose d’un droit, s’il en est bénéficiaire, c’est qu’il y a un créancier qui doit lui fournir cet avantage. C’est alors à l’Etat qu’incombe le devoir d’enseigner à l’enfant, sinon, à défaut,  c’est aux parents de fournir l’enseignement.  Comme à l’évidence,  pour Baker ce n’est pas l’Etat, il ne reste que les parents. Elle était donc tenue par un devoir: celui  de fournir à sa fille les moyens d’exercer son droit (en lui enseignant ou ne recourant aux services de professionnels).  Son refus de scolariser sa fille entraînait de facto qu’elle assure l’enseignement.  

Note : une autre interprétation consisterait à dire que Baker a voulu dire que l’enseignement est un droit pour l’enfant, mais n’est pas un devoir pour lui. Cette interprétation n’a pas beaucoup de sens.

3ème erreur de Catherine Baker : le choix (?) de la maternité

Poussant à l’extrême la logique de l’incohérence provocatrice, Baker déclarait refuser de donner à sa fille l’instruction que la loi lui imposait de fournir. Comme argument (en fait elle se fout de donner de bonnes raisons à ses actes) , elle se retranchait derrière le “refus de ce qui est obligatoire” Sa fille aurait été un jouet, elle n’aurait pas fait pire !  La seconde erreur de Baker, c’était d’avoir été mère.  

4ème erreur de Catherine Baker : “l’école paternelle”

“Je n’ai pas voulu de la crèche, ni de ma maternelle, ni de l’école paternelle, parce que de fait, en dépit de la loi, elle est quasiment obligatoire. Raison suffisante. Ensuite parce qu’elle est inutile. Enfin parce qu’elle est nuisible” .

Le fait d’identifier” l’école à une institution paternelle est une erreur d’appréciation assez énorme, car l’enseignement est tombé entre les mains des femmes (surtout dans le primaire). La féminisation de l’enseignement est d’ailleurs un problème grave qui bloque les garçons dans l’accès au savoir; comment peuvent-ils recevoir un enseignement transmis par des femmes ? Ceci tend à montrer que Baker est enfermée dans une logique anti-masculine.

 5ème  erreur, Catherine Baker feint d’ignorer la différence entre adulte et enfant

Elle écrit ceci, qu’elle répète dans son livre : “ je n’emploierai les mots adultes ou enfants que pour désigner des personnes plus ou moins éloignées de leur naissance  (douées des caractéristiques socioculturelles que leur impose l’entourage)”.  Traiter l’enfant sur le même plan que l’adulte  permet de soustraire  celui-ci à toutes les obligations qu’il peut avoir envers l’enfant, du fait de sa fragilité et  de son immaturité.  C’est aussi l’idéologie  dont témoigne Baker : l’adulte et l’enfant sont (selon elle) sur un pied d’égalité.

 6ème erreur: Catherine Baker  a une vision futile de l’enseignement scolaire qui traduit une ignorance des formations intellectuelles et scientifiques

 Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, elle décrit ce savoir “inutile et nuisible”, qui est censé représenter ”je ne sais quel bien commun”, écrit-elle,  en mentionnant l’enseignement du ”grec, de la  ”trigonométrie”, des “fleuves de chine”, du “tricot”, de “la peinture”, “de l’informatique”. Cette liste complètement à côté des réalités justifie alors qu’elle qualifie l’instruction de “bric-à-brac des bibelots  et (des) quelques livres qui ornent la bibliothèque du français moyen.” Si je n’avais pas lu Catherine Baker, je penserais que l’auteur de cette description est une inculte notoire. Celle qui se targue de lire Michel Foucault aurait-elle dormi ou rêvé (ce qui est probable) pendant sa scolarité pour n’en retenir que de telles futilités? Qu’elle nous fasse voir son bulletin scolaire pour qu’on comprenne la distance qui la séparait de l’enseignement durant lequel elle devait s’emmerder…  

7ème erreur:  Catherine Baker ne fait pas la différence entre Instruction et Culture, elle ne voit que “l’enseignement” en tant que transmission des valeurs et des convenances de la société.  

Lors de sa scolarité, Catherine Baker avait  subi l’enseignement fourni par l’école (par l’EN) , qui au lieu de lui proposer “ce qui lui aurait été agréable, donc utile”, lui proposait “ce qui était utile à la société. “ Posé en ces termes, la scolarité est condamnée sans appel. Catherine Baker  ne vit que pour elle-même, soumise à la fantaisie de son désir et de son plaisir; elle ne juge le monde qu’en termes de contraintes, de déplaisir, elle ne voit pas au delà.   Elle réfute que l’individu en société soit dans un rapport problématique entre contrainte et plaisir. Pour elle, entre le moment à  vivre et le moment pour mourir, il ne devrait y avoir  que du plaisir (je ne sais pas d’où elle sort ça?) .  

Il est évident (Baker le reconnaît)  que  l’école ne travaille ni pour l’enfant, ni pour son plaisir, mais pour la société: l’enfant doit trouver sa place dans celle-ci. Il paye son droit d’entrée  en passant par l’école. Le plaisir n’est pas dans “le contrat scolaire” car, je le précise, la scolarité  est aussi un contrat puisque l’école n’est pas obligatoire (seule l’instruction l’est) . Que Baker  mette en cause la distribution des places au sortir de l’école est légitime, mais qu’elle revendique de faire de l’école un lieu de plaisir est aussi stupide que  naïf.  Ses critiques ne sont pas honnête , car  après tout, si elle est allée à l’école contre son gré, c’est que ses propres parents n’ont pas entendu son rejet de l’école.  Ce sont eux les coupables et Baker les amnistie en déclarant qu’ils ne savaient pas… Elle tente de nous faire croire que l’école lui a été imposée par une obligation “de fait”,  même si celle-ci n’est pas dans la loi, et c’est l’Etat qui est alors accusé.

N’écrit-elle pas L’enseignement est une affaire personnelle. Tu as le droit le plus absolu d’apprendre ce que tu veux”. Quand on écrit cela, on est en rupture avec le lien social, on ne se situe plus comme citoyen, membre d’une collectivité et soumis à ses normes.  Baker refuse d’admettre que l’école est  conçue pour préparer des êtres sociaux. Apprendre un socle de savoir n’est pas une affaire personnelle, c’est un acte d’insertion dans la société, c’est aussi  une offre qui ouvre des portes, mais qui le fait de façon inégalitaire.  Et dans ce contrat,  l’école et la société ont leur mot à dire. Baker pense que non. C’est l’individu qui impose sa volonté.

 Celui qui va à l’école (c’est le contrat) devrait en principe avoir fait le choix d’apprendre, c’est pourquoi l’école ne devrait pas être obligatoire. Cependant l’école et les parents (qui sont complices de l’institution scolaire), imposent à l’enfant d’aller à l’école, qu’il apprenne ou non. Ils lui offrent la possibilité d’apprendre ou de s’emmerder.  Quand l’élève s’ennuie de trop, les parents ont le pouvoir de mettre un terme à une situation qui nuit à la personnalité de l’enfant, sinon, comme le souligne Baker, l’EN intervient avec un arsenal  de “psy”.

 Chacun est libre de s’isoler sur la planète Mars ou dans le Larzac , mais quand il s’agit de l’enfant, on n’a ni le droit de le priver de l’instruction, ni celui de la lui imposer par force. Si Baker veut dire que chaque enfant est en droit de refuser d’apprendre, que l’école obligatoire est une absurdité quand on l’impose à ceux qui n’ont pas le désir d’apprendre, nous sommes tout à fait d’accord. Mais si elle prive un enfant de l’instruction (et pas seulement de l’école)  par conviction personnelle, comme elle déclare l’avoir fait envers sa fille, si elle ne lui donne pas la possibilité  de recevoir une base de connaissance qui constitue un viatique  pour l’existence, elle commet un acte de trahison.   Baker ne fait pas la distinction entre l’instruction formelle (due à l’enfant) et la Culture (informelle et  facultative) : elle ne voit que “l’enseignement” qu’elle refuse en bloc . Elle n’a que foutre de l’intérêt souverain de l’enfant, elle ne s’intéresse qu’à son égo et  son dogme qu’on pourrait résumer ainsi  : “il est interdit d’enseigner à autrui, il est interdit de désirer pour autrui! ”

Curieusement la fille de Catherine Baker aura subi le désir de sa mère sous la forme d’une privation.   Quelle meilleure occasion pour elle de mettre en pratique ce dogme, que de l’appliquer à sa propre fille, victime toute désignée.  Chaque être humain est à la jonction de l’individuel et du social, mais Catherine Baker nie cette dualité et pour justifier sa position,  elle tombe dans le mysticisme : “nous avons tous intérêt à ce que chacun soit lui-même, dans son harmonie, singulier et profond dans son être”. “Quand on me parle d’harmonie, je sors mon Missel” a dit le Sage. Baker  ne voit l’être humain que dans la singularité, que dans l’affirmation de son égo, et nie la part de l’être social qui est en chacun d’entre nous.  Baker ne voit  dans l’être social qu’une forme d’animalité dont il faut se dégager.  

Il manque encore 3 erreurs, il va falloir que je relise son bouquin, mais c’est un peu trop confessionnel (ah ben tiens, voilà la 8ème…)

8ème erreur: Catherine Baker est plus marquée par le catholicisme que par l’école !

Elle a le goût de la confession  et même de la confession publique! Allez Catherine, tu nous réciteras un avé et deux pater (non, pas ça! Tout ce qui est pater, ça sent l’autorité)  

(à suivre : article en cours) Je ne veux pas me forcer, alors que vous invite à compléter: mon adresse mail est sur le site…. 

PSReuBen invente un nouveau concept en IEF: l’enfant “bio” (on ne parle plus plus de unschooling, terme à connotation trop hostile à l’EN)


 

“Construire soi-même son savoir”, c’est une formule qui a son charme, mais en IEF et mieux encore en “unschoolingue”, les parents en proposent une variante qui, elle aussi, a son charme.

La question qui se pose, c’est de voir de près en quoi “construire soi-même son savoir”  à l’école est différent de le construire soi-même à la maison?  Je compte donc me livrer à une enquête auprès des parents en IEF-Nonsco pour comprendre  ce qui fait la différence.

1/ Un goût immodéré du jeu

La première chose qui me frappe, en IEF de type “non sco/unscooling”, c’est qu’on a affaire à des parents qui aiment le jeu, ce sont eux-mêmes de grands enfants qui passent leur journée à jouer. Rien à voir avec l’univers austère et studieux des écoles d’Antan. Ils conjuguent le verbe “jouer “à tous les temps et toutes les personnes : “ je joue, tu joues, elle joue, nous jouons, … je jouais, nous jouions, je jouerai,  ” etc. Est-ce un signe d’ouverture d’esprit, de modernité, d’inappétence au travail,  ou d’immaturité ? Il faut mener l’enquête de ce côté.

On sent que ces familles sont aptes à créer un véritable climat ludique, pour le bonheur de leurs enfants.   Ce ne sont pas des enseignants qui peuvent apporter à l’enfant une telle joie de vivre et une atmosphère aussi soudée.  Incontestablement, les familles non-sco sont innovantes.  

Je cite cet extrait du blog “Maquis vert”:

 “Nous sommes une famille ‘joueuse’, nous aimons jouer, nous retrouver en famille et/ou entre amis autour de jeux. Peu importe qui perd ou gagne, le tout est de bien s’amuser, passer de bons moments ensemble ! Parfois nous adaptons les règles, soit quand elles sont trop dure, ou trop injustes, ou qu’elles ne plaisent pas à Eva ! Voici une liste de jeux auxquels nous jouons beaucoup” (suit une liste de ces jeux) 

En 2008, approximativement, j’ai eu l’occasion  de participer à une rencontre organisée dans le cadre d’une association IEF  : j’escomptais pouvoir aborder nos préoccupations communes concernant les rapports avec l’EN, hé bien pas du tout ! J’ai tenté plusieurs fois d’engager une discussion, en vain. Chez les Nonsco qui utilisent la couverture de l’IEF, on ne s’emmerde pas à discuter de sujets qui “prennent la tête”, on vit, on s’éclate, on profite du présent, on profite des enfants et de leur joie débordante, on échange des recettes de pain au levain, on mange végétarien. Nous avons donc “échangé” des recettes de cuisine avec ces familles, car discuter de la politique associative concernant l’IEF, c’eut été politiquement incorrect dans ce monde de bonheur insouciant.  A cette époque j’avais une question qui m’obsédait : “mais comment se fait-il que ces parents “opprimés par l’EN” se comportent comme des moutons?” Il fallait que j’aille voir de près à quoi pensaient ces parents?  Ceux présents à cette rencontre n’avaient apparemment aucun souci de cet ordre et leur seule préoccupation, c’était de rassembler des enfants et de participer eux-mêmes à leurs jeux : les enfants courraient en tout sens, jouaient aux cartes et poussaient des cris stridents à vous imposer les boules Quiès pour toute la nuit, au point que nous avions décidé d’aller prendre l’air une bonne partie de la soirée (le temps était heureusement clément). Nous nous sentions dans un univers étrange (planète Nonsco). Ces parents, fort sympathiques, nous avaient invités à plusieurs reprises à nous joindre à leurs jeux, mais notre résistance avait fini par les décourager. Elles ne comprenaient manifestement pas pourquoi nous ne prenions pas part à des jeux de cartes (moi qui déteste ce genre de loisir), alors que cette activité éducative et ludique à la fois  provoquait des explosions de joie de leur part.  Et quand on aime, on partage…

 

Nous nous sentions différents, presque suspects de ne pas faire partie de cette communauté épanouie dont les liens n’étaient pas clairement exprimés. Nous avions alors l’impression que ces familles avaient peut-être d’autres points de rapprochement (c’était une hypothèse), qu’elles se connaissaient peut-être ? Qu’est-ce qui les conduisait à faire tant de kilomètres pour n’avoir absolument rien à se dire ??  Il paraissait invraissemblable qu’elles soient venues de loin  strictement pour jouer.  Nous cherchions désespérément le sens de cette énigme. Convaincus que ces familles avaient sans doute un mystère nous cherchions la clef du problème ailleurs. Certes la rencontre se déroulait dans des locaux loués à une église protestante (américaine), mais fallait-il en tirer des conclusions hâtives ? Cette confrontation nous avait mis mal à l’aise, elle nous avait rendu conscients d’une totale divergence de vue concernant la façon d’appréhender l’instruction en famille et nous étions également conscients que cette divergence  n’était pas évocable: sujet à éviter.   C’est plus tard seulement que nous avons compris : nous étions invités à cette rencontre pour servir de partenaires de jeux, c’était la place qui nous était préparée.  En refusant de faire joujou, en  séparant notre enfant du groupe de ces sauvageons, nous décevions nos hôtes, nous étions des traitres à la cause Nonsco. 

Mais pourquoi les Nonsco ont-ils besoin d’autres nonsco pour jouer? C’est là toute la question. Séparons le monde en deux catégories : d’un côté les scolarisés et de l’autre les Nonsco, et voilà le monde coupé en deux camps qui ne parlent pas la même langue : d’un côté, les parents “maltraitants” qui mettent leurs gosses dans les usines scolaires, ce sont des enfants  atteints de troubles existentiels qui sont tristes, passifs, gavés et dévitalisés  – et de l’autre, des parents nonsco et “aware”, ayant des enfants épanouis, créatifs, sociables, et curieux! Vous avez tout compris : ces deux catégories d’enfants ne peuvent pas se fréquenter car ils ne voient pas le monde de la même façon ! Quant aux parents, il est évident qu’ils évitent de se croiser pour éviter d’être confrontés à l’insupportable. Les Nonsco ne comprennent que les Nonsco. Moi qui étais en “IEF”, moi qui croyais l’être, j’avais l’impression de trahir deux fois: d’abord l’Etat providentiel, pourvoyeur d’éducation, et maintenant les parents de cette association dont le profil commençait à se révéler. Nous étions seuls, désespérément seuls avec notre fille dans un monde qui nous paraissait merdique: tels Diogène nous étions à la recherche d’une humanité : il était temps d’allumer notre lanterne,  

2/ Ce qui compte également, c’est le regard des autres, essentiel pour les parents nonsco

Les parents non-sco provoquent une attention particulière : c’est le signe d’un “plus”. Ils font l’objet de regards d’étonnement, d’incrédulité, parfois de reproche, de condamanation  mais plus rarement d’admiration, disent ils. Or c’est quand-même l’admiration que recherchent les nonsco (à en juger par leurs blogs très florissants et leur autosatisfaction) : “Vous avez osé déscolariser votre gamin , moi je n’oserais pas. Bravo !” Lorsqu’on est  Nonsco,  l’important c’est d’être regardé, c’est de montrer à  l’autre qu’on est libéré.   De tels parents qui  n’auraient jamais eu l’occasion de faire parler d’eux, deviennent des mini-stars dans leur entourage par le simple fait de se déclarer “Nonsco”. De plus, ils placent leurs enfants au centre des regards. Non seulement ils le font auprès des proches, mais ils se mettent en scène sur internet: photos de groupe, famille au complet, postures étudiées. On “existe”, on se raconte, on évoque le passage du rôle de parents normaux à celui de parents Nonsco. On a franchi un cap, un baptême de l’air.  C’est comme le passage de la ligne de démarcation sous Vichy. On est aussi  le prototype de la famille idéale où parents et enfants, ensemble, sont radieux. On sort de l’anonymat, on devient les nouveaux aventuriers de cette société sans relief où la banalité est quotidienne. On a brisé la monotonie et on tente de briser l’échelle des valeurs pour donner du sens à la vie, car le plus banal des parents devient le premier d’entre eux et peut avoir son blog, son public, et obtenir une position de “référence” au sein d’un réseau local de rencontre Nonsco (j’en ai connu et je vous en parlerai plus tard, ça valait le déplacement).  Les parents nonsco remettent en cause les savoirs primés, ils déboulonnent les statues, ils font la révolution culturelle  en plaçant leurs enfants en première ligne. C’est par eux qu’on  va pouvoir prouver que les diplômes distribués par l’appareil méritocratique scolaire  constituent des objets dérisoires, des efforts vains, des cocottes en papier.  

Il faut alors créer un nouvel ordre de valeur et j’ai tenté de montrer que l’aspiration vers la liberté et la vérité  répond à certaines orientations unscooling (le renoncement au savoir, le choix douloureux d’un parcours initiatique).  Le nouvel ordre de valeur  est aussi  le rejet d’un système industriel de formation de l’esprit de l’enfant qui – et là je suis totalement d’accord – tourne le dos à la liberté.  Comment définir ce nouvel ordre de valeur ?  Ce n’est pas celui des parents unscoolers qui désacralisent le savoir et l’école,  condition incontournable d’une vocation unscooling. Ces parents nonsco ne sont pas à la recherche de la Vérité: ils veulent simplement protéger la nature de l’enfant; ce sont des partisans et des artisans de la  naturalisation de l’enfance. Ils veulent épargner à l’enfant de passer dans le moule de l’école. C’est par le jeu, comme instrument de développement (cognitif et social),  qu’ils modifient l’échelle des valeurs: apprendre par contraindre et dans l’effort, s’imposer des emplois du temps et des évaluations,  c’est contraire aux besoins de l’enfant. Pour les Nonsco, jouer est tout, jouer est dans la nature de l’enfant. C’est dans la vie et par le jeu que l’enfant apprend: c’est la liberté qui seule est désirée. L’existence n’est désirable que si elle permet aux enfants et aux parents de se retrouver ensemble dans l’univers du jeu où les règles sont orales et où les parents tiennent un rôle  actif, mais hors de tout rapport hiérarchique.  “Gémir n’est pas de mise”, aurait dit Brassens  – et écrire non plus, car ces enfants entrent difficilement dans l’univers écrit, ils restent en dehors des codes et les parents attendent que l’enfant vienne à l’écriture de lui-même, comme il est venu de lui-même au langage.  Je conçois que certaines familles trouvent sens à leur existence dans cette symbiose, mais rejeter le savoir scolaire pour le remplacer par une enfance maintenue dans un univers  ludique  est une des dérives de l’IEF à laquelle je ne souscris pas.

3/ L’enfant “bio”

Dans notre enquête sur les familles nonsco, il m’a semblé que les théories qui fleurissaient sur internet présentaient un modèle particulier : celui de l’enfant “bio”. C’est un enfant qui n’a pas été dénaturé par l’école, c’est un enfant qui  est préservé de la pollution scolaire, qui n’est pas marchandisé, qui n’est pas un produit industrialisé, résultat de cette standardisation à laquelle travaille l’école. Le double langage de l’institution scolaire, c’est de prétendre amener l’enfant vers l’esprit critique, l’épanouissement de lui-même, alors qu’en fait l’école n’a désormais qu’une seule visée : normaliser l’enfant, le formater, lui faire intégrer les normes d’une société à dominante économique.  Les parents en IEF sont des parents “bio” qui entendent garder la main sur un produit qu’ils fabriquent eux-mêmes.

L’enfant “bio” (protégé par la l’attitude nonsco des parents)  ne “doit” pas être détourné de ce qu’il est  – et ce qu’il est, lui seul est habilité à le découvrir. Tout interventionnisme des parents entrave cette découverte de lui-même par l’enfant. Le champ des possibles serait alors restreint et pour laisser à l’enfant tout son potentiel, il faut s’abtenir.  Je vais emprunter quelques extraits à un blog qui développe de façon très approfondie l’idéologie Nonsco :

“Apprendre est une affaire intime comme respirer, activité que personne ne nous apprend, que personne ne peut faire à notre place. Cela concerne son propre corps, sa propre vie, l’image qu’on se fait du monde.”

“Même IEF (instruction en famille) qui est devenu le vocable le plus communément employé ne nous convient pas entièrement : “instruction” définit une catégorie d’apprentissages (en général abstraits, formels, promus par une intention parentale ou sociale) au détriment des innombrables autres informations et qualités que les enfants absorbent en vivant (…)”

“La seule chose qui compte à mon sens c’est l’envie d’accompagner son enfant. D’ailleurs les enfants sont le plus souvent rétifs à un enseignement (qui présuppose des attentes de l’adulte, qui place l’adulte dans la position dominante de celui qui sait). Ce qu’ils aiment est qu’on apprenne ensemble”.

“Ce qui est peut-être difficile c’est ce travail sur soi pour avoir le moins d’attentes possibles afin de respecter leurs rythmes d’acquisition, c’est cette confiance à faire alors que l’entourage n’est pas très favorable, ce sont les une à deux heures de transport quotidien pour rejoindre les autres enfants, c’est la distance avec les autres familles. Ce seront peut-être les difficultés pour intégrer les attentes formelles du bac lorsque ce sera le moment. Mais on ne peut pas raisonner en avantages et inconvénients, c’est juste une autre façon de vivre ensemble. (…) Je ne fais pas travailler les enfants, je travaille sur moi afin de ne pas avoir d’attentes vis-à-vis des enfants (…) Je ne cherche pas à motiver les enfants, juste ne pas abîmer leur motivation intrinsèque de grandir et leur appétit d’apprendre (…) Je ne cherche pas à faire beaucoup d’activités ni à aborder beaucoup de savoirs. L’école offre beaucoup mais apporte peu de façon durable : il est beaucoup plus efficace pour un enfant d’apprendre quelque chose lorsqu’il se pose une question ou en a besoin, fût-ce à 20 ou 35 ans. Mon principal rôle est… de leur assurer une bonne connexion à internet et une carte de bibliothèque à jour ! D’ailleurs, mes enfants se braquent si je veux leur enseigner quelque chose qu’elles n’ont pas demandé et qui n’entre pas dans leur construction de la compréhension du monde”.

“Lorsque vous posez une question à votre enfant vous êtes en train d’enseigner, lorsque c’est lui qui pose une question, il est en train d’apprendre”.

4/ Un modèle Nonsco plus modéré, mais qui est loin d’être qualitatif

  (…) “La nonsco, doit progressivement éveiller l’enfant à ce qu’il est profondemment,  sans essayer de leur en fourrer plein la tête, mais en essayant, tout en ayant une bonne culture générale, de libérer leurs dons propres. (…) Maintenant, pour nous, le mot “apprendre” n’est plus un temps donné, mais c’est pour “tous” et “tout le temps”,  grands, petits.   La vie est un long apprentissage… J’apprend à 38 ans avec plaisir la géographie que j’excécrai étant petite;  mes enfants apprennent à bricoler, nager, écrire, utiliser internet (…)Apprenons à nos enfants quelques rudiments grammaticaux nécessaire pour la structure de la phrase et puis basta, s’ils veulent faire des études littéraires, ils approfondiront ce domaine. Ils apprennent la vie comme ils vont la vivre ensuite… dans une continuité “naturelle, alors que de plus en plus l’école nous éloigne de la réalité”.

Voilà une définition que j’accepterais volontiers si la notion de “bonne culture générale”, telle que la conçoit cette mère correspondait à une ouverture vers la  Culture et non vers la culture-réalité (celle de la betterave); or  sa  conception de la culture s’arrête  aux propositions subordonnées qu’elle juge  sans intérêt, soit ! Mais pour l’instant sa fille n’est qu’en collège et  demain, elle devra apprendre des maths (totalement coupés de la réalité), de la physique-chimie, des lettres et les langues, de la biologie, une toute autre dimension de la culture, plus exigeante encore que les propositions subordonnées. Ce que cette mère qui prétend pouvoir accompagner sa fille dans son apprentissage, ne comprend pas,  c’est que la grammaire est une activité de logique et de classement et que la Culture passe aussi par là.  Pour cette mère la culture devrait être orientée vers “la réalité” comme le couteau est fait pour couper le fromage. Or la culture est un détour, c’est une mise à distance. Et quand la Culture traite de la réalité, elle ne la traite pas avec des “rudiments”. La culture c’est d’abord la maîtrise des outils conceptuels et si comme cette mère l’écrit, l’intérêt de la Nonsco ”c’est la réalité”, je crains  que sa fille n’ignore définitivement la Culture et qu’en fait de bac, elle reste limitée au bac à vaisselle, bien réel, ce qui n’est pas déshonorant, je le précise. Nature et Culture ne sont pas synonymes.

Conclusion :  

Parmi les postures Nonsco, il y a  beaucoup de modèles. Chaque parent tente de faire sa théorie, car il faut bien se justifier quand on sort de la norme.  Il m’a semblé intéressant de rassembler ces trois modèles dont deux sont “instinctifs”, tandis que le troisième apparaît comme une théorisation  qui exprime clairement le principe de l’enfant “bio”  (produit 100% naturel) . Cette dernière attitude n’a rien de récréative ni de ludique, c’est autre chose. Mais néanmoins, la plupart de ces modèles ont comme dogme de révéler l’enfant “à sa vraie nature” et je dois le dire, il n’y a rien de plus débile que cette idée.

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Au sujet de ces rencontres “entre parents et enfants Nonsco”,  je cite le commentaire de parents échaudés:

“Ca me conforte dans l’idée où je ne me suis inscrite dans aucune association. J’aurais bien voulu au début, ça me paraissait alléchant, les rencontres “non-sco”, les échanges sur nos façons de travailler, partager les soucis du quotidien, … et puis j’ai croisé une famille de ma région… ça a calmé mes ardeurs. A part me parler du bonheur de ses enfants, de leur épanouissement, de leurs jeux, je n’ai même pas pu aborder le thème “principal” de notre rencontre : l’instruction. Il ne faut pas en parler, on est pas là pour ça…  ”ils sont instruits mes enfants, ils jouent !!!! Ils apprennent !!!” Alors, aujourd’hui, je me débrouille seule. Mes enfants voient d’autres enfants ailleurs, ne se sentent pas marginalisés et je n’ai pas de reproches sur ma manière d’instruire puisque les autres parents (ceux qui scolarisent) s’en fichent royalement. Ils sont quand même plus tolérants que les informels. Pour les scolarisants, c’est un choix de vie . Point .  Et puis chanter “Coumbaya” au coin du feu avec des intervenants  à l’esprit étroit,  en bouffant de la pâte à sel, non merci.

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Droit de réponse !

 Vous écrivez : ”La première chose qui me frappe, en IEF de type non sco/unscooling, c’est qu’on a affaire à des parents qui aiment le jeu, ce sont eux-mêmes de grands enfants qui passent leur journée à jouer”.  Et ensuite, citation d’un extrait d’un de nos articles où nous présentons les jeux que nous aimons…

D’abord un grand merci d’utiliser des contenus de mon site, sans m’en informer ni en demander mon consentement, sans en donner le lien aux internautes afin qu’ils puissent s’y rendre, et en plus de sortir mes propos de leur contexte.  Ensuite, bien passer ces journées à jouer : pour notre part, non. Mais oui, le jeu fait partie de notre vie, heureusement, de même que le rire, la joie etc. Avez vous lu notre site ? la plupart des parents IEF ou non, qui bossent ou qui vivent plutot comme nous en autonomie, n’ont pas le temps de passer leur journée à jouer. Mais trouvent des moments pour cela, fort heureusement pour leurs enfants !

C’est bizarre, nous n’avons pas du aller aux même rencontres nonsco. Il y en a tellement aussi ! Moi le peu de rencontres auxquelles je suis allée, j’ai pu échanger sur mes préoccupations concernant l’EN, l’IEF, l’enseignement académique ou unschooling. Nous avons échangé sur la loi, les différentes façons de pratiquer l’IEF, les contrôles, chacun partagent ses ressources, ses façons de faire etc… Oui des moments de jeux entre parents et leurs enfants étaient présents, oui des moments de jeux collectifs étaient présents, et oui des enfants jouaient entre eux !! D’autres préparaient les repas du collectif, d’autres restaient en famille…. Une rencontre doit elle être forcément triste et sérieuse ? Ne jouez donc vous jamais lors de vos rencontres entre amis ou famille ?

Oui une rencontre nonsco est souvent vécue comme une fête. Chacun se retrouve d’année en année, des nouvelles connaissances, les enfants heureux de jouer avec d’autres enfants, de retrouver des copains pas vu depuis longtemps éloignement géographiques et contraintes de la vie obligent, des personnes ne se connaissant que via internet se rencontrent enfin parfois avec déception parfois avec joie !

Pourquoi traiter ces enfants de sauvageons ? je n’ai personnellement pas vu de sauvageons lors des quelques rencontres où je suis allée. Mais des enfants comme la plus part des enfants, avec un plus même : des jeux non violents et plutôt coopératifs.  Oui, j’ai entendu dans mes connaissances, des personnes se plaindre parfois des grandes rencontres, où des gens plutot timides et qui ne connaissent personnes ont du mal à s’intégrer. Mais je ne pense pas que cela soit spécifique aux rencontres nonsco, mais à toute grande rencontre, à cause de l’effet de foule, et propre au caractère de chacun. Certaines personnes sont plus sociales que d’autres, se sentent à l’aise dans des grands groupes ou non. Moi perso je préfère les petits groupes. Je le sais, je fais donc en fonction. En rencontre, quelles soient nonsco ou non, des gens de tous horizons sont présents, de toutes personnalités, de tous milieux sociaux, etc. Pourquoi généraliser de la sorte, pourquoi ce ton que je trouve si méprisant ? A l’avenir, si vous utilisez des extraits de mes articles, merci de m’en informer, cela se nomme le respect

Erika

Unschooling: une “louve story” ou le pouvoir des parents de crétiniser leur enfant pour leur propre plaisir


Cet article comporte 3 parties

1/   un texte  de LED’A concernant le unscooling

2/  l’unscooling version anglophone  (les mères surprotectrices)

3/ l’unscooling, version française (une forme de religiosité ou d’initiation)

Note:  pour ceux qui ne le sauraient pas, il existe parmi les mères qui “unscoolent”  leurs enfants une catégorie qui porte le nom de “louves”. Si vous les rencontrez le soir au coin d’un bois, soyez prudents (je m’adresse aux pères en IEF). Il est facile de les reconnaître: elles hurlent “à l’amour”. (Voir le blog “Louves connexion”). http://louves-online.com/articles.php?lng=fr&pg=45)

J’avais cité cet extrait pris sur un blog qui milite pour la pratique du unscooling et qui est lié au blog précité  :

” Nous sommes en total désaccord avec les associations de défense de l’instruction en famille dont la collaboration avec l’éducation nationale a placé les familles dans cette situation de proies. Nous sommes des familles fermement décidées à ne plus réagir comme des poules devant un renard qui vient d’entrer dans le poulailler”. Nous n’appartenons à aucune religion d’aucune sorte.”

Il est intéressant de constater que dans la “faune” des unscooleuses, on parle une langue très imagée: c’est un bestiaire inspiré des fables de La Fontaine. On y trouve “des louves, des poules, un renard et des proies”. Il manque les brebis, le loup, les ânes et le chien. Je pense que dans ce retour aux sources champêtres , il conviendrait de donner aux associations IEF le rôle du mauvais  chien (de garde), aux parents en IEF le rôle des gentils moutons, à l’EN le rôle du loup et aux mystiques du unscooling, le rôle  de l’âne . Quand j’aurai le temps je développerai cette fable qui pourrait apporter à nos enfants de la joie et matière à cogitation sur le monde. Quant à l’absence de religion, je vais essayer de montrer que le religieux est au coeur du unscooling, que la sacralisation de l’enfant est  la voie de la spiritualité.

 Mais pour revenir à des choses plus sérieuses, il est également intéressant de constater que LED’A tient un discours des plus ambigus sur la question du unscooling, rappelant, certes, que cette pratique n’est pas autorisée en France, mais soulignant les qualités de cette démarche axée sur le respect et l’écoute des désirs de l’enfant. Le texte qui suit est une forme de propagande pour une pratique reconnue illégale, pourtant, cela ne suffit pas aux partisans du unscooling qui voudraient  que les associations transforment l’IEF en succursale du bazar éducatif américain.  Voyons de près ce que contient  tout ce merdier idéologique.  Appelons cela “un état des lieux”…  (pour faire référence à celui qui nous avons cité dans ce blog et qui concerne les rapports douloureux entre les moutons et le loup)

1/ Un texte de L’EDA (association de parents en IEF)  concernant la contradiction entre le unscooling et la législation française

“Le unschooling, branche active du homeschooling aux États-Unis, est une façon radicalement différente d’aborder l’apprentissage chez l’enfant. Unschooling signifie en quelque sorte un refus d’école ( ce qui est différent de homeschooling = école à la maison ) et donc d’instruction suivant les normes en vigueur.

Le terme unschooling aurait été inventé par John Holt, fondateur de la revue Growing Without Schooling. L’idée de laisser l’enfant libre et maître de ses apprentissages prend là toute son envergure, c’est un choix qui, aux États-Unis, dépasse le homeschooling pour prendre place dans tout le projet de vie familial. Partant du principe que l’enfant apprend partout, au gré de ses expériences, l’enfant est libre d’appréhender le monde comme il l’entend. Il est libre de ses heures de coucher, de repas pour donner des exemples quotidiens qui parlent à tous. Dans l’essence du unschooling, l’interventionnisme parental est combattu sous toutes ses formes, on n’impose pas d’activités, on ne décide pas du temps accordé pour ne rien faire ou jouer ou lire ou quoi que ce soit d’autre.

L’intérêt de cette démarche est de respecter en l’enfant sa capacité d’apprendre à son rythme, suivant ses centres d’intérêt, de respecter son intégrité, de lui donner pleinement sa place de personne au même titre qu’un adulte, de lui faire confiance.

Le unschooling transposé à la France se heurte à un obstacle d’ordre législatif. Le statut de l’enfant, en France, est encadré par la Convention des droits de l’enfant. De manière générale, avec l’IEF ( Instruction En Famille ), les familles doivent s’interroger sur leur projet et étudier la législation. La législation indique que si l’IEF est légale, l’instruction est obligatoire entre 6 et 16 ans et que les enfants doivent avoir, à l’issue de la période d’instruction obligatoire, un niveau comparable à celui d’un enfant scolarisé de 16 ans. Les contrôles vérifient l’accès à l’instruction de l’enfant et sa progression. Enfin un texte donne une liste des domaines et compétences sur lesquels s’appuyer même s’il est clairement stipulé que les familles n’ont pas la contrainte du programme scolaire en vigueur dans les établissements publics ou privés sous contrat.

Le unschooling n’est pas interdit mais il se meut dans un cadre législatif qui restreint de fait cette possibilité de laisser l’enfant totalement libre de ses apprentissages. De plus les parents se heurtent à un amalgame facile quoique non démontré entre liberté et négligence. Les parents unschoolers réfutent entièrement cet amalgame et pour cause, ils ont, eux, le sentiment d’accorder au contraire le plus grand respect à leur enfant.

En France, être unschooler suscite un tiraillement et éventuellement un compromis entre la philosophie de départ et la réalité concrète. Ce compromis entraînera peut être une redéfinition du unschooling adaptée à la situation spécifique française. Certains s’en offusqueront mais n’oublions pas que chaque idée qui voyage évolue au gré des cultures qu’elle rencontre…”

Amen ! Hé bien voilà un beau compromis entre légalité et illégalité. Voyons comment on passe du modèle américain au modèle français.  Mais je pense qu’il faudrait remplacer les termes “philosophie de départ” par “religion de départ”.  Ce que ces gens haïssent dans l’EN c’est son caractère rationnel : l’enseignement public est entre les mains de mécréants qui risquent de détourner l’enfant de la “Vérité”.  Cette vérité n’est ni dans le vin (“in picrato véritas”), ni dans les oeuvre de Descartes, mais dans la maternité  qui incarne le Divin: la maternité est le lieu de la création du monde et la femme qui enfante est à l’image du ”Créateur”.  Elle donne la vie et ouvre la voie de la spiritualité et de la Vérité: c’est dans la contemplation de l’oeuvre créatrice que les mères unscooling nous entraîne… vers notre perte. Si ce n’est pas une religion, ça, je veux bien qu’on me les coupe.  Mais auparavant, passons par quelques lectures hautement intellectuelles de ces blogs qui diffusent le unscooling made in the “USA”  . 

 2/ Illustration de cette idéologie par des extraits pris sur des sites unscooling anglophones: le pouvoir des mères surprotectrices !

 

(extrait du film “Gilbert Grape”) 

1/ “Live in Freedom, Live in Love”

“My kids live in freedom. They learn what, and when, and how they want. I don’t decide what “needs” to be learned, now, by a certain age, or by adulthood. I respect my children’s autonomy the same way I respect my husband’s, or that or my friends. My children don’t have bedtimes, or limits on television or video games, and they can eat whatever they want, whenever they want, in whatever amounts they want. My teenagers don’t have curfews. I don’t know how to spell it out any more plainly–I am not in control of my children.

This is one aspect of radical unschooling–complete freedom, both over one’s education AND over one’s own body and life choices. But that can look awfully cold, if that is the only side of unschooling you see. Freedom? You mean you just abandon your kids?

So, on the flip side, my children also live in love. Their passions and interests are supported wholly and enthusiastically by myself, my husband, and their father. I find articles, and classes, and books and programs and trips that I think would interest them, and I joyfully give them the information, without any expectations on my part as to whether it will be used. They are accepted for who they are at any moment in their lives, exactly as they are. My kids sleep with us until they are ready to move on, nurse as long as they wish to, and are able to choose the foods they want at every meal. I help my kids when they need help, and they, in turn, help me when they see I need help. I enjoy sharing books, or movies, or games, or tv shows with my kids–watching, discussing, imagining alternate scenarios–even into their adulthoods. We laugh and cuddle and chat and discuss….I listen and handhold and support and love.

Traduction

Mes enfants vivent libres. Ils apprennent ce qu’ils veulent, quand et comment ils veulent. Je ne sais pas ce qui est nécessaire de leur apprendre, maintenant, à un certain âge, ou à l’âge adulte. Je respecte l’autonomie de mes enfants de la même façon  que je respecte celle de mon mari, ou celle ou mes amis. Mes enfants n’ont ni heure pour se coucher, ni heure pour  la télévision ou pour les jeux vidéo. Ils peuvent manger ce qu’ils veulent, chaque fois qu’ils veulent et dans n’importe quelle quantité. Mes adolescents n’ont pas de couvre-feux. Je ne sais pas comment l’expliquer autrement et plus clairement qu’en disant ceci :  je ne suis pas “le contrôleur” de mes enfants.

C’est un aspect radical du unscooling:  la liberté complète, tant pour leur éducation, que pour leur corps ou que pour leurs choix de vie. Mais cela peut sembler terriblement froid, si c’est le seul côté de l’unscooling, vous voyez. La liberté ? Est-ce à dire que vous abandonnez vos enfants ?

De l’autre côté, mes enfants vivent aussi dans l’amour. Leurs passions et leurs intérêts sont soutenus complètement et avec enthousiasme par moi , par mon mari et leur père. Je trouve des articles, des (classes?), des livres, des programmes et des voyages qui me semblent pouvoir les intéresser et je leur donne les informations avec joie, sans aucune attente de ma part quant à savoir si elles seront utilisées. Mes enfants sont acceptés pour ce qu’ils sont à tout moment de leurs vie, exactement comme ils sont. Mes enfants dorment avec nous jusqu’à ce qu’ils soient prêts à se séparer, ils sont maternés autant qu’ils le souhaitent jusqu’à ce qu’ils soient capables de choisir les aliments qu’ils veulent à chaque repas. J’aide mes enfants quand ils ont besoin d’aide et eux, en retour, m’aident quand ils voient que j’ai besoin d’aide. J’aime partager des livres, des films, des jeux, ou des émissions de télévision avec mes enfants – observer, discuter, imaginer des scénarios – même à l’âge adulte. Nous rions, nous nous enlaçons, nous bavardons et nous discutons …. j’écoute , je donne un coup de main,  j’aide et je donne de l’amour.

Commentaire

Voilà une conception qui déborde de l’enseignement,  c’est une philosophie qui prétend supprimer toute forme d’influence, de contrainte, de règle : la LI-BER-TE totale.  

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2/ “Life without scool…”

“This morning a friend stopped by to show someone our house. This happens often. My neighbors and I built our homes in 2006 as part of a sweat equity program. People who have an interest in community development and affordable housing often want to see them. As I was telling our story and showing off our super-cool house, my friend noticed the large US map we have on the wall in the living room, and decided to give Macy, age 9, a geography quiz. He covered up the name Nebraska, and said, “Hey Macy, which state is this?” Macy stared at him unamused. For a split second, I panicked. She doesn’t know that one. He’s going to think I’m a horrible parent for not teaching her which state is Nebraska. He doesn’t get unschooling. Maybe I should…. But before I could say a word, he asked her again, “Which state is this?” Macy didn’t flinch. She looked him straight in the eye, “Why?” she asked. I relaxed. That’s my girl. My friend smiled, “Excellent question.”

The whole experience made me realize that because my kids have never been to school, they are not accustomed to being asked to regurgitate random bits of information. I honestly can’t remember the last time a well meaning relative asked them to recite their times tables or to name the capital of Iowa. And I love that to them, there is nothing shameful about not knowing the answer. My school-ish brain and fragile ego were the ones reacting to the “pop quiz”, not Macy. After all, why should she know the shape and placement of Nebraska? We’ve never been there. She doesn’t know anyone who lives there. We haven’t read a book lately that takes place there. Nebraska may be hanging on our wall, but up until today it hasn’t been on our radar.

The other school-going 9 year olds in our town may very well be able to point out Nebraska on a US map, but that doesn’t concern me a bit. Macy knows plenty of other states. She’s traveled the West Coast, no doubt she could pick out CA, OR, and WA. Her grandparents live in CO and we’ve driven there lots, so I bet she can pick out AZ, UT, and WY as well. Her aunt and cousins live in HI and the long flight there this summer made us all chuckle at the improper way it is placed on the US map. Unschooling allows my kids to soak up whatever it is that we are doing in the moment and remember it because they want to, and because it’s interesting. Not because they are going to be quizzed on it later.

Had I been the 9 year old asked by a family friend to name the unnamed state on a map, I would have died of embarrassment if I didn’t know the answer. My face would have turned red and I would have wanted to crawl into a hole. I suppose there are probably unschoolers out there who might be concerned about answering a question correctly in a situation such as this. Personality can certainly play a role in how a child handles this situation, but I have to believe that sparing my kids from the need to memorize random bits of information for no other reason than to spit them back out for the pleasure of other adults is a pretty good thing. I also believe that empowering kids to ask “why” on a regular basis is a very, very good thing.

Traduction

Ce matin un ami s’est arrêté chez moi pour montrer notre maison à quelqu’un. Cela arrive souvent. Mes voisins et moi avons construit nos maisons en 2006 dans le cadre d’un programme “d’équité.” (?) Les gens qui s’intéres-sent  au développement communautaire et au logement abordable veulent souvent les voir. Comme je racontais notre histoire et montrais notre sympatique maison, mon ami a remarqué la grande carte d’Amérique que nous avons mise sur le mur dans la salle de séjour et il a décidé de faire passer à Macy, âgée de 9ans, un test de géographie (sous forme d’un jeu “quizz”). Il a dissimulé le nom du Nebraska et a dit, “Hé Macy, quel est cet Etat ?” Macy l’a regardé fixement,  sans amusement.  Pendant une fraction de seconde, je me suis affolée. Elle n’y connait rien. Il va penser que je suis un parent indigne de ne pas lui avoir appris que cet Etat est le Nebraska. Il n’est pas au courant concernant “le unscooling”.  Peut-être que je devrais…. Mais avant que je puisse dire un mot, il lui a redemandé “quel est cet Etat ?” Macy n’a pas tressailli. Elle l’a regardé droit dans les yeux et a demandé:  “Pourquoi ?”Je me suis détendue. C’est bien ma fille.  Mon ami a souri:  ”la question est excellente.”

Cette expérience m’a fait prendre conscience que mes enfants n’ont jamais été à l’école, qu’ils ne sont pas habitués à devoir régurgiter les morceaux  d’informations aléatoires . Honnêtement, je ne peux pas me souvenir de la dernière fois où un parent bien intentionné leur a demandé de réciter leurs tables de multiplication ou de nommer la capitale de l’Iowa. Et j’apprécie que pour eux, il n’y ait rien de honteux à ignorer la réponse. Mon cerveau formaté scolaire et mon ego fragile ont réagi à  ce jeu-concours, mais pas Macy. Après tout, pourquoi devrait-elle connaître la forme et l’emplacement du Nebraska ? Nous ne sommes jamais allé là-bas. Elle ne connaît personne qui vive là. Récemment nous n’avons lu aucun livre qui se soit déroulé là-bas. Le Nebraska peut s’accrocher sur notre mur, mais jusqu’à aujourd’hui,  il n’a pas été capté par notre radar.

Il est possible que mon autre enfant de 9 ans, celui qui va à école dans notre ville, puisse facilement indiquer le Nebraska sur une carte américaine, mais cela ne me concerne en rien. Macy connaît  beaucoup d’autres Etats. Elle a voyagé sur la Côte ouest,  il n’y a pas de doute qu’elle puisse situer “CA, OU et WA”. Ses grands-parents vivent à “CO”  et nous sommes allées là-bas des tas de fois, alors je parie elle peut également  situer “AZ, UT et WY” . Sa tante et ses cousins vivent à “HI” et le vol très  long que nous avons fait cet été nous a fait rire en raison de l’incroyable endroit où il est placé sur la carte des EU. L’unscooling permet à mes enfants d’absorber toute chose que nous faisons - dans le moment et de s’en souvenir -  mais parce qu’ils le veulent et parce que c’est intéressant  et non pas  parce qu’ils vont être interrogés dans un jeu-concours,  plus tard,  à ce sujet.

Si j’avais été un jeune de 9 ans auquel un ami de la famille demande de nommer un Etat inconnu sur une carte, je serais morte d’embarras si je n’avais pas su la réponse. Mon visage serait devenu rouge et j’aurais voulu ramper dans un trou. Je suppose qu’il y a probablement des “unschoolers” ailleurs qui pourraient être capables  de répondre correctement  à une telle question dans ce genre de situation. La personnalité de l’enfant  peut certainement jouer un rôle dans la manière dont il gère  cette situation, mais je dois croire qu’épargner à mes enfants la nécessité de mémoriser des informations parcellaires et aléatoires sans autre raison que de les  recracher pour le plaisir d’autres adultes, est une assez bonne chose. Je crois aussi que donner à ses enfants le pouvoir de demander “pourquoi”, de la façon la plus légitime, est une très bonne chose.

Commentaire : l’éloge de la connerie

On notera la présence de la carte des USA dans le salon, on notera la question débile du jeu télé, l’angoissse de la mère qu’un adulte prenne sa fille en défaut (et elle aussi), et surtout le sentiment qu’elle a “d’être à part,  libre, hors norme”,  car ”il (l’autre, le visiteur, l’étranger) ne sait pas”, il ne fait pas partie du cercle des initiés ! Questionner un enfant (de la façon la plus stupide, en le soumettant à un rituel de jeux-télé) est le signe d’une emprise sur l’enfant, d’un pouvoir adulte: selon cette mère c’est à la télé que se définit la “culture” ! La mère s’efforce de soustraire sa fille à toute emprise des faux-amis (qui en l’occurence sont des cons qu’elle laisse entrer, histoire d’exhiber sa baraque … et histoire de leur donner l’occasion de questionner sa fille, ensuite jouir de constater que celle-ci leur retourne les questions, alors qu’elle-même n’aurait pas eu le culot de le faire à 9 ans) ! Tel est le niveau débile de ce genre de littérature non-sco, écrit par une gourdasse made in USA, qui se sert de ses enfants pour régler ses comptes avec le Savoir  et l’école (confondue avec la télé)  et se placer socialement au dessus de son entourage. 

“Les gens” ne sont pas au courant : c’est un secret que l’on cultive dans la famille, une sorte de jouissance. La famille vit dans un univers trop ouvert, qui donne l’apparence de la banalité (la carte est au mur pour faire penser que les parents sont conformes aux  américains moyens, ordinaires, mais personne ne la regarde pas), mais en réalité la famille est fermée: elle a des codes qui font une séparation radicale entre les autres et “eux”.  Derrière cette apparente banalité et médiocrité  se cache “une richesse”. Cette famille fait semblant d’être comme tout le monde, mais elle n’est plus comme tout le monde, elle est devenue “exceptionnelle” car elle a découvert “la liberté”… de ne pas apprendre ce que les autres ont dû apprendre: ces gens hors du commun échappent à la tyrannie  de la norme sociale,  et tout cela sans quitter leur salon!  Tout est dans leur tête !!! Ils vivent dans une baraque complètement conforme, mais ils se croit libérés par de petits artifices . Il faut pour cela que des visiteurs (le public) viennent régulièrement donner à cette mère quelques petites “expériences” qui la font jouir… de constater qu’elle a si bien réussi  ses enfants !

3/ Le unscooling à la française:  une forme de religiosité ou d’initiation.

En parcourant les sites unscooling, je suis tombé sur cette perle qui m’a immédiatement  inspiré.

“Il était une fois un étudiant expérimenté et sûr de lui qui allait rencontrer le meilleur professeur de zen qu’il connaissait, pour lui demander s’il pouvait être son élève. Le maître lui offrit le thé et lui tendit une tasse. Pendant que l’étudiant récitait tout son savoir et tout ce qu’il avait accompli jusqu’à ce jour, le maître continuait de verser le thé, lentement. Le vantard continuait à parler, le maître continuait à verser le thé, jusqu’à ce que l’étudiant se rende compte que sa tasse était pleine et qu’il s’écrie : « ma tasse est pleine ! ». Le maître sourit et dit : « oui, elle l’est. Et jusqu’à ce que tu te délestes toi-même de ce que tu penses savoir, tu ne seras pas capable d’apprendre ». Weird Al le dit d’une autre manière dans « Everything you know is wrong » (tout ce que vous savez est faux. Ce que cela signifie, en terme de « homeschooling », c’est qu’aussi longtemps que vous pensez pouvoir contrôler et ajouter ce que vous savez déjà, il vous sera difficile de vous ouvrir au « unschooling ». Plus vite vous viderez votre tasse, plus vite vous vous ouvrirez aux nouvelles idées avec tolérance, plus vite vous verrez l’apprentissage naturel s’épanouir.”

 

Cette fable est une métaphore de l’initiation . Qu’est ce que l’inititaion dans les sociétés occidentales ?  C’est une démarche spirituelle qui prend effet à partir d’un processus de mort  et de renaissance : l’initié meurt symboliquement et abandonne ses préjugés, son passé, ses biens, ce qu’il a été,  pour renaître en tant qu’initié, apte à recevoir la “Lumière”, c’est à dire une connaissance à laquelle le monde profane n’a pas accès.   Ce genre de délire est le schéma de toute la philosophie ou spiritualité initiatique, qu’on trouve notamment dans la franc maçonnerie.  Ce que cette fable du Maître Zen nous raconte est du même ordre: l’étudiant pour avoir accès à la vraie connaissance doit abandonner ce qu’il a été, ce qu’il a appris (par l’effort), mais que le texte présente comme de la vanité, de la vantardise,  pour être apte à recevoir la vraie connaissance: il doit donc se dépouiller de ce qu’il possède de plus précieux : son savoir. L’unscooling est une voie initiatique dont l’enfant est le “guide”. L’adulte parent est un cloporte arrogant mais qui peut devenir un sage s’il consent à renoncer à ce faux savoir qu’il a accumulé sa vie durant, et notamment à l’école, pour suivre l’enfant dans sa découverte du monde, une découverte qui est exempte de préjugés, de fausses vérités. L’enfant est sacré, il est pur et c’est par l’enfant que l’adulte opère cette renaissance, cette transformation de lui-même, cette purification. Mais  elle a un prix: le renoncement au savoir profane, au savoir vaniteux d’une humanité qui se perd dans l’erreur: seul l’enfant est porteur de vérité et l’école tente d’effacer cette pureté originelle en imprimant sur son cerveau tout ce qui le détourne de son caractère naturel. L’enfant est la voie du sacré et l’école est la voie de l’humanisation profane qui tente de pervertir ce don de Dieu dont dispose encore l’enfant. L’enfant est lui-même un temple et c’est sa mère qui en est la gardienne et qui en interdit l’accès aux profanateurs (les pédagos). Comme dans tous les processus sectaires, trois principes sont présents :   

Le renoncement :

Comme dans les sectes, la grande prêtresse de la religion unscooling en France (dont je ne donnerai pas le nom)  invite les parents candidats à l’initiation à se dépouiller  – non de leurs biens matériels, ou de leur fric - mais de leurs biens immatériels : les connaissances profanes. Les parents doivent faire voeu de pauvreté intellectuelle :« Everything you know is wrong !» Plus de Savoir et par le fait, plus d’intelligence, car celle-ci interdit la compréhension de l’initiation qui va se faire à travers le unscooling. 

Le don :

La secte unscooling offre aux parents  la connaissance vraie, natuelle,  en contre partie de cette perte des biens de prestige et de pouvoir. Rien à voir avec cette connaissance qu’on obtient en récompense des études laborieuses et du temps perdu à faire “suer le burnou”!  Cette connaissance “vraie”, c’est la connaissance “naturelle”, c’est celle qui est réservée aux élus et  accordée par la grâce de l’initiation en unscooling, mais le chemin n’est pas facile pour autant. Cette connaissance se méritenon pas en terme d’efforts - mais en terme de renoncement à tout ce qui  avait valeur sociale: les diplômes, les  études, le savoir. L’initiation est douloureuse, c’est presque un martyr: il faut subir des épreuves infligées par l’EN, mais en choisissant le voie du unscooling, ces parents montrent qu’ils sont aptes à recevoir la vérité et la liberté (la lumière) .  C’est alors qu’ils vont connaître avec l’enfant leur propre épanouissement.   

La démarcation (séparation)

toutes les sectes établissent des protections autour de l’espace sacré  où les adeptes font le travail de transformation d’eux-mêmes (dimension qui est rarement prise en compte dans la définition des sectes). Il y a du secret dans cette transformation alchimique. Cela conduit la famille à mettre des barrières radicales autour des activités de l’enfant, de telle sorte que celui-ci puisse faire sereinement  sa recherche de sens, qu’il puisse aller à la découverte du monde naturel sous l’oeil protecteur des parents et par là-même continuer à guider la famille vers la connaissance.   La mère est vigilante: elle craint l’intrusion des  forces du mal (l’EN). La famille unscooling   est en alerte permanente et veille à ce qu’aucun adulte ne vienne pervertir l’enfant qui doit vivre” pleinement sa vocation de libérateur familial .  On pourrait dire également que l’unscooling est une thérapie familiale, mais l’initiation et la thérapie ont le même but : la libération de soi . C’est pourquoi les mères dépositaires de cette mission libératrice, sont comme des louves qui empêchent toute approche de l’enfant.

 

 

Non à l’amalgame entre unscooling et instruction en famille .


 Je vais examiner le texte publié par LAIA en janvier 2010 (intitulé  ”état des lieux”)  et présenté comme une synthèse de la Délégation des associations nationales  de l’IEF . On le trouvera à l’adresse suivante:

  http://laia.asso.free.fr/etcont.pdf

 Un changement de cap très récent de la part des associations !!!

C’est un texte intéressant, parce qu’il tente de démonter de façon assez complète et avec des analyses qui sont justes,  le mécanisme du terrorisme administratif  exercé sur les familles, à l’occasion des contrôles -  comme je tente de le faire sur ce blog,  mais avec une petite différence… Prises dans un rapport de force, soumises à une loi qui donne tous les pouvoirs à la hiérarchie scolaire, les associations IEF pensent que la négociation est possible.  Elles commencent à faire entendre la parole des plaignants, des victimes. Ce n’est pas un texte offensif, mais il a le mérite de poser les problèmes et sans utiliser de la langue de bois ! 

Alors que jusqu’à présent ces mêmes associations banalisaient, déclaraient que la loi 98-1165 était correcte et modéraient leurs critiques contre la circulaire 99-070, voilà qu’elles mettent en cause la loi et la circulaire : il y aurait donc un petit changement au sein de « planète IEF » ?  L’inventaire des préjudices dont souffrent les familles, selon ce texte,  est réaliste et lourd à la fois: c’est la sanction d’un choix stratégique  qui date de toutes ces années de compromission, car depuis 1999 les directions associatives jouaient la carte de la collaboration pendant que leur base étaient sous la pression de l’EN - sous le feu, devrais-je dire . Les responsables associatifs avaient choisi de flatter l’adversaire ( peut-être avaient-elle des raisons de se faire oublier ?),  mais on concédait aux revendications de la base qu’il fallait remplacer un mot et un seul dans la loi : le fameux « doit »,  par à remplacer par « peut » ! Voilà qu’aujourd’hui, il faut tout réviser!  Voilà donc des associations qui veulent réhabiliter l’IEF et se réhabiliter ?    

On pourrait résumer le texte commun et ses  doléances de la façon suivante  : « nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes victimes d’une situation abusive qui met en cause notre droit.  Dix années de contrôles ont éprouvé les familles de façon injuste, stigmatisé l’IEF, mais notre sacrifice (martyr) consenti a permis de prouver que les parents en IEF n’ont aucune propension à  enfermer l’enfant dans des idéologies sectaires, ni à  le mettre en danger… la suspicion qui les accable est donc injuste, les contrôles sont injustes, voire discriminatoires, etc. »  L’IEF rassemblée en un seul texte demande donc justice sans demander réparation . 

Que ces associations se décident à mettre en cause la circulaire… me paraît quand même bien tardif, surtout quand l’EN s’était déjà décidée à changer son texte et certainement pas pour des raisons qui vont plaire à ceux et celles qui attendent un petit changement positif !  Toute la construction de ce rapport vise à mettre l’accent sur une IEF victime  de mesures discriminatoires et qui demande à être lavée des accusations  infondées  portée contre elle en 98.  Des accusations qui étaient infondées, puisque selon la Miviludes, 10 ans de contrôles n’ont pas fait le constat d’une  présence sectaire significative parmi les parents en IEF. Je partage ce point de vue et je l’ai développé dans un article sur l’évolution de la réglementation (voir mes articles) .

Mais qu’en est-il de l’obligation d’instruction à laquelle les familles sont tenues ? Nous allons examiner les arguments présentés  :  le rapport s’appuyant sur des chiffres,  tente de prouver que si les mesures de scolarisation imposées à la suite de contrôles  sont limitées à quelques familles, c’est donc la preuve pour les associations que majoritairement l’IEF est pratiquée en conformité avec la loi, que les familles « instruisent », même si leur incompétence a été parfois dénoncée par des inspecteurs vindicatifs. Le texte rappelle que ces familles « ne sont pas des professionnels » ;  elles font donc « ce qu’elles peuvent »… et tout compte fait, même si elles ne sont pas compétentes, « ça marche » comme disait José Garimore, car l’enfant « apprend »… (c’est là que les choses deviennent bizarres). Quel discours émouvant:  j’en ai les larmes aux yeux!  Mais qui donc demande à ces familles (celles  non formées, qui apparaissent maladroites dans leur enseignement  aux yeux des responsables  associatifs)   de tenter de  faire ce qu’elles ne savent pas faire ? N’est-ce pas simplement le fait qu’elles ne doutent pas un seul instant que l’enseignement ne demande aucune compétence professionnelle,  qu’il n’est pas nécessaire d’enseigner, puisque la curiosité de l’enfant  est le seul vrai moteur de « l’apprentissage informel » ? 

Entendons nous bien: ce raisonnement n’est pas celui de toutes les familles en IEF, dont une partie assure un véritable enseignement, avec des progressions.  D’autres (la majorité) inscrivent l’enfant à des cours par correspondance, ce que la Miviludes considère comme un paravent (en passant, comme le souligne Sylvie Martin, qu’est-ce que la Miviludes vient foutre dans cette affaire ?? Qu’elle s’occupe de ses sectes suggère-t-elle…). La question qui se pose, c’est de faire l’inventaire des méthodes pratiquées par les parents et je pense que c’est par  une connaissance de la diversité de l’IEF, de ses composantes, de ses choix,  que l’on va pouvoir constater que l’obscurantisme parental a pris de nouvelle formes, qu’il s’est adapté. Il a puisé dans certains courants anglo-saxons des appuis théoriques pour éviter aux enfants de devoir subir ce qu’il convient d’appeler “une instruction- bourrage de crâne”. 

L’obscurantisme a pris la forme d’un droit naturel de l’enfant  à apprendre par lui-même, droit que les parents (les mères principalement) protègent et “accompagnent”. Les accusations  de comportements sectaires ne sont plus d’actualité,  la nouvelle forme de l’obscurantisme se manifeste par une propagande contre l’instruction au sein même de l’IEF et en dehors de celle-ci.  Une fraction des familles revendique de donner à l’enfant une éducation (comme le veut la loi) qui vise en priorité l’épanouissement de celui-ci, (comme le veut la loi): c’est au nom de l’épanouissement que l’enfant est privé d’instruction ! Ségolène Royal a donné à l’IEF radicale des armes pour s’opposer aux contrôles . C’est la réponse de la bergère  au berger!  Accusée de maltraitance envers les enfants, l’IEF radicale accuse aujourd’hui l’EN de maltraitance psychologique envers les élèves et  déclare que la famille est le lieu de l’apanouissement, tandis que l’école est le lieu de l’enfermement.  Il n’en reste pas moins que si les parents en IEF sont devenus  offensifs sur le terrain de l’éducation, ils restent suspects, voire défaillants sur celui de l’enseignement, du moins une partie d’entre eux qui, résolument, radicalement tourne le dos à l’enseignement. 

Certains pensent que quand on a « un droit », il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences pour l’exercer. Or la loi 98-1165 n’offre pas suffisamment de moyens pour contrôler l’instruction donnée à l’enfant: l’objectif de la loi était-il trop orientée vers l’emprise sectaire ? Concernant le contenu de l’enseignement donné à l’enfant, la loi a laissé les coudées franches à l’EN, sans toutefois lui donner les moyens nécessaires, ce qui fait que l’EN est en permanence en dépassement de la limite légale.  

La loi 99-1165 a posé l’obligation  d’instruction comme corollaire du droit à l’IEF , mais elle n’exige pas de compétence de la part des parents, ce qui  paraît risqué . Le droit de chasse est assorti d’un permis de chasse, le droit de conduire ou de construire  est assorti d’un permis, le droit de vote est assorti d’une condition (l’âge de 18 ans),  les droits qui exposent autrui à un risque sont toujours assortis d’une compétence définie par examen, par diplôme ou  par des conditions. Le droit d’instruire l’enfant (qui présente un risque pour son avenir) n’est assorti   d’aucune précaution, d’aucune compétence !  C’est donc par le biais des contrôles que la compétence des parents  est jugée. Malheureusement tous les parents quels que soient leurs  méthodes, leurs buts et leurs compétences, sont exposés à des préjugés, alors que si un permis d’enseigner leur avait été attribué avant les contrôles, sur des critères objectifs (niveau culturel des parents,  disponiblité, motif légitime en rapport avec le droit, projet d’enseignement) l’administration serait dispensée de faire le tri !  Les contrôles prendraient alors un caractère plus respectueux. L’EN se contenterait de vérifier que les parents remplissent leur engagement.  Actuellement, faute d’un permis en amont des contrôles, c’est l’enfant qui est placé au centre des conflits entre l’EN et la famille.  La loi donne à l’administration un pouvoir d’enquête qui repose sur l’absence de permis : l’administration peut alors « enquêter » tout à loisir (dans la finalité de traquer les parents sectaires).  Si nous demandions un permis d’enseigner, les enquêtes auraient  une bien moindre agressivité. Cette omission de la loi était donc calculée.

Pour ma part, je définirais d’abord des conditions qui rendent possible l’enseignement en famille, sans me prononcer sur les compétences : être parent-enseignant, c’est avoir plus que de la disponibilité, c’est avoir une vraie volonté d’instruire, mais c’est aussi  le fait d’être soi-même curieux,  ouvert à la connaissance et apte à transmettre des savoirs. Nous ne sommes pas égaux devant le savoir et tout le monde n’est pas apte à enseigner.

Les parents partisans du unscooling nient une fonction sociale qui est celle de l’enseignement.  Ils ne veulent pas se subsituer aux  détenteurs patentés du savoir homologué, ils veulent suppprimer la compétence à enseigner, ils veulent ramener le savoir au niveau de quelques acquisitions utilitaires, comme  le fait de savoir compter, d’écrire un courrier, etc. Ils instrumentalisent le savoir, comme le fait d’ailleurs l’école. Ils orientent l’apprentissage vers des savoirs  ordinaires; ils papillonnent, puisant dans les sujets qui naissent du quotidien, de l’environnement et de l’ordinateur. Cet opportunisme culturel leur tient lieu de culture.  Pour le reste quand l’enfant  grandit, s’il ne sait lire qu’à 8 ans, qu’importe! Adolescent, il fera ses choix, il ne sera pas plus handicapé intellectuellement que ceux que l’école laisse au bord de la route. Il semble même que certains jeunes poursuivront des études au lieu que les études les poursuivent: ça reste à voir!  Dans un siècle où le savoir déchoit, porté par des courants idéologiques nord américains qui prônent la formation continue, les savoirs informels. Dans la pratique du unscooling, l’enfant n’est concerné par des apprentissage dans la mesure où « ils servent à quelquechose », où ils répondent à un désir personnel. Cette conception de utilitariste, pragmatique de  l’instruction n’est pas exigente, elle est d’ailleurs aussi peu ambitieuse que l’enseignement scolaire actuel qui tourne le dos lui aussi à la culture.  Si on se situe dans cette conception très populiste de l’instruction, n’importe qui est apte à  éduquer l’enfant, j’en conviens.

C’est le résultat de la démocratisation de l’instruction: à force de vouloir la mettre à portée du tout venant,  c’est l’instruction elle-même qui s’alimente de la culture du tout venant.  Or le savoir  est une arme contre la dictature de l’opinion  et contre la dictature des cons. Il semble que pour les radicaux de l’IEF, la culture soit une dictature de la classe intellectuelle dominante dont l’école était dépositaire : elle ne l’est d’ailleurs plus.  Aujourd’hui l’IEF et l’école se battent sur le même terrain : l’éducation.   L’école de la république a vécu: elle n’est plus qu’une caserne obligatoire où l’enfant apprend une socialisation  peu épanouissante et  très normative!  C’est la dictature d’un Etat qui préfère régenter les consciences juvéniles au lieu de leur offrir une élévation intellectuelle dont la société n’a plus besoin à l’heure où l’économisme  formate la pensée (la non pensée) .   L’école n’est plus en mesure d’opposer à l’IEF un modèle d’instruction et de socialisation crédible, l’école ne sait plus ce qu’elle est, ni ce qu’elle doit être: ne pouvant convaincre, elle écrase, elle fait acte d’autorité, c’est tout ce qui lui reste.

“Le permis d’enseigner en famille”, condition pour l’exercice du droit,  serait à envisager pour sortir de cette guerre entre pédagogistes et parents anti-pédago. . Cette habilitation écarterait  les préjugés dont sont victimes les parents en IEF qui ne sont ni d’un bord ni de l’autre: les contrôles qui aujourd’hui portent atteinte aux familles responsables, se dérouleraient d’une manière respectueuse de leurs choix pédagogiques et de leurs motivations.  Ce permis mettrait un terme à la traque des “symptômes familiaux” à laquelle se livre l’EN  et éviterait que des parents  détournent la culture et l’instruction pour en faire  un magasin de friandises où l’enfant peut faire son choix. La déclaration d’instruction ne serait plus un alibi pour faire tout et n’importe quoi avec l’enfant;

Examinons le rapport et ses arguments:   

1/ les arguments législatifs et les textes internationaux

  • L’IEF est un droit constitutionnel

  • De  nombreux textes dont la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948 – article 26-3) « garantissent aux parents le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

  • (le texte omet de faire  référence au code de l’Education, article L131.2 )

2/ les arguments stratégiques : des preuves  établies par l’EN et par la Miviludes

  • a/ Ces contrôles apportent depuis dix ans la preuve que les familles en très grande majorité ne sont pas concernées par l’embrigadement sectaire: qu’en est-il de la très petite minorité ?
  • b/ Le nombre très faible d’injonctions de scolariser apporte la preuve que les enfants reçoivent une instruction tout à fait conforme à leurs droits. (45 durant l’année scolaire 2007-2008) ;  14 selon les associations depuis la rentrée 2007. Je ne suis pas certain de cet argument, je crois au contraire que les polémiques qui résultent des contrôles sont principalement dues au fait  que l’instruction n’est pas comprise de la même façon par les inspecteurs et par les parents, les premiers s’accrochant aux normes scolaires, les seconds  s’accrochant à la liberté de l’enfant d’apprendre  (que certains parents érigent au niveau  d’une religion) !  L’indigence pédagogique de certains parents est précisément mise en cause et l’instruction non  fournie également;
  • c/ Les rapports successifs de la MIVILUDES  depuis sa création en 2002 n’ont cessé également de le confirmer et préconisent dans le rapport 2006 de ne pas faire d’amalgame. En 2003 déjà le rapport indique  que « la suspicion de dérive sectaire n’est apparue que très rarement lors de ces contrôles. »Les rapports de la Miviludes sont des rapports de bidouillés qui ne devraient surtout pas être cités: aller chercher des justifications dans ce genre de poubelle, c’est malsain.

3/ Les arguments polémiques : des préjugés  qui mettent en cause l’image des familles et la relation avec l’EN:

  • a/ Un climat de suspicion : le contexte de la loi ciblant le risque de dérive sectaire pèse sur les contrôles pédagogiques et sociaux en installant d’emblée un climat de suspicion nuisible au bon déroulement des contrôles. C’est parfaitement exact et parfaitement abusif, c’est même scandaleux!
  • b/ Une stigmatisation, un déclassement social des familles: la loi place les familles dans une catégorie de population qui fait l’objet d’une défiance (elles sont déchues). ces parents sont des sous-citoyens. C’est parfaitement exact et parfaitement abusif, c’est même scandaleux!
  • c/ Une relation hiérarchique infondée  (les parents ne sont pas employés par le ministère de l’éducation nationale. Le rapport hiérarchique qui prévaut au sein de l’éducation nationale n’a pas sa place dans les relations entre les familles et les contrôleurs). C’est parfaitement exact et parfaitement abusif, c’est même grotesque !

4/ Les arguments polémiques : une situation de discrimination au regard des familles scolarisées en établissement

  • a/ Le législateur place les familles en IEF dans une situation d’inégalité : il les oblige à justifier leur mode d’instruction alors que les familles qui ont choisi d’instruire leurs enfants dans les établissements scolaires publics ou privés n’ont pas à le faire. A cela je réponds que les parents qui scolarisent leurs enfants les placent entre les mains d’enseignants qui subissent des contrôles tout comme eux et qui disposent d’examens (pas comme les parents)  et que la notion de choix ne dispense pas  les parents d’être contrôlables et contrôlés: au contraire légalité devant le droit exige que ces parents soient contrôlés sur le lieu de l’enseignement et non dans les écoles.  Par contre, le contrôle à domicile par les services sociaux introduit une discrimination, car les enseignants ne subissent pas d’enquête sociale. 
  •  b/ Contrôler ces familles à leur domicile pour lutter contre la mise en danger de l’enfant est paradoxal, car ces familles en IEF ont fait le choix de déscolarisation leurs enfants pour les protéger de la violence du milieu scolaire ! A cela je réponds que les familles ont la possibilité de choisir  et si leurs choix sont plus exigeants en matière de respect de l’enfant, cela ne les dispense pas d’être contrôlables  et contrôlées, comme c’est le cas pour les enseignants: au contraire légalité devant le droit exige que ces parents soient contrôlés.
  • c/ La circulaire n° 99-070 du 14-5-1999 quant à elle suppose que l’instruction en famille est un  choix qui n’est pas un choix équivalent à celui des familles dont les enfants fréquentent les établissements scolaires. L’importance et la priorité accordées à la fréquentation des établissements scolaires depuis la loi de 1998 pèsent également dans les relations entre les familles et les inspections. Il est exact que la circulaire  met en cause ce choix et le droit car elle s’appuie sur l’idéologie de la priorité scolaire qui établit une hiérarchie dans l’échelle des choix. Sur ce point  je souscris à la hiérarchie des choix, dès lors que les familles ne sont pas des professionnels de l’enseignement : mais seule la hiérarchie des compétences justifie la hiérarchie des choix et en aucun cas une hiérarchie de principe . La priorité accordée à l’école ne se justifie que si elle découle d’une inégalité de fait dans la compétence à instruire, inégalité qui découle de l’absence de diplôme des parents, de l’absence de professionnalisme auquel l’administration oppose  “le professionnalisme” de ses experts en pédagogie .  Ce à quoi les familles répondent qu’enseigner est un art et non une compétence, qu’enseigner est contraire à la nature de l’enfant,  qu’enseigner n’est pas formater les consciences (ce qui non seulement met en cause le principe même de l’acte d’enseigner, mais également le choix des  contenus) et enfin que les experts patentés en pédagogie ne garantissent nullement  la réussite scolaire et le bonheur de l’enfant à l’école (tant qu’à faire parlons de “bonheur”, car le terme épanouissement me paraît encore trop fade).  Hélas tout ce discours des parents n’est pas légitime, car la loi impose l’instruction, c’est à dire la transmission des connaissances . De surcroît, elle impose un contenu défini par décret.  dès lors, je conclus que la loi introduit une hiérarchie des compétences et une hiérarchie des choix, ce qui fait beaucoup de hiérarchie, j’en conviens.    C’est donc la loi qu’il faut mettre en cause.

 5/ Les griefs contre les contrôleurs, contre l’EN et contre le gouvernement:  

  • a/ Le bras de fer avec l’administration :  je cite cet extrait  qui me semble particulièrement réaliste : “La plupart des familles abordent donc avec appréhension les contrôles, et la manière dont ils se déroulent est malheureusement trop souvent à la mesure de leurs inquiétudes. Ce sont parfois de véritables « combats » durant lesquels des inspecteurs font preuve d’une incivilité inacceptable, que ce soit à l’égard des enfants ou des parents. D’autres se permettent même des réflexions insultantes. (…) 
  • b/ Les familles ont mises en insécurité : “Des sentiments de peur, d’angoisse, de crainte, de stress notamment, sont largement exprimés. Et même si les familles n’ont rien à cacher (…) ces contrôles sont vécus par beaucoup comme une intrusion (…).
  • c/ Les contrôles poussent les familles à se plier à des exigences qui ne sont pas conformes à la législation  : “Certains inspecteurs usent et abusent d’un pouvoir que leurs confèrent d’une certaine manière les textes, mais ils outrepassent leurs prérogatives en l’utilisant pour menacer les familles. (…)  d’autres affirment que leur but est de scolariser les enfants et vont jusqu’à tenter d’influencer certains enfants en dehors de la présence des parents. Dans ces conditions il est aisé de comprendre la réticence des parents à laisser leurs enfants, seuls, en présence de certains inspecteurs”
  • d/ Les évaluations selon le niveau scolaire ne sont pas légales : “Il est courant que les familles expriment leur refus des modalités puisque les contrôles consistent très souvent en des évaluations de type scolaire. Certains inspecteurs y voient là un refus du contrôle” (qui entraîne des sanctions). Ces familles se battent pour leur droit et non pour refuser le contrôle. “C’est sur le refus légal des familles des tests scolaires que les contrôles achoppent dans la plupart des cas alors que la circulaire n° 99-070  stipule clairement que le contrôle de l’instruction dans la famille par l’inspecteur d’académie ne doit pas se faire en fonction des programmes en vigueur dans les classes des établissements publics ou privés sous contrat”. Je ne pense pas que la circulaire stipule cela: c’est le décret qui libère les parents de suivre le niveau scolaire, celui-ci n’étant applicable qu’à 16 ans.  
  • e/ Les pressions exercées entravent la liberté du choix pédagogique:  ”Beaucoup de familles en effet en viennent à préparer ces contrôles de manière scolaire (…) ou à préparer les enfants à des épreuves scolaires,  alors que leur choix éducatif est contraire à ce système d’évaluations”.
  • f/ La liberté de l’enseignement est bafouée, dès lors que des pressions sont exercées pour imposer aux parents des références scolaires et  soumettre les familles à la scolarité obligatoire  au lieu de l’instruction  obligatoire : la priorité accordée aux établissements scolaires est donc une façon de porter atteinte à la liberté de l’enseignement.

Ce rapport met donc en cause deux aspects essentiels de la législation:

1/ la loi qui impose le caractère prioritaire de l’enseignement en établissement, alors que les familles libres de leurs choix éducatifs, privilégient une autre conception de l’éducation: “des familles dont le choix est mû au contraire par la volonté de privilégier l’individualité et le développement propre à chaque enfant”.

2/ L’EN n’est pas apte à exercer les contrôles, ce qui à mot couvert  s’exprime ainsi :  “Si les inspecteurs ne respectent pas les textes de loi ni les directives de leurs supérieurs hiérarchiques, s’ils méconnaissent ce qu’est l’instruction en famille, de nombreuses familles et les associations avec elles, se posent la question de la légitimité de l’éducation nationale à organiser ces contrôles. Comment peut-on être juge et partie ?”

 

Reste un point qui dans ce rapport paraît obscur, sinon discutable : le rôle des parents dans l’apprentissage ?  

 Il semble que cette synthèse, présentée par les 3 associations, tente d’introduire  dans le droit revendiqué par les familles, une conception de l’instruction qui est contraire à la loi:  les rapporteurs tiennent un discours très “bizarre” concernant l’obligation d’instruction. “Instruire” signifiant enseigner, il est évident que les parents doivent tenir le rôle d’enseignants dès lors qu’ils s’engagent à exercer cette mission.  Or la loi ne dit pas qu’ils sont tenus à l’obligation d’instruction “dans la mesure compatible avec  leurs aptitudes  intellectuelles ou leurs convictions philosophiques”. En clair elle ne dit pas que cette mission dépend de leur bonne volonté ou de leurs compétences: elle dit qu’ils doivent l’exercer dès lors qu’ils s’y engagent!  

 Alors,  comment comprendre ce passage du rapport  qui semble soustraire les parents à cette exigence ?  Au nom de l’indulgence , le rapporteur tente de les exonérer de leur mission:

“Les familles sont parfois renvoyées à leur incompétence en matière d’enseignement. Et pour cause, les parents n’ont pas été formés pour être des enseignants et ne revendiquent d’ailleurs pas ce statut,  mais s’inscrivent plutôt très souvent comme les « accompagnateurs » de leurs enfants dans leurs apprentissages.”

Si ces parents ne sont que des accompagnateurs, alors qui “instruit” l’enfant?  La réponse est évidente, c’est l’enfant lui-même !  Et les rapporteurs, qui ne doutent de rien,  ajoutent :

“Il n’en demeure pas moins que les enfants apprennent aussi en dehors de l’école et qu’ils obtiennent des résultats au même titre que les enfants qui fréquentent les établissements scolaires.”

Si certains enfants en IEF obtiennent de tels résultats, est-ce vraiment avec de telles méthodes ? Est-ce que les résultats donnent lieu à une instruction ou à une culture sélective? Que vaut une culture spécialisée ? Les rapporteurs sont prudents et ne disent pas “avec qui”  les enfants apprennent : ça se passe “en dehors de l’école”, mais où ?? Peut-être au cinéma? Peut-être dans la rue, au club de foot, ou à la messe, va savoir?  Pour avoir une explication plus précise, citons cet autre extrait du rapport : 

 ”Les apprentissages informels : certaines familles n’ont pas de programme pré-établi et répondent au fur et à mesure à la curiosité naturelle de l’enfant. Les enfants apprennent tout le temps et les familles n’ont pas nécessairement, surtout quand les enfants sont jeunes, de traces écrites à produire lors des contrôles. La très grande majorité des inspecteurs méconnaissent les apprentissages informels et il est difficile pour ces parents de prouver que leurs enfants reçoivent bien une instruction.”

Est-ce là “la preuve que les enfants reçoivent bien une instruction tout à fait conforme à leurs droits” comme le prétend ce rapport?  

Apparemment ce sont les parents qui interviennent :  ils  n’enseignent pas, ils ne préparent pas, ils n’obligent pas l’enfant à écrire, non ils “répondent” à sa curiosite  (ils savent quand même répondre,  ils  ont donc un savoir  qu’ils tiennent de leur expérience propre sans doute, va savoir ?  Mais certains parents  sont réticents à  transmettre, diriger, orienter l’enfant,  parce qu’ils font  passer des “attentes”: le mieux c’est  donc le vide ! ).   Je suis émerveillé devant tant de candeur, je suis “effaré” devrais-je dire!  Traduisons ce discours : en famille quand l’enfant vaque à ses activités ludiques, ou quand il se brosse les dents, il “apprend” ! Il fait cela naturellement et  ”tout le temps” (ce qui n’est pas le cas à l’école où l’enfant s’emmerde  et décroche) ! Il existe donc une grosse différence entre un  enfant en IEF  qui est un “ apprenant naturel et permanent  (une  fée  a veillé  sur son berceau), et l’enfant à l’école qui est lui aussi  un apprenant,  mais pas naturel du tout car seul, il ne peut pas épanouir son potentiel:  il lui faut un enseignant “pédagogiste” ! Je pense que de tels arguments ne peuvent que créer une certaine jalousie de la part des inspecteurs… qui rêvent d’avoir de tels virtuoses dans leurs écoles pour relever le niveau général !  On comprend donc que certains contrôleurs confrontés à la réussite des parents deviennent aigris et vindicatifs!  Donc à lire ce rapport, l’IEF a la chance d’avoir des enfants qui sont  sur-doués, ou doués par  mère nature, ce qui est une chance pour eux car du côté des parents, ils seraient plutôt placés devant un vide  (j’entends un vide volontaire, qui laisse place à l’initiative et à la curiosité).

Pour donner plus de poids à  l’affirmation contenue dans ce rapport selon laquelle on instruit mieux l’enfant à la maison et en dehors de l’école, sans pratiquer d’enseignement,  qu’à l’école en le contraignant à apprendre, je demande à ces parents de communiquer leurs rapports de contrôle, de les diffuser sur ce site pour nous convaincre de la valeur de vérité de leurs propos.  S’il ne le font pas, c’est que les rapporteurs mentent.

L’enfant en IEF apprend donc  seul et tout le temps, dans sa vie quotidienne, avec des parents qui ne sont que des “accompagnateurs”, pas des pédagogues et encore moins des “enseignants” (mot qui choque certains!)  : le rapport  vient de nous exposer “l’apprentissage par soi-même”, ou l’apprentissage informel… ce qui n’est pas sans rappeler une  idéologie en vigueur dans l’école : “l’enfant construit lui-même son savoir”, mais les parents en IEF poussent la logique  jusqu’à l’absurdité et pour ne pas “gâcher” l’enfant comme on le fait à l’école, le mieux est donc de ne rien faire du tout!  Voilà donc une innovation pédagogique qui semble quand même déranger certains inspecteurs. Ils renvoient ces parents “à leur incompétence” et exercent des pressions – on se demande pourquoi ?   

Et pour conclure ce rapport éloquent, je cite cet extrait :  “Nous sommes donc loin de cet état d’inculture, d’embrigadement, d’aliénation ou de maltraitance évoqué dans la circulaire, mais dont l’influence perdure pourtant aujourd’hui encore en dépit de dix ans d’expérience des contrôles pédagogiques.” Pour moi, Ces familles et ces enfants risquent fort d’être très proche de l’état d’inculture, et d’obscurantisme est bien leur mode de pensée. Si de tels parents n’ont pas une appartenance sectaire, ils propagent et pratiquent  une idéologie qui n’est pas légale, qui est dangereuse pour l’enfant et je ne saurai trop recommander à la Miviludes de s’intéresser à la secte de Saint Alan Thomas.  Je suis prêt à reconnaître qu’on peut amener un enfant à un certain niveau d’instruction, par l”émulation, sans enseignement magistral, sans guidance, mais cela reste des cas d’espèce: on pourra le dire que le petit Mozart s’est “initié” seul au piano et que ces parents n’ont fait que répondre à ses demandes,  cela ne prouvera pas que la plupart des enfants puissent suivre cette voie.   Cette théorie s’appuie sur des modèles non directifs (Montessori), pratiqués “en classe” dans des écoles alternatives.  En réalité ces enfants sont subtilement guidés vers des activités et dans ce cas, je considère qu’on peut obtenir  des résutats aussi probants et parfois meilleurs que  ceux obtenus par des apprentissages contraints dans le cadre des pédagogies scolaires traditionnelles ou les méthodes rénovées que pratique la secte pédagogiste.  L’école soumise au dogme de Meirieu ne peut pas se placer en donneuse de leçon  au vu de la situation scolaire actuelle.

 A ces parents qui pensent qu’on peut instruire “sans suivre un  programme pré-établi, en répondant simplement à la curiosité de l’enfant,  je tiens à rappeler que l’expression “instruction obligatoire” est encadrée par le décret 99-224,  qui fixe les objectifs cognitifs de cette instruction. Ces objectifs sont suffisamment vagues pour permettre aux inspecteurs d’en “apprécier en conscience”  la manière de les faire appliquer lors des contrôles. Je tiens à dire que les parents qui abusent de cette liberté dont nous bénéficions pour adapter nos méthodes d’enseignement à notre enfant, ne saurait être sabordée,  discréditée  par la confusion délibérée qu’il font entre “instruction et curiosité”.  Il ne serait pas acceptable que les contrôles exigent plus de réussite de la part de nos enfants qu’il n’est exigé de la part d’un enfant scolarisé, et les familles de leur côte ne devraient pas utiliser l’échec scolaire comme alibi pour rompre avec leur obligation.   

Ce qui sous-tend cette volonté des parents de ne pas enseigner, c’est le déni de la différence d’aptitude entre les enfants (ils ne sont plus comparables, chacun suit une voie qui lui est propre).  Dès lors qu’il n’y a plus d’apprentissage formel, il n’y a plus d’évaluation possible des connaissances.  C’est ce qui explique que les familles en unscooling s’opposent farouchement à toute procédure d’évaluation et tiennent des discours les plus  irréalistes sur “l’apprentissage qui ne laisse pas de traces écrites, qui n’est pas vérifiable” .  En quelques mots, ces parents croient réellement que leurs enfants apprennent  alors que rien n’est tangible.  C’est un comportement hors des réalités, c’est une foi.

Ce rapport  tente de faire passer pour de l’instruction, ce qui n’est que du vent.  en se servant toujours des mêmes arguments: la liberté pédagogique  et la liberté de l’enseignement. Il soutient ceux qui pratiquent l’IEF et tentent avec naïveté de faire prendre des vessies pour des lanternes à l’EN, mais l’administration sait ce “qu’enseigner veut dire”  (un ouvrage qui n’est pas de Bourdieu). En imposant des évaluations, les inspecteurs demandent des preuves de l’instruction fournie, uls ne rentrent pas dans le jeu des parents.  Le refus des évaluations de la part des adaptes du unscooling, leur radicalisme, leur idéologie d’un apprentissage qui ne laisse pas de trace, renforce la détermination des inspecteurs d’appliquer des évaluations.  Il est à souhaiter que l’EN persiste à  exiger de ces parents des preuves de l’apprentissage, mais il serait encore préférable de mettre définitivement un terme à toutes les pratiques de unscooling pour la sérénité de l’iEF et pour sa perennité.

Sans la situation actuelle,  les deux partis sont en opposition: les parents qui optent pour le unscooling  dénoncent les violences à l’école et les inspecteurs sanctionnent l’imposture des parents qui  prétendent instruire sans enseigner.  C’est une impasse. Quant aux autres familles en IEF, celles qui instruisent, elles sont embarquées dans “une galère”!  Elles assistent, elles comptent les points et elles subissent le climat détestable des contrôles comme les autres. 

 Je veux croire que de nombreuses familles en IEF ont les pieds sur terre et qu’elles enseignent (avec plus ou moins de liberté par rapport aux programmes, certes, car c’est pour un choix de pratiquer une pédagogie souple  que les parents optent pour l’IEF ), mais avec le souci d’être crédibles le jour du contrôle, avec des preuves tangibles de leur travail.  Quant à ceux  des parents qui  rejettent l’enseignement, je pense qu’ils règlent un compte avec un système d’enseignement public fondé sur la compétition, fondé sur l’évaluation, sur la pression à apprendre et sur la compétition sociale. Je pense qu’ils réparent leurs vécu de l’école et embarquent leur enfants dans leurs propres griefs: il est évident que l’école contraint et qu’elle stigmatise les enfants. Devenus adultes et parents, ils refusent ce système. Si leurs choix ne sont motivés que par une inculture congénitale et dogmatique,  je ne m’apitoierai  pas sur leur sort et  je pense que l’administration fera son travail, je lui fais confiance.  

La parole à ceux qui veulent l’IEF “hors des murs”, mais pas dans le mur !


 Le danger de l’apprentissage informel

Au vu de ce que ce que je crois avoir compris, c’est à dire la très forte complaisance des associations IEF  (les trois majoritaires) à l’égard des apprentissages informels, je crois qu’il est temps de donner la parole aux parents qui pratiquent l’IEF avec une véritable volonté d’instruire leurs enfants: pour l’instant et à ma connaissance, rien n’apparaît dans ce sens sur les blogs car  le plus grand nombre de ces blogs présentent l’IEF sous l’angle du bonheur familial, de l’épanouissement hors de la caserne scolaire et de la joie des adultes à retrouver le sens de la vie dans la symbiose parents-enfants. Il existe aussi  des blogs qui vantent les mérites de l’enseignement  Decroly, Montessori, etc, mais très peu de parents osent déclarer qu’ils “instruisent” leurs enfants par un enseignement formel , comme si la chose était tabou. Est-ce à dire que ceux qui font de l’enseignement formel, qui suivent les programmes scolaires, tentent de passer inaperçus, de ne pas faire parler d’eux ?  Ou est-ce à dire qu’ils craignent la pression d’une partie de l’IEF, celle qui cherche à imposer sa norme “unscooling” et à la propager hors de l’IEF?  Cette propagande “unscooling ou non-sco ” pourrait avoir des ramifications vers d’autres  cadres idéologiques, notamment sectaires.  Est-ce que vous les avez un peu pressenti ?

La résistance contre la répression de l’appareil scolaire vient essentiellement d’un groupe de parents qui se nourrissent de l’évangile selon Saint Alan Thomas, prophète en son pays.  Ce noyau de résistance s’accompagne d’une résistance prudente, discrète,  des associations qui font le grand écart entre la loi et leurs adhérents, souvent hostiles à tout contrôle,  souvent hostiles à tout apprentissage (sauf celui de la “vie”…) et souvent hostiles à toute contrainte imposée par l’Etat.  Aujourd’hui une famille qui revendique haut et fort la pratique du unscooling,  est en train de faire un tapage diurne et médiatique retentissant. Elle  est entrée en guerre contre l’EN. Il semble que les associations qui mangent à la table des partisans du unscooling, trouvent le plat indigeste ! Trop de tapage nuit à l’IEF. Faire la guerre avec l’EN nuit à la tranquilité de ceux qui pratiquent le unscooling sans faire de bruit.

Pour autant je ne suis pas pour un enseignement “scolaire” : je suis favorable à un enseignement formel  ou programmé mais ouvert à des espaces de liberté pour l’enfant:  par exemple, le choix des livres en littérature, mais un choix encadré par ces conseils . L’enseignement doit aussi développer la curiosité de l’enfant, mais cette curiosité dépend de l’environnement familial. L’enfant est dans un cadre de valeurs, de références culturelles ou inculturelles, de livres mis à sa disposition ou d’appareils vidéos, de jeux; il subit des influences extrêmement fortes. Ses choix sont orientés, quoi que le prétendent ces parents qui veulent éduquer l’enfant à la liberté en lui offant un univers neutre, sans contraintes ni directivité.  Je pense tout particulièrement à ces parents qui prétendent s’interdire toute “attente” envers leurs enfants. Je pense qu’il faut un “enseignement”, ce qui veut dire des connaissances fondamentales transmises  (maths, français, langues, histoire) et un enseignement des disciplines scientifiques. Ceci ne signifie pas  un enseignement scolaire, car la différence tient au fait que l’adulte qui accompagne l’enfant dans sa découverte de l’histoire, des sciences, lui communique un désir de connaissance  que l’école tue par l’extrème artificialité et pauvreté des contenus : c’est le cas en français où les livres scolaires atteignent un rare niveau d’imbécilité.  Nous avons passé des moments étonnnants à découvrir l’histoire des francs, leurs moeurs, leurs lois, en recherchant sur des sites faits par des historiens,  chose que jamais un livre scolaire ne proposera. Je pense qu’il faut laisser aux parents une marge de manoeuvre dans la mise en oeuvre des programmes pour éviter d’être mis dans l’obligation de “coller” à la version appauvrie des programmes scolaires actuels, car entre Saint Thomas et Saint Meirieu, je ne suis ni pour l’un ni pour l’autre: pour moi l’école publique est devenue un lieu d’endoctrinement  où l’économisme est dans chaque page des manuels, mais l’Etat se présente comme la voie du salut de l’enfant. L’enseignement est devenu un enjeu et les imposteurs grouillent aussi bien dans l’école que dans les familles, surtout celles qui s’écartent des établissements pour refaire le monde selon leur mythologie. Le bonheur d’apprendre se partage avec ses enfants, sauf pour les incultes qui font de l’inculture une religion.

Si l’école n’est pas la voie du salut, si elle semble être devenue la voie de la “crétinisation programmée” selon les termes de Brighelli,  l’IEF semble s’orienter vers la voie de la super inculture “déprogrammée” ! Dans cette spirale du toujours moins d’efforts et d’exigences, le discours des “enchanteurs Merlin” s’est organisé autour de plusieurs axes théoriques qui constituent la poudre de perlin pinpin qu’ils dispersent à tout vent et notamment auprès des médias et de l’EN , prétendant avoir découvert le vrai sens de l’apprentissage -  vouloir convaincre l’EN  est plus dangereux, parce que cette administration, aussi intoxiquée soit-elle par la parole de Saint Meirieu, n’aime pas la concurrence pédagogique venant d’autres Saints imposteurs, surtout portée par des parents: elle ne sera jamais dupe du discours que lui opposent avec une naïveté effarante des aventuriers de la secte saint thomasienne . Les parents qui optent pour des enseignement non directifs de type Montessori, ont quand même un fort handicap :  leur maison n’est pas la bibliothèque nationale ! Si les jeux et le matériel  Montessori répondent aux besoins des jeunes enfants, quand vient l’heure de la curiosité intellectuelle, quand il est temps de quitter les manipulations et les exercices sensoriels, Montessori n’a rien inventé de très original :  il lui offre  une pédagogie non directive qui subtilement est quand même “modérément directive”.  Je peux vous donner quelques adresses de vidéos qui en témoignent…  Allez lançons quelques pavés dans la mare …

 

 
 
 
J’ai lu entièrement votre blog et j’ai acquiescé à chaque fois.
 
Par exemple :  j’ai eu des contacts avec des parents qui instruisent en famille, et qui m’ont jeté la pierre car je faisais travailler mes enfants. Pour eux, comme mes enfants ne vont pas à l’école, ils doivent vivre leur vie, jouer toute la journée et ne pas avoir de contraintes. Oui mais. Je déclare tous les ans que j’instruis mes enfants, pas que je m’amuse avec eux. C’est un boulot sérieux, qui peut me porter préjudice si je ne le fais pas.
 
Les parents qui font de l’informel me scandalisent. Ils disent que les enfants apprennent mais un enfant qui ne sait pas lire à 8 ans parce qu’il ne faut pas le contraindre, je trouve ça “fort en café”, car ces parents seraient les premiers à râler si l’école ne leur apprenait pas à lire au CP. C’est un gros non-sens en fait. Je suis même pour qu’on passe par des cycles en IEF, à 8 ans, maîtriser la base des mathématiques et du français, c’est pas compliqué. Maîtriser le socle commun à 16 ans, c’est vaste.
 
Parce qu’en IEF, on passe pour des tagazou. Comment voulez-vous que l’IA nous fasse confiance si on a une bande de branquignoles qui , sous couvert de liberté pédagogique, se met à utiliser des pédagogies (unschooling) à la limite du sectaire, pour ne pas brusquer leur petite progéniture.
 
Même les associations les défendent, alors que dans la loi, l’informel pur et dur est interdit. D’ailleurs ces associations me font bien rire, car la circulaire de 1999 (celle de Ségolène Royal) va être modifiée. OK. Mais les associations n’auront pas leur mot à dire, et quand j’ai eu le culot de me renseigner, on m’a tout simplement demandé…. d’écrire directement au Ministère de l’Education Nationale. Sympa pour ceux qui cotisent à l’année.
 
Vos prises de décisions ne me dérangent pas, et vous osez clamer haut et fort ce que je n’osais dire qu’à demi-mot . D’ailleurs, si ça continue, on nous supprimera tout simplement ce droit d’instruire en famille, comme ça, tout le monde sera content, et les IA n’auront plus à s’inquiéter des pédagogies bizarroïdes. Ce sera dommage pour ceux qui le faisaient sérieusement.
 M.  le 28/3/11
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Psreuben : Je souscris totalement.
 
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  ”C’est marrant parce que nous aussi on a envie de jeter des pierres dans le monde de l’IEF, mais c’est dans l’autre sens. Autant nous adhérons totalement à votre présentation parents/educ nat, autant notre problème à nous, sur le sujet, est de constater que les familles en IEF (par le biais de Montessori notamment) ont des attentes énormes  par rapport à leurs enfants, ce qui est déjà compliqué à gérer pour un enfant qui se doit d’être bon en classe, mais (qui est)  terrifiant pour celui qui doit l’être à la maison. Enfin à notre avis, hein? …
 
En effet l’obligation de réussite poussée par le couperet, la pression des contrôle de l’EN sur les enfant non sco, transforme la liberté et la légitimité des choix pédagogiques des familles”.
 
A propos des points 3 et 4 de votre article (L’IEF,  un malentendu soigneusement entretenu)

3:  Il était temps! ….  que les parents se rendent compte qu’ils pouvaient investir l’éducation de leur progéniture. Le raccourcis et la présentation (de votre article) sont très discutables à notre goût, mais cela nous mènerait dans un débat stérile  ou un faux procès.

4: Nous aurions envie de dire:  “chaque chose en son temps”. Quel est l’âge des enfants dont nous parlons? Montessori enseigne la lecture à 4 ans, je trouve pour ma part cela très intellectuel…

(Notre ) regret par rapport au retour de ces pédagogies ? Aucune d’elles ne s’appuie sur les livres qu’il est possible de proposer aujourd’hui aux enfants, est-ce là ce  qui vous fait affirmer que le sensoriel est coupé de l’intellectuel?

Il nous semblait que les parents en IEF voulait ouvrir leurs enfants sur le monde (et l’apprentissage informel semble être pour cela une voie royale) – et non pas le contraire. (non signé, le 29/3/11)

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psreuben :  Je vais emprunter à un blog  trois extraits pour éclairer le sens des “attentes” des parents: ces extraits témoignent  du caractère très normatif  de la contre-culture scolaire que l’IEF développe : c’est  presque grégaire. Nous n’avons pas déscolarisés nos enfants pour leur épargner le grand décervelage scolaire, alors que nous sommes en train de subir en IEF un grand décervelage non-sco. Gardons notre esprit critique et notre individualité.

“Autant, tous ces blogs autour de l’instruction en famille sont des mines d’inspiration pour la plupart d’entre nous, autant, ils sont prétexte à des comparaisons qui vicient, à nos sens, l’intérêt même de l’instruction en famille.

Parce que à travers nos blogs est entrain de se définir une forme de norme, et que je n’en ai pas trouvé un qui ai l’honnêteté de parler de ce qui ne se passe pas. et ce qui ne se passe pas, est ce qui se passe chez chacun d’entre nous tout au long de la journée.

Lorsqu’on pratique l’école à la maison non seulement on ne peut s’en prendre à personne, mais en plus ce sont les parents qui définissent les objectifs de leurs enfants. Et qui développent des attentes face à leurs enfants.” 

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A propos, j’adore votre site, ainsi que les images que vous insérez, un vrai petit joyau, je viens le visiter tous les matins et je me poile à chaque fois.  Mon mari et moi-même vous soutenons dans votre démarche. (…) Je viens de tomber sur ce site  qui  fait l’apologie de l’unschooling, de la vie des enfants sans entrave, parce qu’apparemment, unschooling rime avec “no rules”, aucune contrainte, aucune heure de coucher, de repas, bref de futurs bon clients pour les psys.  Et la socialisation ? Apprendre la vie en société ? Les codes, le respect ? Le jour ou ce bébé unschooling, devenu grand,  grillera un feu rouge, qu’il se fera pincer, que fera-t-il ? (…)  Comment grandir “normalement” sans cadres ? Je suis contre la non-violence, non pas que je proclame qu’il faille tabasser les gamins, mais s’ils ont fait une bêtise, s’ils sont punis, c’est apprendre les règles de la vie. Ils doivent aussi comprendre que dans leur vie future, un acte répréhensible peut porter de lourdes conséquences. Je trouve que c’est logique !

 

L’IEF un malentendu soigneusement entretenu


J’ai été amené à  instruire un de mes enfants pour des raisons personnelles. Selon l’article L131.2, mes raisons répondent à un choix parental et un choix ne se justifie pas.  Or l’article 3 de  la loi 98-1165 prévoit que l’administration soit informée des raisons du choix des parents par une enquête de la mairie compétente “uniquement aux fins d’établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables” .  

J’ai découvert  aux cours des contrôles effectués à mon domicile que  l’Education nationale manifestait  une attitude autoritaire, hostile  envers les parents et doctrinaire dans les jugements qu’elle porte sur les méthodes d’enseignement en IEF : la dictature administrative  se comporte envers nous comme si nous étions des sous-citoyens ou des parents placés sous sa tutelle. Tous les moyens sont bons pour nous discréditer, notamment en mettant en cause nos choix pédagogiques: l’administration voudrait imposer  le pédagogisme dans le cadre de l’enseignement familial. Or dans notre cas, c’est parce que la pédagogie scolaire est désastreuse que nous avons pris la décision d’assurer l’enseignement à domicile.  Nous voulions un enseignement qui réponde à une l’exigence intellectuelle et culturelle et nous refusions la pédagogie au rabais qu’impose l’usine du “crétin” ainsi que la qualifie J.P. Brighelli. Le terme est fort, mais juste.  La  position dogmatique  de la hiérarchie scolaire, à quelques exceptions près (j’ai connu un inspecteur  qui témoignait d’une ouverture d’esprit assez rare envers l’IEF), m’a conduit à réfléchir à cette hostilité et examiner l’évolution des lois.   

J’ai une conception de l’enseignement assez rigoureuse et traditionnelle, mais surtout une expérience de rééducateur  qui m’incite à penser que suivre le rythme de l’enfant est la meilleure des pédagogies. Cet argument est aussi celui de beaucoup de familles qui souhaitent réconcilier l’enfant avec les apprentissages, supprimer l’évaluation frénétique qui agite l’école et tout ce qui donne à l’enseignement un caractère “normatif” .   Néanmoins  apprendre dans la liberté, ne doit pas tourner le dos à la qualité de l’enseignement. Beaucoup de parents en IEF reconnaîtront la première condition, mais pour ce qui est de la seconde, je crois comprendre que les avis sont partagés: certains parents considèrent que l’instruction est contraire à la “nature de l’enfant” et veulent lui permettre de “grandir” sans le gaver de connaissances qui ne répondent pas à  sa curiosité .    

Lors de contacts associatifs,  j‘ai découvert des parents qui prennent la décision d’assurer l’instruction de leurs enfants en famille (IEF). Ils affirment leur volonté de revenir à un enseignement libre,  de restaurer la responsabilité parentale de plus en plus restreinte  par l’impérialisme scolaire et enfin de donner à l’enfant un mode d’apprentissage plus épanouissant . Dans le contexte actuel de l’école, ce choix est souvent préférable à la scolarisation quand elle s’effectue de façon indigente et quand de surcroît, elle affiche son ambition d’assurer l’éducation de l’enfant, lui imposant une sorte de formatage scolaire.  Une prétendue pédagogie (si on peut l’appeler ainsi) tend à remplacer les connaissances  par des “compétences” (transversales), des “savoir faire” et des “savoir être”: ces objectifs sont entrés dans l’école depuis les années 80 .  L’EN multiplie de façon inquiétante les procédures de fichage. Dans le même temps l’enseignement public a tourné le dos à l’esprit critique.   L’éducation a pris le pas sur l’instruction dans certains établissements.   J’ai bénéficié de l’instruction publique à une époque où l’EN avait un autre modèle d’enseignement: j’en conserve un très bon souvenir. Aujourd’hui l”école publique  est une école à deux vitesses, sous l’emprise d’une sorte de secte.  Je milite contre cette idéologie qui se résume dans les  formules : “l’enfant construit son savoir” et “l’enfant au centre du système éducatif”.  Les risques qui menacent nos enfants dans leur vie scolaire et dans leur scolarité sont divers: la violence n’est pas le moindre, mais l’inculture m’inquiète d’avantage encore . 

L’enfant c’est l’affaire de la famille, l’élève, c’est l’affaire de l’école. Que l’école prétende “épanouir” l’enfant est une absurdité qui relève de la confusion totale des rôles. L’école était censée instruire, mais il semble que cette mission est compromise. Pour ma part,  ce que je dénonce en priorité, c’est la dégradation de l’enseignement qui résulte de la domination du pédagogisme sur l’école et le bourrage de crâne qui se pratique en classe avec de pieuses intentions, c’est aussi le conformisme que génère l’école. Une culture commune, générationnelle   s’y développe: c’est la culture de la médiocrité, de l’uniformité  et celle de la rue qui prennent  le pas sur la Culture et le Savoir.  Le système scolaire  créé des ghettos d’inculture où les enfants sont exposés à des risques et l’administration scolaire répond à ce constat par des mesures éducatives au lieu de revenir à  un enseignement qui donne du sens à la scolarité  : à l’école on apprend et on acquiert une formation. La scolarité “parking” n’offre aucun avenir aux élèves.

L’IEF peut avoir plusieurs significations  qui sont critiquées ou critiquables: 

1/ Il existe des parents qui s’inquiètent du vécu de leur enfant à l’école et de la qualité de  l’instruction qu’il y reçoit: déçus ou mécontents,  ces parents déscolarisent .  Rejetant l’expérience scolaire qu’ils jugent (hé oui) néfaste à l’enfant, ces parents sont considérées comme “des renégats, des  déserteurs” qui quittent le bateau avant qu’il ne coule.

 2/ D’autres parents refusent le rôle de l’école et refusent la scolarité. Ils  enlèvent  à l’enfant l’expérience d’être “l’élève”, c’est à dire d’être arraché à l’influence des parents et confié à l’Etat, pour recevoir l’instruction (les établissements publics ou privés restent tous sous le contrôle de l’Etat). C’est ce qu’on leur reproche :  on les accuse de marginaliser l’enfant, de le soustraire à la confrontation avec “l’autre”, de les séparer de leurs “pairs”.   Ils enlèvent à l’Etat  son pouvoir d’action sur l’enfant. Dans cette catégorie  on peut trouver des  familles traditionnelles, des familles ayant des choix confessionnels ou philosophiques.   C’est le noyau historique de l’IEF . Ce sont des familles structurées qui veulent conserver la responsabilité de l’instruction (mais avec une certaine façon de la concevoir, qui n’est pas celle de l’Etat).  L’Etat  et la famille sont en concurrence  et ces familles remettent en cause la répartition  qui avait été  à la base du pacte républicain :  “la famille éduque, l’Etat instruit”.  L’Etat lui-même, en débordant de son champ de responsabilité, n’avait pas respecté le contrat passé avec les citoyens 

3/ J’ai  également entrevu d’autres parents  que je qualifie de  parents irréalistes, loufoques  et tout aussi doctrinaires que l’Education nationale.  Ils ne refusent pas l’emprise de l’Etat sur l’enfant, ils refusent  l’enseignement en tant que “violence exercée sur l’enfant”;  ils refusent que l’enfant sorte du cadre familial protecteur.   Un retour en force du maternage séduit  les  mères fusionnelles  et les pères maternants qui veulent soustraire l’enfant aux contraintes, aux sanctions. C’est l’idéologie de l’enfant roi, de l’enfant intouchable, de l’enfant précieux.  Ces  parents (j’en ai vu quelques uns) vivent dans “l’émerveillement” de l’enfant. La fonction parentale se limite alors à la fascination devant l’oeuvre procréatrice.

 4/ Il existe des parents qui sans refuser l’enseignement  veulent des pédagogies innovantes, non scolaires . Ils puisent dans des méthodes parallèles (Decroly, Montessori, Freynet,…)   qui comportent des manipulations concrètes, l’utilisation  d’un matériel destiné à  amener l’enfant aux raisonnements logiques par  l’expérimentation:  la dimension sensorielle est prévalente par rapport à l’objectif intellectuel : c’est une mode  qui revient en force.  Ce genre de choix pédagogique présente quand même un certain refus du caractère intellectuel de l’enseignement. Le jeu éducatif y tient une place importante.

5/  Il existe aussi une catégorie de parents qui refusent la scolarisation, qui refusent l’enseignement et qui refusent le Savoir.  Pour ces parents le “sens” de la vie n’est pas dans l’école. Ils ne voient l’éducation de l’enfant que de façon ludique:  l’enfant doit “s’éclater”,  vivre pleinement son enfance.  La culture du jeu est l’univers de beaucoup de ces familles : les parents y revivent leur propre enfance à travers leurs gamins et la liberté absolue  est à la base de leur conception éducative. l’IEF est alors un refus de l’école, ressentie comme normative et inutile.   Un courant idéologique venu de la culture américaine  incite des parents à  mener des pédagogies naturalistes, prônant le  laisser faire, rejetant toute forme d’apprentissage  formel et contraint.  Ce courant qui se présente sous  plusieurs appellations (apprentissage informel, unscooling, etc)  est proche du pédagogisme, mais sans l’éducation citoyenne.  Ces familles refusent l’appellation “IEF” (tout en se déclarant sous cette appellation auprès des autorités scolaires, ce qui est malhonnête) . Elles préfèrent  l’expression  ”Non-sco” ou Dé-sco” , car les termes “Instruction en famille”, “instruction à la maison”  ou “homescooling, comportent un impératif d’enseignement, une référence à l’enseignement formel, structuré, programmé qu’elles refusent.  Ces parents partagent avec les pédagogistes la conviction que  l’enfant est capable de “construire son savoir”. Ils ont la même aversion pour toute forme de transmission des connaissances.  Je considère que ces pratiques  constituent un manquement à l’obligation scolaire et qu’elles discréditent l’IEF.  Enseigner c’est “transmettre  des connaissances ” et non  laisser l’enfant aller à la découverte de la “vie” en lui offrant des jeux sur internet.   

Citons un extrait d’un rapport produit conjointement par trois associations (L’EDA, LAIA et CISE)  concernant les pratiques de l’apprentissage informel:

“Les apprentissages informels : certaines familles n’ont pas de programme pré-établi et répondent au fur et à mesure à la curiosité naturelle de l’enfant. Les enfants apprennent tout le temps et les familles n’ont pas nécessairement, surtout quand les enfants sont jeunes, de traces écrites à produire lors des contrôles. La très grande majorité des inspecteurs méconnaissent les apprentissages informels et il est difficile pour ces parents de prouver que leurs enfants reçoivent bien une instruction.”

En clair ces enfants n’écrivent pas, ne laisse aucune trace écrite de leurs savantes spéculations !  On peut difficilement trouver plus niais que cette déclaration ! Un tel angélisme en dit long sur la complaisance de ces associations envers l’apprentissage du vide .   Des gens qui se présentent devant l’EN avec de tels raisonneents  ne peuvent que discréditer l’IEF. Que ceux qui  veulent faire du unscooling soient pénalisés par les contrôles est parfaitement justifié, et même souhaitable, sauf si les parents et le  milieu familial sont très stimulants et qu’ils peuvent prouver que l’enfant  a acquis les fondamentaux et dispose d’une culture propre à la famille (artistique, artisanale, etc): c’est souvent une forme d’instruction très lacunaire.  Pour les parents qui n’ont pas ces aptitudes, le unscooling, c’est la négation de l’instruction et c’est un comportement irresponsable.  

 Pour ne pas se trouver exposés à des sanctions,  lors des contrôles, et surtout par conviction idéologique, certains parents ont tenté  de faire reconnaître leurs bricolages par l’EN. Ils ne craignent pas de se considérer comme des parents qui remplissent l’obligation d’instruction. Ils ont la conviction que l’EN  est fermée à d’autres voies d’apprentissage que la voie scolaire (la ruse consiste à remplacer “enseignement par apprentissage”). Ils pratiquent eux aussi une forme de novlangue et  développent un langage partagé et compris par ceux qui comme eux “font confiance à l’enfant” pour trouver les réponses à ses besoins.  Prétendre  que “l’apprentissage   naturel ” est une des formes de l’instruction, est une imposture, mais aujourd’hui, “tout est possible” ! Que l’enfant “apprenne” de façon informelle, nul ne le conteste, car même l’homme de Cro-magnon devait apprendre au contact des autres, mais l’instruction c’est autre chose. Elle ne peut être obtenue de façon informelle. Ces parents sont dans l’ignorance ou le déni de  l’instruction. Beaucoup d’entre eux ont des comptes à régler avec l’école ou optent pour des modèles de formation qui mettent en cause les  diplômes. Etre autodidacte n’est pas à la portée de tout le monde, apprendre à penser,  à raisonner, ne peut se faire que par enseignement. Il faut cependant constater  que “l’apprentissage informel” emprunte les mêmes notions que celles employées par le pédagogisme dans l’école (la notion de compétence, l’auto-formation, l’auto-évaluation) .  Dès lors que l’EN utilise ces concepts et les reconnaît, elle reconnaît aussi aux familles le droit de les utiliser pour leur compte. L’OCDE  est derrière ces évolutions;  on en est pas surpris.  Ces parents sont soutenus par deux associations (L’EDA et LAIA) qui en 2006,  ont organisé un colloque à REIMS concernant l’apprentissage informel. Ce choix de colloque  apporte une clef qui permet de situer l’option prise par les associations qui prétendent réprésenter l’IEF.  S’appuyant sur des “docteurs et chercheurs” “mondialement connus” (mais introuvables sur internet)  et sur des mouvements libéraux nord américains, elles ont l’ambition  de faire reconnaître l’apprentissage informel comme une forme légitime de l’instruction, opposable à la forme scolaire (dont on connaît les imperfections) :  arguments  ”scientifique” à l’appui, elles prétendent faire la preuve que l’enfant apprend plus dans l’informel que dans le cadre de l’enseignement scolaire ( ce “plus”  ne signifie pas “mieux”) . La vague libérale et confessionnelle  américaine s’attaque aux appareils éducatifs nationaux avec des arguments critiques qui sont justes, mais des solutions qui sont très dangereuses.    

Tel n’est pas le profil de tous les parents,  car d’autres ont le souci de conduire l’enfant vers la vie sociale et gardent un projet formel d’enseignement. L’IEF est très probablement un vaste foutoir où “tout et n’importe quoi” sont possibles: les parents apprentis sorciers, influencés par des théoriciens du vide qui n’arrivent pas là par hasard, ils partent à l’aventure  avec le sentiment d’arracher à l’Etat une compétence qui leur est due. Je considère que seule “l’Instruction en famille”, au sens d’instruction,  est conforme à la loi et  conforme à l’intérêt de l’enfant.  C’est pourquoi  le contrôle de l’IEF est une nécessité.  Je considère également que l’EN est inadaptée pour exercer les contrôles de l’IEF, compte tenu de ses préjugés et de sa prétention à imposer le modèle scolaire.

L’IEF n’est pas une solution idéale, elle a d’évidentes faiblesses, mais l’EN n’est pas davantage une solution idéale: elle a quelques  énormes défauts qui aujourd’hui m’incitent à formuler des critiques à son encontre.  Je pense que l’IEF souffre d’un manque de définition, elle devrait différencier  des “choix parentaux qui ne sont pas compatibles”:

  • l’instruction en famille, menée dans le respect des  programmes scolaires, mais  avec des méthodes choisies par les parents
  • l’instruction en famille menée avec d’autres modèles pédagogiques choisis par les parents, et  libérée des programmes scolaires (sur le modèle des établissements hors contrat, c’est à dire avec des exigences minimales)
  • l’unscooling et  l’insoumission scolaire, c’est à dire toute forme de refus d’enseignement  de la part des parents,   attitudes  qui n’ont pas leur place dans l’IEF.  

Le droit  à la reconnaissance de l’enseignement en famille  que  réclament les associations de parents en IEF  exigerait de la part de ces associations  qu’elles fassent preuve de transparence dans leur définition de l’IEF. Pour l’instant, ce n’est pas leur qualité première.  Je dirais même que leur opacité incite à penser qu’elles tiennent un double langage.  Elles  évitent toute réflexion sur la distinction “IEF/non-sco” – très probablement pour ne pas perdre des effectifs  et contrarier les différentes composantes de leur base.  Il existe cependant des clivages entre les associations qui répondent à cette démarcation entre IEF et Non-sco, mais pour l’instant le sujet est tabou. C’est l’omerta !  Il est plus que probable que certaines accueillent des familles dont  l’idéologie n’est pas celle de “l’instruction” : d’autres développent une politique d’encadrement ou d’aide pédagogique auprès des familles (destinée à éliminer les familles Non-sco). Je suis entièrement favorable à une politique de filtrage qui repose sur une définition claire de l’IEF – seule voie qui peut lui permettre de retrouver  de la crédibilité. Mais la liberté n’est pas toujours au rendez-vous au sein de celles qui filtre  et qui par ailleurs sont tout aussi opaques que les autres, peut-être même davantage. Ce qui semble être un point commun aux associations qui se réclament de l’IEF, c’est précisément l’opacité ! L’important c’est d’avoir une façade propre, un discours qui place “l’enfant en priorité”, ou qui place la loi en priorité, d’avoir des listes d’adhérents et des rendez-vous au ministère. L’IEF est donc un  fourre-tout et sans un Ministère de tutelle, la présence de parents qui contestent  l’enseignement parmi les familles qui se déclarent de l’IEF, ne peut que  discréditer le droit d’instruire  en  famille .  L’EN n’exerce pas cette mission de tutelle:  son rôle est strictement limité aux contrôles et à la “dissuasion” .   

Si plusieurs associations  flirtent avec l’unscooling, tout en prônant le respect de la loi, si elles ne parviennent pas à définir l’IEF de façon crédible, qui donc peut fixer le cadre du permis et du défendu?  Ce sont alors les contrôles de l’EN  qui le font et malheureusement, ce n’est pas la meilleure  façon de procéder à un tri.  La  loi n’est donc pas suffisante.

Je constate enfin que la “compréhension” très  complaisante des associations IEF envers l’unscooling semble donner quelques signes de malaise : y aurait-il de l’eau dans la gaz? Un blog qui ne cache pas  ses orientations “unscooling” (il a le mérite de la franchise)  dénonce la compromission entre les directions associatives et l’EN. Je cite :

 Nous sommes en total désaccord avec les associations de défense de l’instruction en famille dont la collaboration avec l’éducation nationale a placé les familles dans cette situation de proies. Nous sommes des familles fermement décidées à ne plus réagir comme des poules devant un renard qui vient d’entrer dans le poulailler“. Nous n’appartenons à aucune religion d’aucune sorte”.

Cette accusation prise sur le blog “horsdesmurs.com” est en partie juste: c’est l’attitude très modérée des associations qui a mis toutes les familles dans un climat de pressions. Quand l’EN n’a personne devant elle qui lui résiste, elle “se lâche!”  Sus aux hérétiques, sus aux insoumis !  Néanmoins ce commentaire est contestable  et mérite une réflexion. Je lui consacrerai un article.

Proposition pour en finir avec les contrôles “au faciès” et  les parents qui se servent de l’IEF pour se soustraire à l’obligation d’instruction.

La loi  devrait être à la  fois être à la fois plus exigeante et  et plus plus tolérante.

Plus tolérante :

1/Il faudrait d’abord replacer l’IEF sur le même plan que l’enseignement hors contrat: c’est à dire rendre facultatifs les programmes scolaires que la plupart des parents contestent, mais dans le même temps il faudrait imposer un programme minimal - le décret ne fixe les objectifs qu’en fin de scolarité, ce qui  est insuffisant.   Ce programme minimal pourrait être choisi par les familles qui veulent d’autres choix pédagogiques, comme c’est le cas dans un établissement hors contrat.  Mais les familles pourraient également suivre le programme scolaire si elles le veulent.  

 Plus exigeante :

2/ Les parents devraient disposer d’un niveau  d’études permettant d’assurer la scolarité de l’enfant,  qui ne serait pas le même pour le niveau primaire et le niveau secondaire.

 3/ Des “examens”  devraient remplacer  les “contrôles”  pratiqués  au domicile,  car ceux-ci présentent un caractère discriminatoire, intrusif  et donnent lieu à des préjugés : il est important d’enlever aux contrôles leur caractère d’enquête (d’inquisition)  et d’introduire la notion de progression.  Evidemment, la notion d’examen réintroduit “le scolaire”, l’évaluation, etc.   Je ne pense pas:  le contrôle viserait   strictement à établir l’acquisition des fondamentaux, sauf si la famille  demandait une évaluation “scolaire”.  Ce qui est pire, c’est la situation actuelle  avec des contrôles qui mettent les familles en demeure d’accepter “des évaluations” d’un caractère véritablement scolaire et qui,  lorsque les parents refusent,  donnent lieu ensuite à des pressions et des contentieux (qui prennent l’aspect d’une enquête de police ou d’une enquête sociale),  à seule fin de faire payer aux parents leur refus, auxquels s’ajoutent  des jugements concernant  la pédagogie pratiquée en famille.  Les “bilans” devraient  enlever  aux inspecteurs (contrôleurs) la possibilité  de juger la méthode d’enseignement choisie par les parents. Par contre il faudrait que les enfants témoignent de l’acquisition des connaissances fondamentales, et si le bilan s’avérerait négatif (ce qui reste possible), les parents pourraient faire valoir par des documents que l’enfant avait reçu les notions. Il faudrait aussi que des enfants qui sont un peu défaillants dans les apprentissages trouvent leur place dans l’enseignement en famille, parce que c’est en famille, qu’ils peuvent  progresser grâce à un enseignement adapté et personnalisé, pratiqué dans un climat de confiance, sans compétition.  Il est évident que les parents doivent avoir un certain niveau d’études pour gérer ces situations . Ceci pourrait donner lieu à des mesures adaptées à la difficulté de ces enfants , de telle sorte que les familles soient aidées, encouragées et non accusées et sanctionnées! Les familles doivent prioritairement pouvoir apporter une aide à leurs enfants lorsqu’ils sont en difficulté,  lorsqu’ils veulent exercer pleinement  leur responsabilité,  sans tomber dans des approches psychologisantes qui souvent les accusent. Un enseignement personnalisé en famille, avec une progression adaptée, doivent être  reconnu par l’EN dans le cadre de la  mission de l’IEF.  J’exprime ici le point de vue  d’un enseignant spécialisé, ayant travaillé en CMPP  dans l’aide aux enfants en échec scolaire : je ne crois pas aux solutions “rased”, ni aux traitements en CMPP pour aider des enfants qui perdent pied à l’école : je crois à l’aide personnalisée et je ne crois qu’à cette possibilité.  Je suis frappé de constater que l’IEF est définie comme un mode d’instruction qui ne prévoit aucun échec, alors que l’école  en fabrique  en toute impunité. Je suis frappé de constater que  les parents en IEF ne peuvent pas avoir d’enfants en difficulté, parce que la loi ne prévoit absolument pas ce cas de figure.

Exiger que l’enfant montre des connaissances minimales (sauf dans le cas où il présente des difficultés d’apprentissage), permettrait de mettre un terme à des bricolages qui se réclament de   l’enseignement informel, ou de l’unscooling quand ce sont des parents démunis ou irresponsables qui se lancent dans ce genre d’aventure. Et dans le cas où des parents prendraient le risque de telles méthodes, ils n’auraient pas à s’en justifier par des “discours” ou par des actions en justice ou devant les médias,  mais par des résultats objectifs qui n’exigeraient pas l’excellence, mais qui exigeraient l’acquisition des fondamentaux nécessaires :  ils pourraient alors faire la preuve, comme le prétend Alan Thomas, qu’on peut apprendre “plus” en famille par l’enseignement informel qu’à l’école par des méthodes scolaire . Ils n’auraient à subir aucun préjugé et dès lors que leur méthode d’apprentissage sans enseignement produirait des résultats analogues,  personne n’y verrait  de préjudice pour l’enfant. En cas d’échec, ils auraient une année pour la remise à niveau. Si l’enseignement informel prétend faire aussi bien, sinon mieux que l’enseignement “magistral”,  qu’il le prouve.

Au niveau du primaire, les parents devraient présenter en début d’année leurs objectifs en rapport avec les programmes scolaires (en français et mathématiques) ou selon un programme à la carte,  en rapport avec le programme minimal,   notamment lorsque le rythme de l’enfant s’écarte trop du niveau scolaire. Dans cette progression,  trois étapes  seraient contrôlées dans le primaire : 7ans (pour l’acquisition de la lecture),  9 ans (pour l’acquisition des bases en mathématiques)  et 11 ans pour un examen plus global (français et maths).  Lorsque l’enfant serait en âge de fréquenter le collège, la progression intégrerait d’autres disciplines essentielles (si la famille  déclare l’intention de rester en conformité avec les programmes) : pour le retour en établissement public, ces examens seraient pris en compte .

Le contrôle à domicile pourrait être maintenu à la demande de la famille (si elle souhaitait personnaliser le bilan  et fournir des  explications) ou  à la demande  de l’administration ( si elle avait quelque raison sérieuse de douter de la qualité  de l’instruction donnée en famille) . Le doute proviendrait  des renseignements  fournis par la mairie  et par les services sociaux, en charge d’une enquête prévue par la loi) . Si l’administration scolaire elle-même, au vu des examens, doutait de la qualité de la pédagogie des parents,  elle devrait expressément mentionner  dans le rapport l’exigence d’un entretien  et d’un contrôle à domicile pour comprendre l’origine des difficultés  .

 Ces examens pourraient  être faits dans un cadre convivial (pas une école)  et en groupe d’enfants,  de façon à  éviter l’isolement source d’inquiétude ;  les examens porteraient prioritairement sur des connaissances et non sur des aptitudes au raisonnement.  L’enfant devrait réussir chaque niveau  pour pouvoir poursuivre en IEF. Savoir écrire témoigne d’une connaissance, tandis que faire une rédaction exige des aptitudes à  développer ses idées.  Certains parents dont les enfants sont en décalage avec le niveau scolaire  pourraient bénéficier d’un contrôle personnel pour mieux comprendre la nature du retard.  Les examens seraient pratiqués par des enseignants et non des inspecteurs.  Fixer des objectifs aux enfants et aux parents devrait permettre un meilleur encadrement de l’IEF et devrait permettre de sortir de la logique du contrôle-sanction pour la remplacer par celle d’une “progression contrôlée”.  cette approche pourrait permettre de rétablir la confiance entre l’Etat et les familles.

C’est pourquoi, la loi devrait prévoir de redéfinir l’instruction en famille  et mettre un terme au climat polémique qui règne actuellement

psreuben

voir en haut de l’article « About » pour faire un commentaire  : je prie les personnes qui souhaitent faire un commentaire,  de le faire dans  le respect des règles et usages de l’expression écrite (phrases complètes, majuscules, ponctuation, pas de LOL), en donnant des arguments pour étayer leur point de vue . Merci de votre compréhension.

  

Instruction en famille : la législation et son évolution


“Le terrorisme pratiqué par de nombreux inspecteurs ces dernières années est, comme bien souvent la surcompensation d’un doute profond chez les fanatiques.” (Luc RICHER , extrait d’un article de “Sauvez les lettres”)

C’est peut-être aussi dû au fait que l’IEF manque un peu de crédibilité…

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 Article L131.2 du Code de l’éducation, Titre III : l’obligation scolaire, etc…

“L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles  publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. ».

Cet article du Code de l’éducation dont l’origine est ancienne (loi du 28 mars 1882, modifiée par la loi du 9 août 1936), est primordial pour l’IEF car il affirme notre droit d’assurer l’instruction de nos enfants  (droit qui relève de la liberté de l’enseignement). Il reconnaît la liberté qu’ont les parents de pouvoir choisir  le mode d’instruction qui leur convient pour répondre à l’obligation qu’ils ont de fournir à l’enfant  “l’instruction” (depuis 1998,  le contenu de celle-ci  est défini par les textes de loi). La loi leur accorde à la fois un droit et une obligation.

La loi n°98-1165 du 18 décembre 1998, tendant à renforcer le contrôle de l’obligation scolaire”

En 1998, la loi n°98-1165 est sortie, dans le cadre des mesures de protection de l’enfance contre “l’influence sectaire”. En réalité cette loi ciblait prioritairement  l’instruction en famille pour en dénoncer les défaillances et pour restreindre ce droit.  La loi renforçait le principe de l’obligation scolaire  de deux façons :

La premièrepar le biais d’un  principe novateur, si j’ose dire,  la “priorité  de l’enseignement en établissement”, priorité qui n’a rien de constitutionnelle.  L’IEF n’était pas restreinte en droit, mais l’école devenait prioritaire.  Cette nuance juridique assez étonnante  doit être examinée .  

 “Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements  d’enseignement” (art. 1 de la loi 98-1165).  

La seconde : l’obligation scolaire s’appliquait désormais  à l’IEF par l’exigence faite aux parents d’assurer l’instruction de l’enfant. Celle-ci était  garantie par deux mesures : d’une part la loi renforçait  l’obligation de déclaration de non-scolarisation et d’autre part, elle imposait un contrôle annuel de l’instruction fournie au domicile.   

Quels sont les enjeux qui ont conduit le Législateur (et la Miviludes) à faire voter une loi visant à soumettre les parents l’IEF à un système de contrôle? Avant 1998, l’instruction en famille échappait à tout…   situation qui ne pouvait que susciter des abus.

De longue date,  le bloc républicain de gauche  et le PC  voulaient faire disparaître l’enseignement familial dans lequel des convictions traditionalistes, libertaires, confessionnelles se ”logeaient” .  Des personnalités très  connues et qu’on ne suspectera pas d’inculture, sont passées par l’enseignement en famille; citons  Jean Dormesson (la liste serait longue).  L’école d’Etat n’admet pas la concurrence, surtout quand elle ouvre la porte aux hérésies pédagogiques, à l’amateurisme. Elle n’admet pas non plus l’excellence:  elle n’admet que l’égalité et la médiocrité  partagée  – je parle de l’école actuelle  dont les grandes orientations ont été  prise en 1989, avec la loi Jospin .  Le corps enseignant très corporatiste, a toujours été hostile à l’intervention des familles dans le domaine de l’enseignement, surtout dans l’enseignement  primaire où les parents peuvent facilement revendiquer de pouvoir assurer eux-mêmes l’instruction. 

En 1998, dans la loi  de renforcement de “l’obligation scolaire”  en préparation,  il fallait introduire des objectifs  hors de portée des parents pour les évincer du champ pédagogique et du projet “politique” que sous-tendait cette loi  (je fais référence au projet d’éducation à la citoyenneté  tel que Ph. Meirieu le définit) . L’article 1er de la loi 98-1165  reprenait la ligne éducative de la loi Jospin (loi d’orientation de 1989)  à laquelle elle emprunte cette phrase:  

“Le droit à l’éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa citoyenneté”.

La loi d’orientation ne semblait pas suffire  pour définir la mission de l’école.  La loi 98-1165 allait la compléter, la repréciser  en y ajoutant des impératifs en matière d’instruction.

“Le droit de l’enfant à l’instruction a pour objet de lui garantir, d’une part, l’acquisition des instruments fondamentaux  du savoir,  des connaissances de base, des éléments de la culture générale,  et selon les choix, de la formation professionnelle et technique, et d’autre part  l’éducation”(l’article 1er de la loi d’orientation venait ensuite ) 

La loi 98-1165 paraîssait alors vouloir inscrire dans le granit le but assigné à l’école et sous le même granit,  enterrer l’IEF.  Il convient de noter que la loi maintenait l’importance accordée à l’éducation citoyenne. Cependant on peut repérer certains indices d’une nouvelle étape franchie par la loi dans son ambition éducative et son désir d’agir sur la personnalité de l’enfant.  L’apparition de l’expression “épanouissement de la personnalité de l’enfant”  devait nous alerter.   Prudent le Législateur n’a pas inscrit le terme épanouissement dans la loi 98-1165.  Mais Ségolène Royal, quant à elle,  n’avait pas eu cette retenue  car dans sa circulaire où elle commentait l’article 1er de la loi 98-1165,  elle ajoutait des exigences supplémentaires qui  peuvent surprendre par leur orientation psychologisante  (la psychanalyse est entrée dans l’école comme le loup dans la bergerie) .  Ce psychologisme devait nous inquiéter, car il introduisait des exigences très normatives dans la relation affective entre parents et enfants, donnant à  “l’autonomie” un caractère d’obligation .   Où était-elle allé chercher de telles exigences? Dans la Convention internationale des droits de l’enfant (art.28 et 29), revue et corrigée par la Ministre déléguée. 

 “Cette définition est fondamentale  … elle introduit également dans l’instruction obligatoire l’exigence d’une éducation  propre à garantir l’épanouissement de la personnalité de l’enfant, les conditions de son autonomie, son ouverture sur le monde qui l’entoure et dans lequel il doit trouver sa place de citoyen libre.”

Le terme “épanouissement” apparaît dans les débats et propositions qui annoncent la loi, mais jamais avec la force qu’il présente dans les textes de Ségolène Royal .  Le terme “autonomie”  fait partie de la  doctrine  selon laquelle l’ouverture et l’autonomie  sont les “deux mamelles” de l’épanouissement de l’enfant à l’école. 

Dans les années 198o, le parti socialiste  avait ouvert  la porte  à la chapelle pédagogiste  dont le projet politique était de transformer la société à partir de l’école (devenue laboratoire de la démocratie).  Comment intégrer dans le creuset républicain des populations immigrées de plus en plus abondantes et réticentes à l’instruction telle que l’école traditionnelle la pratiquait.  Le temps de l’école des hussards de la République était révolu: les IUFM bastions du pédagogisme, ayant été créés, ils  préparaient des générations de socio-pédagogues, de missionnaires (ainsi que les qualifie Claude Milner) qui allaient prêcher l’éducation citoyenne dans les écoles. La réforme pédagogique visait  l’égalité des chances devant l’instruction au rabais, mais elle poursuivait également l’objectif  d’agir sur l’enfant, sur sa personnalité pour l’épanouissement  du futur  citoyen.  L’enfant était donc convoité par l’appareil éducatif.  On  plaçait l’enfant au centre de l’école, on parlait  de communauté éducative,   d’autonomie  et d’ouverture  sur le monde.  Cette idéalisation de l’école, véritable propagande  sans rapport avec les réalités, allait avoir des conséquences  sur l’IEF, qui tenait un peu le rôle du mouton noir de la République.  Toutes ces vertus que l’école s’attribuait, dénonçaient les carences de la famille, car  en famille,  point d’ouverture, point  d’autonomie, point d’épanouissement pour l’enfant.  Structure d’ancien régime, la famille  incarnait l’obscurantisme aux yeux des républicains de gauche.  Ce discours sur l’épanouissement de l’enfant allait plus tard se retourner contre l’EN elle-même, car les parents allaient faire le recensement de toutes les  agressions que l’enfant  subit à l’école.

La loi 98-1165 est arrivée dans ce contexte d’exaltation doctrinaire et pseudo libertaire où tous les archétypes de l’ancienne Ecole devaient tomber: l’autorité magistrale, la transmission des connaissances, l’élitisme, la pédagogie  à visée intellectuelle :  tout cela s’inscrivait dans une conception réactionnaire de l’enseignement !  Tout devait passer dans le broyeur du pédagogisme  – et l’instruction en famille  avec !  L’heure de la grande épuration était venue.

Avant la promulgation de la loi 98-1165, quelques affaires retentissantes avaient montré du doigt  le rôle des sectes et leur nuisance (le Temple solaire, etc). Elles  tombaient à point pour faire passer l’IEF dans le broyeur.  Donner à l’IEF un caractère sectaire, c’était la jeter en pâture à l’opinion publique.  Elle était suspecte non seulement en raison de ses connivences présumées avec des mouvements sectaires, religieux ou alternatifs, mais aussi par principe, car elle  soustrayait l’enfant à l’ambition pédagogiste de construire la BABEL SCOLAIRE.  Les rapports de l’époque  indiquaient que sur 2500 familles en IEF, 1000 présentaient un caractère “sectaire”.  Cette accusation vraie ou fausse, restait très imprécise: combien de parents sectateurs avaient été mis en accusation pour défaut d’instruction ? Ce sont ces chiffres là qui nous intéressent ! 

De longue date, la loi prévoyait des contrôles de l’IEF et des sanctions contre les parents qui ne déclaraient pas l’IEF, mais celles-ci  n’étaient pas appliquées.   Il fallait différencier les familles qui instruisaient à domicile (déclarée)  et des familles dont les enfants désertaient l’école et toute forme d’instruction: les rapports entretenaient une totale confusion entre ces différentes catégories de parents.   Il est apparu nécessaire que le législateur renforce le dispositif, mais il fallait aussi responsabiliser les services publics.  Selon les rapports présentés au Sénat, de nombreuses familles “ne se déclaraient pas”, argument qui a  été utilisé de façon totalement abusive contre l’IEFPour moi, une famille qui ne se déclarait pas en IEF  ne faisait pas partie de l’IEF: c’était tout simplement une famille hors la loi.  L’amalgame entre l’IEF (déclaré) , les parents qui déscolarisaient (non déclarés)  et les sectes,   a été la stratégie des moralisateurs patentés des Unadfi et de la Mivilules .  C’est ainsi que les chiffres ont été gonflés: la Miviludes estimait à plus de 6000 familles tout ce qui entrait dans la catégorie des parents qui échappaient à l’école, toutes catégories confondues :  parents en IEF, déserteurs et parents sectateurs. Ce qui veut dire que les 3500 familles environ qui échappaient à l’école et à l’instruction,  ont été amalgamées à l’IEF alors qu’elles devaient apparaître comme  des familles “insoumises”  à l’obligation d’instruction.  Le présupposé de cet amalgame, c’était de considérer l’IEF comme un groupe  de parents déserteurs et sectateurs. L’IEF a également été accusée par Ségolène Royal de servir de “couverture” aux parents affiliés à des sectes, accusation absurde  et renversante, car c’est l’Etat qui,  par sa négligence, permettait à ces familles d’usurper le statut de parents en  l’IEF et c’est l’IEF qui était victime de cette usurpation.   Il en était de même pour les 3500 familles qui échappaient  à  toute forme  d’instruction.  En quoi les familles qui instruisaient leurs enfants  avec sérieux, avec une ambition de réussite, étaient-elles responsables de  marginaux sectateurs ou  non, qui profitaient du laxisme des pouvoirs publics ? L’IEF  n’avait jamais existé en tant que groupe parental organisé  et les parents déclarés qui assuraient l’instruction de leurs enfants ne pouvait pas être tenus pour responsable de 1500 parents sectaires et de 3500 parents déserteurs de l’école qui ayant trouvé la porte de l’IEF béante, y étaient entré sans contrôle. Ce n’était pas aux familles qu’il incombait de faire le “ménage”, mais à l’Etat. Les abus dénoncés par la Miviludes accusaient les dysfonctionnements des services publics et non l’IEF. Il faut “rendre à Cesar ce qui est à Cesar”.  Si demain les écoles étaient occupées par des SDF accuserait-on les parents d’élèves?  

La définition de l’IEF a été corrompue dans ces enquêtes: l’IEF n’est pas  une fuite de l’école, ce n’est pas une forme de délinquance,  ce n’est pas l’école buissonnière, ce n’est pas un acte d’insoumission à l’obligation d’instruction, ce n’est pas la poubelle de toutes les marginalités que la République produit , c’est un choix et c’est un droit qu’exercent des familles qui s’engagent (et pas seulement par une déclaration bidon)  à assurer l’instruction de leurs enfants.  Cet engagement imposait et impose des contrôles, mais à quelle fin ? Que la loi de 1998 ait recadré l’instruction en famille était une bonne chose, mais qu’elle ait mis en place un système d’inquisition pour décourager les parents d’assurer cette mission en est une autre.

La Miviludes est un organisme gouvernemental, mais c’est aussi la partie émergeante d’un lobby associatif anti-secte dont le manque de rigueur dans la caractérisation du fait sectaire (selon quelle définition? ) a été dénoncé:  la notion de “protection du citoyen” peut asssez facilement glisser vers une visée politique normative. Or les sectes constituent un échappatoire à l’emprise normative de la société et de la bien pensance.  La Miviludes a  donc un rôle  très ambigu: elle agit contre la déscolarisation, contre l’IEF,  contre des formes marginales de convictions religieuses et de dissidence,  en même temps qu’elle  prétend faire l’inventaire des sectes et de leur nuisance.  Le  mélange est suspect. Le principe même des organismes qui en dehors des “tutelles” protègent les citoyens contre eux-mêmes est quelque peu dangereux.  ”L’entreprise” est sectaire par essence:  elle  peut soumettre un salarié  à des exigences abusives, à des pressions (les suicides récents à EDF en témoignent)  : son dogme et  son emprise sur l’individu ne seront cependant jamais mise en cause par la Miviludes.  Autre question, à quel moment une religion est-elle un  fait religieux et à quel moment  prend-elle ‘une forme sectaire?

En 1998,  le lobby anti-IEF exploita l’affaire Tabitha’s place de telle sorte que l’instruction  en famille fut discréditée. L’affaire fut présentée comme une preuve accablante de l’utilisation de l’IEF par les sectes. La stratégie des opposants de l’IEF visait à  rendre incompatible “le droit à l’instruction en famille”  avec le “droit de l’enfant à l’instruction”, le droit à l’épanouissement de sa personnalité, à l’ouverture sur le monde;  autant de slogans creux avec lesquels l’administration scolaire et la Miviludes trompèrent  le législateur – un législateur qui ne demandait qu’à placer l’école sur un piédestal . L’école émancipatrice et l’éducation citoyenne  allaient pouvoir régner en maître sur les esprits juvéniles !   

Le mensonge était gros,  car la scolarisation n’offrait pas la garantie du “droit à l’instruction”,  si on prend en compte les 200.000 enfants et plus,  qui sortaient illettrés de l’école  primaire. Pour ce qui concerne ceux qui disposaient d’une lecture “fonctionnelle” (le smig de la lecture), il convient de lire  l’ouvrage “Le pacte immoral” (de Sophie Coignard) .  De l’école primaire jusqu’au collège, les établissements recrutant des populations très hétérogènes, ne garantissait plus  une instruction de qualité , ils ne garantissent que  l’encasernement  et une certaine forme  de crétinisation de la jeunesse.  Quant à l’épanouissement de l’enfant dans l’école,  on sourit aux déclarations  ditirambiques de Ségolène Royal, quand en 2011, l’EN fait procéder à des enquêtes sur la violence à l’école, sur l’ampleur du harcèlement scolaire  qui conduit des enfants au repli sur soi, au doute, au manque de confiance en eux-mêmes et au suicide.   

L’article 1er de la loi 98-1165  (devenu l’article L131.1.1 du Code de l’Education) empruntait à la loi Jospin les objectifs éducatifs. Il a été complété par l’amendement  n°7  qui accordait à l’école un caractère “prioritaire“.  Cet ajout  présenté par le gouvernement et par Ségolène Royal, témoignait d’une volonté affirmée du gouvernement socialiste  d’inscrire dans la loi  la position dominante de l’école, reléguant au second plan et même à l’arrière plan, pour ne pas dire dans l’ombre et dans l’obscurantisme, la scolarisation hors établissement, c’est à dire l’IEF.  Quelle était la portée de cet ajout ?  En principe l’affirmation de la priorité de l’enseignement en établissement  était et reste purement  symbolique,   mais elle répond à la volonté permanente des socialistes de faire de l’école un appareil éducatif  incontournable  qui unifie  les enfants et qui  unifie l’éducation.  Or l’IEF n’entend pas se laisser emprisonner dans un modèle éducatif standard,  qu’il soit étatique ou libéral.

Un très court débat a entériné cet ajout,  en arguant que le droit à l’instruction tel qu’il était défini  dans la nouvelle loi,  justifiait cette priorité. M. Leroy s’est couché devant la Ministre.  Certes, “priorité” n’est pas “primauté” , ni “obligation”, mais l’EN ne se cache pas de vouloir interpréter la loi 98-1165 comme une forte recommandation pour les parents de scolariser l’enfant. Pour certains inspecteurs, ”priorité” signifie  simplement “obligation” ou pour dire les choses autrement, le non respect de la priorité signifie “indignité parentale”, ou signifie que les parents tombent dans la non-citoyenneté . 

La priorité n’était que le  rappel  d’une prééminence concernant le statut de la scolarisation: elle est au 1er rang. La scolarisation est reconnue par la nation comme ayant  un statut plus crédible, plus fiable, plus élevé que l’instruction en famille.  En réalité ce supplément prend le caractère d’une stigmatisation des parents qui échappent à l’école, car c’est un appel à la vindicte publique . Ne pas scolariser l’enfant, c’est renier l’école de la République,  c’est le sortir du cadre républicain, c’est lui interdire l’accès à la citoyenneté, c’est donc un acte antisocial.  Tel est le sens implicite de cet ajout qui place l’IEF dans la ligne de mire des inspecteurs.    Sans tomber dans la paranoïa, nombreux sont les parents qui depuis 1998, ont ressenti le mépris des contrôleurs, car pour certains d’entre eux ,  “priorité” signifie  mépris de l’IEF,  elle signifie “illégalité de l’IEF” !  

Cependant, consciente que la loi n’est pas stricto sensu une obligation,  l’administration se contente d’exercer des pressions sur les parents, par le biais de contrôles qui prennent des formes abusives.  C’est une façon  de mettre ceux-ci dans une situation d’insécurité pour les déstabiliser: c’est une politique de dissuasion.  L’EN sait que les parents sont isolés et vulnérables. 

La loi 98-1165 développe une définition très large de l’instruction, mais sa visée est  éducative avant tout car elle n’exprime aucune ambition intellectuelle . Elle correspond à un modèle de scolarité qui produit un nivellement par le bas:   les  enseignants eux-mêmes (notamment  le collectif  “Sauvez les lettres”) dénoncent   la dégradation des contenus de l’enseignement,  leur appauvrissement  culturel. La loi 98-1165  plaçant l’éducation et l’instruction sur le même plan, répond à un projet “éducatif républicain”  dont l’école est le maître d’oeuvre,  projet en relation avec des préoccupations sociales (sécuritaires et préventives):  l’école est missionnée pour donner aux jeunes une  “éducation citoyenne” qui  les détourne de la délinquance et de la violence, deux faits de société que les politiques gouvernementales  placent en priorité.  Cette éducation   doit produire des citoyens dociles, qui votent et adhèrent aux valeurs de la “démocratie” (néo-libérale).  L’école de la République a surtout à coeur d’éduquer les sauvageons,  elle a beaucoup moins le souci d’élever le niveau de la population: ce projet a trouvé dans le pédagogisme ses bases théoriques.  D’aucuns disent que l’école  “fabrique du crétin”. A  coup sûr elle est loin d’avoir fabriqué de l’égalité, bien au contraire la fracture culturelle se creuse . 

 L’ambition  de la loi  fixant les objectifs de l’instruction avait deux cibles :

  •  réaffirmer le projet  éducatif de la jeunesse  par le biais de l’école, réaffirmer le rôle  épanouissant de l’école,  réaffirmer  la grandeur de l’école de la République et  l’étendue de sa compétence “éducative, formatrice,  émancipatrice : c’était de la propagande .
  • dans le même temps, imposer aux parents en IEF des obligations qui les dépassaient:  ces obligations apparaissaient de plus en plus extravagantes et doctrinaires,  de telle sorte que les parents ne pouvaient plus les assurer.  Comment pouvaient-ils confronter leurs enfants avec leurs “pairs”  (les jeunes qui étaient scolarisés), leur apprendre à vivre ensemble, leur apprendre à  coopérer, à débattre, à se reconnaître  (ceci en rapport avec les problèmes communautaires).    A terme ces exigences devaient aboutir à mettre l’IEF dans une impasse.

“L’éducation citoyenne” est particulièrement pénalisante pour les parents  en IEF :  elle ne peut pas être enseignée de façon théorique en famille : c’est une éducation quotidienne qui  impose que l’enfant soit intégré dans un  “groupe classe” (laboratoire  éducatif)  et confronté “à  l’autre”, à “ses pairs”. L’éducation citoyenne exige qu’il vive des situations qui sont ensuite reprises par les enseignants et discutées en groupe (c’est l’idéologie des pédagogistes) . Effectivement, l’école dispose d’une grande richesse de matériaux : violences verbales, physiques, rackets, racisme, problème de foulards, drogue,  meurtres, etc.  De quoi offrir  à l’enfant de multiples situations de réflexion qui concernent le ”rapport à l’autre” !  A l’inverse Les parents qui optent pour l’IEF privent l’enfant de telles expériences qui contribuent à la maturité sociale:  l’éducation citoyenne perd de sa substance…  L’école  apparaissait donc prioritairement (exclusivement) qualifiée (thèse des  anti-IEF)  pour éduquer l’enfant à  la citoyenneté et le préparer à la future   BABEL, tandis que  les familles étaient jugées comme un lieu d’enfermement.  A partir des années 80, un des slogans de la novlangue  diffusée la gauche républicaine, c’était “l’école émancipatrice”!  Dans cette période,  l’école,  appareil d’inculcation des doctrines de l’Etat,  entrait en lutte avec l’IEF  par le moyen des contrôles  et de la circulaire. L’exigence de l’Etat en matière d’instruction ne pénalisait pas l’école qui,  quoi qu’elle fît, n’était  ni critiquable, ni critiquée, (mais les temps changent). Par contre la loi  sur l’obligation scolaire et les contrôles allaient peser sur les parents. y compris sur ceux qui assuraient un enseignement structuré.  Les contrôleurs armés de tests scolaires pouvaient venir juger les bricolages pédagogiques  des parents, en leur imposant le rythme scolaire alors que la loi permettait aux parents d’adapter à l’enfant le rythme de l’enseignement . 

Alors que l’école  primaire et le collège produisaient du vide ( du vent), du bla-bla, des débats,  alors que le smig culturel était au plus bas,  les parents en IEF devaient faire la preuve qu’ils appliquaient à la lettre les programmes nationaux dont les prétentions intellectualistes  leur apparaissaient inapplicables et inadaptées.  Sortir l’enfant de l’école pour le libérer d’une pédagogie normative, c’était le replacer sous la pression des mêmes programmes et des mêmes inspecteurs dans la cadre de l’IEF.  Ce qui est renversant ! Ces familles étaient alors oppressées.  Tandis qu’à l’école, l’élève pouvait  s’épanouir dans l’inculture et  attendre la fin du collège en toute indifférence  pour peu que ses parents se fussent déconnectés de l’école (l’autonomie c’est ça!). Le programme scolaire interprété par les experts pédagogistes tombait au niveau de débats entre incultes au sein du groupe classe, au niveau de  la promotion de la culture  “commune” (celle de la rue), et des expérimentations stériles et rudimentaires avaient lieu en groupes pour justifier cette théorie débile que l’apprenant (l’èlève) construisait son savoir en collaborant avec  ses pairs (les montages stéréotypés avec les ampoules, la pile électrique, etc se sont répétés dans toutes les classes et les projets les plus crétins remplaçaient  les connaissances) . 

Ceux des parents en IEF qui croient naïvement  que la famille peut prétendre “émanciper l’enfant”, se bercent de douces illusions : qu’ils lisent le discours de Ségolène Royal devant l’Assemblée nationale (en date du 10 décembre 1998)  et leurs illusions tomberont.  

Revenons sur la contradiction entre les deux  textes de loi.

En droit, une loi ne peut pas être en contradiction avec une autre loi qui lui préexiste.   On peut considérer que “la priorité” inscrite dans l’article 1er de la loi ne remet pas en cause le libre choix des parents. En théorie du moins, car dans les faits il en va autrement :   le droit des parents d’instruire en famille  est un droit sous haute surveillance.  La loi ne serait-elle pas un alibi  pour exercer une politique de pression, voire d’oppression  ? 

Citons un extrait de  ”L’école autrement” : “Dans son rapport annuel, rendu public mardi 19 mai 2009, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires  (Miviludes)  présidée par l’ancien magistrat Georges Fenech s’inquiète une nouvelle fois  (…. ) p145-146 : “Une meilleure connaissance de la réalité de l’instruction à domicile : la solution retenue pour ces enfants par leurs familles correspond en elle-même à l’exercice d’une liberté et ne doit pas être suspectée par principe. S’il convient donc d’écarter tout amalgame entre instruction à domicile et risques de dérives sectaires, il faut cependant être conscient que cette forme d’instruction peut s’avérer être un terreau propice à la manifestation de ces risques. C’est la raison pour laquelle il m’est apparu nécessaire de mieux connaître la réalité de l’instruction à domicile.  La direction générale de l’enseignement scolaire a adressé à cette fin le 23 janvier dernier aux recteurs d’académie une demande d’enquête. ” (lire la suite dans le blog anti-IEF) . http://membres.multimania.fr/possible/art21a.htm:

L’exercice d’une liberté n’est pas l’exercice d’un droit. Les pressions  exercées par l’EN lors des contrôles de l’IEF  démentent  la reconnaissance de cette liberté autant que ce droit. Elles  prennent des formes diverses, mais la principale consiste à imposer aux familles des évaluations  pour les soumettre aux normes scolaires. Venir dans les familles pour “évaluer” l’enfant, c’est pratiquer un colonialisme scolaire. C’est faire avaler à l’enfant bon gré mal gré la soupe pédagogiste !  L‘école dans sa version repensée par Meirieu a remplacé les connaissances par des compétences et par la culture de l”évaluation importées de l’entreprise: pour les contrôleurs, la spécificité de l’IEF n’existe pas et l’enfant en IEF doit comme les autres être “évalué”.  C’est un “produit évaluable”.  

Autres raisons d’exercer des pressions : c’est une façon d’imposer à la famille de suivre le niveau scolaire (alors que le décret 99-224 prévoit que le niveau scolaire ne peut être exigé qu’en fin de scolarité)Il faut également reconnaître que  les contrôles peuvent être très difficiles  à mener  avec des familles qui déclarent pratiquer le “unscolling”:  navigant hors des programmes, sans avoir de  progression précise, refusant le principe de l’enseignement et de l’instruction (qui  implique l’acte d’enseigner), dans ce cas, contrôler l’instruction fournie est une véritable gageure pour l’EN: accordons leur cette  excuse. On peut alors comprendre la tentation qu’ont les contrôleurs de recueillir des éléments objectifs (selon eux) pour ne pas être accusés de partialité dans leur vérification de l”enseignement fourni par les parents (ou de son absence) . Comment contrôler des familles qui ne pas sont tenues de suivre le niveau scolaire, mais qui doivent quand même suivre un programme fixé par décret (99-224)  et qui prétendent que les apprentissages ne laissent pas de trace?  Les contrôles sont donc une source de contentieux permanents et la majorité des familles y est exposée.

 Que dit la loi 98-1165 sur le contrôle de l’instruction ?

On peut constater que la loi 98-1165 ne définit ni le mode de contrôle , ni les conditions de son déroulement ou de son effectuation;  elle précise simplement que l’instruction “assurée” par les parents doit être “vérifiée”, ce qui paraît tout à fait normal, et même nécessaire.  Or la vérification étant assurée par le Ministère de l’EN,   Ségolène Royal,   alors ministre en place  en 1999 a transformé cette procédure en un système d’inquisition.  Revenons à la loi :   

“L’Inspecteur d’académie  doit (…) faire vérifier que l’enseignement assuré est conforme au droit de l’enfant à l’instruction tel que défini à l’article 1er  de la loi 98-1165…”

  • “Instruction” : le sens courant de ce terme (ensemble des connaissances acquises)  est  effacé par la définition de la loi 98-1165 dans l’article 1er:“Le droit de l’enfant à l’instruction a pour objet de lui garantir, d’une part, l’acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d’autre part, l’éducation lui permettant de développer sa personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle et d’exercer sa citoyenneté. 
  •  “Enseignement : art d’enseigner. La loi fort heureusement n’impose pas la manière d’exercer cet “art” ou ce bricolage (dans le cas du pédagogisme)  
  • “Enseigner : apprendre à quelqu’un, montrer, transmettre des connaissances, des leçons, des préceptes   
  • “Assurer”  : fournir, donner.                                     
  •  Il n’y a aucun doute possible : ce sont les parents qui « enseignent », qui fournissent l’enseignement et en aucun cas l’enfant qui par ses aptitudes, doit justifier de la mission de ses parents. La vérification de l’instruction  assurée  en famille ne peut avoir comme objet que le travail fourni par les parents en rapport les progressions qu’ils suivent et qui doivent être adaptées à l’enfant. Ceci n’est pas « mesurable » dans le cadre d’une évaluation nationale. Contrôler les aptitudes de l’enfant, sa capacité à utiliser les connaissances reçues fait intervenir des paramètres (motivation, attention, aptitudes au raisonnement, mémoire) qui limitent, le travail des parents  et peuvent même le faire échouer ; de même qu’à l’école il existe des enfants qui échouent; il en est même qui, au sortir de l’école primaire, ne savent pas lire.               

Une circulaire ne peut interpréter la loi que si son mode d’application n’est pas prévu, mais elle ne peut pas en modifier le contenu et l’administration n’a pas non plus le pouvoir de le faire.  Par conséquent l’Education nationale et ses agents, fussent-ils inspecteurs, ne peuvent pas imposer aux familles de faire passer aux enfants des tests, des épreuves en tout genre, destinées à évaluer les connaissances de l’enfant, comme moyen de juger du travail fourni par les parents. c’est contraire à la loi et la loi est une source de droit supérieure à une circulaire administrative. Ceci doit  être l’argument à opposer à toute forme de contrôle abusif qui cherche à  faire de l’enfant l’objet de l’évaluation ou de la vérification.   

Néanmoins, compte tenu des rapports tendus qui résultent d’appréciations subjectives et de préjugés de la part des contrôleurs, qui résultent de pressions, il serait souhaitable de revenir à une forme de contrôle qui d’une façon raisonnable, c’est à dire  en admettant

  • que l’enfant n’est pas un sac que l’on remplit,
  • que les ratées de l’EN ne remplissent pas mieux le “sac” que les parents,
  • que les familles instruisent en famille des enfants qui étaient souvent en  difficulté à l’école (lenteur, phobies scolaires, manque de confiance en soi, etc) . Ces difficultés ne peuvent pas disparaître miraculeusement et du jour au lendemain  parce qu’ils ont changé de contexte (certaines difficultés peuvent disparaître, d’autres persistent mais l’enfant se sent à l’aise)

permettraient de rétablir la confiance entre les contrôleurs et les parents.

Les exigences de la loi interprétées par la circulaire  99-070 sont imprégnées des accusations portées contre les sectes. A partir de 1999 les parents étaient présumés coupables et  sectaires.  Les familles étaient examinées  dans l’optique de déceler des indices d’appartenance sectaire : situation qui autorisait l’Etat  et son administration à  agir selon  des préjugés qui donnaient lieu à une forme de contrôles aux  faciès.  Le contrôle devait vérifier si l’enfant était “épanoui, autonome”, ouvert sur le monde et s’il intégrait les valeurs de la citoyenneté républicaine : le contrôle prenait souvent l’aspect d’une enquête sociale, psychologique et à la limite policière. Les accusations d’appartenance sectaire ont en grande partie  disparu, mais les objectifs des enquêteurs restent orientés vers   la notion d’épanouissement  de l’enfant et d’autonomie, ce qui ouvre la porte à des appréciations très subjectives, très arbitraires, et donnent lieu à des intrusion dans la vie privée des familles.  La  loi établit donc une dicrimination  entre les familles en IEF et les familles normales:  notre vie privée est exposée à des violations dans le cadre du contrôle pédagogique.  C’est scandaleux.  L’enquête-contrôle à domicile est cependant souvent préférée par les parents pour lever la suspicion  et pour mettre l’enfant à l’aise.  

psreuben

 voir en haut de l’article “About” pour faire un commentaire  : je prie les personnes qui souhaitent faire un commentaire,  de le faire dans  le respect des règles et usages de l’expression écrite (phrases complètes, majuscules, ponctuation), en donnant des arguments pour étayer leur point de vue  :  les insinuations, les devinettes ou les professions de foi ne font pas avancer le débat . Si tel est le cas, je publierai ces commentaires, sinon je ne pourrai pas le faire; merci de votre compréhension.